‹ Histoire de la maison de Madaillan, 1076-1900Chapitre 97 sur 327 · Mémoires àe Nicolas Goulas, t. i, p. 2S · texte numérisé non relu

Mémoires àe Nicolas Goulas, t. i, p. 2S

2. Tallemant des Réaux, Historiettes, éd. Paulin-Paris, t. 11, pp. 22 à 24.

Cette aventure lit naître une haine profonde entre Isaac et M. de Saint-Simon dont le lîls. héritier des rancunes paternelles se montre par trop dur pour les Madaillan. Il les malmène fort en ses Mémoires et dépassant toute mesure va jusqu'à contester l'éclat de leur nom et l'ancienneté de leur noblesse (\ ).

Isaac de Madaillan compléta l'ornementation intérieure de Montataire un peu négligée par son père qui, étant avant tout homme de guerre, avait de préférence soigné les bâtiments de service et notamment les écuries. Il fit décorer et meubler la salle d'armes et confia à l'architecte Barbet la construction de la grande cheminée renaissance dont les dessins furent gravés par Abraham Bosse (2). Les poires jouent le principal rôle dans la décoration de cette cheminée et si on ne connaissait l'anecdote sur l'incident de Chantilly, on serait tenté de s'écrier en la regardant : trop de poires. Elle est ornée d'une belle peinture de Barthélémy Spranger, peintre flamand qui a représenté une Vénus assise sur un trône d'or, entourée d'Amours. Des femmes lui apportent des fleurs et une jeune esclave à genoux lui présente un plateau chargé de fruits parmi lesquels la blonde déesse semble choisir une poire. Il suffit de considérer un instant cet ensemble où l'architecte, le sculpteur et le peintre ont été assez heureusement mis à contribution pour comprendre l'intention du châtelain qui a voulu consacrer par là le souvenir de sa querelle, ou plutôt celui de son raccommodement avec le roi. La pomme a toujours passé pour un fruit de discorde; elle a perdu l'humanité.

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