CHAPITRE DEUXIEME
lors appelée : de Madame, et, attaquant à l'improviste les assaillants par derrière, elle porta le désordre parmi eux. Les défenseurs du château, croyant à un retour inespéré de leur maître reprirent courage et repoussèrent les Anglais (i).
Pour reconnaître les services rendus par Amanieu à la cause française, Jean duc de Normandie, fils aîné du roi de France Philippe de Valois, et son successeur, en 1350, sous le nom de Jean le Bon, donna au seigneur de Cancon, au mois d'août 1346, la forteresse de Monviel et tous les biens qui en dépendaient. Ce domaine avait été saisi à cause de la rébellion des Durfort auxquels s'était allié Amaulry, père d'Amanieu, en épousant Cécile de Durfort dont il avait partagé l'adhésion aux intérêts de l'Angleterre (2). Monviel revenait ainsi aux Madaillan qui le possédèrent encore pendant deux siècles. Amanieu I eut deux enfants :
1° Am.\nieu de Madaillan, dont l'article suivra.
2' Marguerite de Madaillax, qui épousa Jean de La Barthe-Fumel, de l'illustre maison de ce nom (3). Elle était l'aînée et avait eu en dot, comme autrefois Géralde fille de Ponce-Amanieu II, la seigneurie et le château de Cancon, tandis que son frère cadet devait posséder Monviel.
La dame de Cancon, Marguerite de Madaillan, mourut sans enfants après a\'oir donné par testament tous ses biens à son mari. En vertu de titres particuliers, ces biens eussent dû revenir à la branche de la maison de Madaillan, dont Guilhem-Aramon était alors le chef; néanmoins, Jean de La Barthe en resta le tranquille possesseur et fut même confirmé dans son usurpation par le duc de Berry, commandant alors en Languedoc et en Guienne pour Charles VI, roi de France, usant en sa faveur de pouvoirs discrétionnaires contre le légitime propriétaire, qui était alors un des plus forts tenants du parti d'Angleterre.
1. Massip, ibid., p. 103. — Andrieu, dans son Hist. de l'Ageimis, attribue le fait d'armes de Cancon à Jeanne de Lambertie. C'est une erreur. Jeanne fut la femme d'Amanieu II, seigneur de Monviel.
2. Voir aux Pièces Justificatives l'importante charte du duc de Normandie. ^. Père Anselme, t. vii.
Avant convolé en deuxièmes noces avec Jeanne d'Albret. veuve d Anessant de Caumont, seigneur de Combeloube, Jean de I.a Barthe vendit les lieu, ville, baronnie et chàteaufort de Cancon à sa seconde épouse pour la somme, très forte alors, de six mille francs d'or, sans engagement ni garantie de sa part, ne lui cachant pas d'ailleurs que le seigneur de Madaillan ou ses successeurs pouvaient revendiquer la possession desdits lieux et y avoir droit en effet.
Peu après il arriva que, «f par un cas fortuit et inopiné *, Guilhem- Anianieu de Madaillan attaqua le château avec une troupe nombreuse, en escalada les murailles à la faveur d"une nuit noire, le prit et en confia la garde à un de ses officiers les plus surs, Archambaud d'Abzac(i). A la nouvelle de cet afifront, Jeanne d'Albret se plaignit amèrement à son mari. Celui-ci vieux et cassé s'était retiré en son château de Castelnau-de- Magnoac, dans les Pyrénées. Ne se sentant pas la force, sans doute, de reprendre l'épée avec succès, mais désirant avoir la paix dans son ménage, il donna à sa femme la baronnie de Bramevaque, le château et lieu de \'alcabrère et toutes les terres, droits et devoirs qu'il avait dans la vallée de Vie et de Cieutades ; il lui confirma en outre la vente de la baronnie de (Rançon pour le cas où elle pourrait l.i reprendre. » (2).
\'ll. — A.\i.\NiEU II DE Mad.mllan, lils d'Amanieu I seigneur de Cancon et petit-fils d'Amaulry de Madaillan et de Cécile de Durfort, fut seigneur de Monviel.
Nous devons répéter ici ce que nous avons déjà dit à propos du testament de Guillaume-Aramon : « il donna Monviel ù «. Amanieu de Madaillan, son cousin germain, fils d'Amanieu ": seigneur de Cancon à qui Jean duc de Normandie l'avait *f. donné en 1346. Cette terre était apparemment revenue à «i Guillaume-Aramon testateur, par quelque traité de paix ou « accommodement de famille //.
Le marquis de Lassay en ses Mémoires et Moreri disent qu'Amanieu s'allia à Jeanne de Lambertye. La Chesnaye la fait fille tl'un Jean de Lambertye et d'une Perusse des Cars. Il y a plusieurs familles de Lambertye (ou Lambertiei et nous