‹ Histoire de la maison royale de LusignanChapitre 19 sur 29 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Lettres de plusieurs souverains et hauts personnages, échangées avec la princesse Marie de Lusignan.

S. A. R. Marie de Lusignan suivait avec le plus vif intérêt les merveilleux progrès de cette nation néo-américaine que de vaillants pionniers vinrent implanter sur les côtes d'Afrique en l'année 1821. La république de Libéria a déjà pris un tel essor dans notre civilisation moderne, qu'on en serait étonné, si l'on ne savait les prodiges que peuvent enfanter Tamour de Thumanité souffrante, que nous inspire la religion de Jésus-Christ, et le nom si magique de liberté!

Sa première assemblée législative siégea en i85i et la jeune république a pris rang parmi les nations civilisées.

Voulant donner à ce peuple une marque de l'intérêt qu'elle lui portait, la princesse Marie conféra le grand-cordon de ÏOrdre de Melusine à l'illustre Président de la république de Libéria, sir A.-William Gardner, qui a été plusieurs fois réélu par les Libériens.

Elle lui lit part de sa nomination en ces termes :

Lettre de S. A. II.

la princesse Marie iiu Président de la république de LiWria.

a A Son Excellence M.-A}ith.-}\\ Gaj-dner, Président de la république de Libéria.

» Monsieur le Président,

)) La renommée bien méritée qui environne votre illustre nom comme chef d'État, les services signalés que vous avez rendus à la patrie libérienne et à Thumanité, nous procurent aujourd'hui la satisfaction bien agréable de vous conférer le titre de grand-cordon de notre Ordre royal de Mélusine.

» Nous prions Dieu, Monsieur le Président, qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

» Sigîié : Marie.

» Fait à l'hôtel de Lusignan, le 5 février 1882. »

Voici la lettre de remerciement de S. E. le Président Gardner :

Lettre de remer- RÉPUBLIQUE DE LIBERIA ciementdu Président de la république de Libéria.

Département exécutif.

« A Son Altesse Royale Marie de Lusignan, princesse de Chypre, de Jérusalem et d'Arménie.

» Madame la Princesse,

y> Je prie Votre Altesse Royale de croire combien j'ai été flatté de la gracieuseté avec laquelle vous avez daigné me conférer le grade si honorable de grand-cordon de votre Ordre de Mélusine.

» Je l'accepte comme l'expression immédiate de l'intérêt qu'inspire à Votre Altesse Royale la république de Libéria,

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que j'ai Thonneur de présider, et je prie Votre Altesse Royale de croire à l'assurance de la haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être, Madame, votre très fidèle serviteur.

» Signé : Anth.-W. Gardner.

» Monrovia, le 22 mai 1882. »

Le 25 juillet 1882, la princesse Marie adressait à lp cardinal oonnet S. Em. le cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, la 'f!^,'"'.

' ' ilelusine.

lettre suivante :

« Éminence,

» Si les vertus chrétiennes, les grands services à la religion, la dignité d'une vie austère et éminemment utile devaient trouver leur récompense, le noble exemple que vous n'avez jamais cessé de donner suffirait pour expliquer le choix de cette distinction.

« Nous avons chargé, Eminence, le grand-aumônier de notre Maison de vous offrir le grand-cordon de notre Ordre royal de Mélusine, précieux souvenir des chevaleresques ancêtres de la Maison de Lusignan, qui ont versé leur sang pour la foi chrétienne et qui se sont fait un titre de gloire d'être les intrépides défenseurs de la sainte Église.

» En vous priant d'invoquer sur nous et sur notre Maison les bénédictions du ciel, nous vous exprimons, Eminence, les sentiments de notre sincère et filial attachement.

» Signé : Marie de Lusignan, » Princesse royale de Chypre, de .Térusalem et d'Arménie.

" Fait à l'hôtel de Lusi.£?nan, le 2.5 juillet 1882. »

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C'est le 2 août que le grand-aumônier de Son Altesse remit à Son Eminence les insignes de l'Ordre.

Le cardinal en fut tellement touché que, malgré ses quatre-vingt-sept ans. il voulut immédiatement écrire luimême la lettre de remerciement que voici :

Il.--pon.c .1» ca.d>Lal ^rcHEVÈCHÉ DE BORDEAUX à la jirinoesso.

Ci A Son Altesse Royale Marie de Lusignan, prineesse de Chypre, de Jérusalem et d'Arménie.

)) Madame la Princesse,

» J'ai été sensible au delà de tout ce que je puis dire à la distinction que j'ai reçue par les mains de M. votre grandaumônier. Je ferai part au Saint-Père de tout le bien que vous répandez dans tous les lieux où vous portez vos pas, afin qu'il bénisse votre Maison, comme je vous bénis moimême de tout cœur.

)) Signé : y Ferdinand, cardinal Donnet, » Archevêque de Bordeaux.

Bordeaux, le 2 août 1882. >-

Son Eminence fit aussi hommage à Son Altesse d'un de

ses ouvrages avec une dédicace des plus aimables. L'envoyé

de la princesse reçut les plus grands honneurs.

i.oi-iiro dp M('iusiii»- Lorsque, peu de temps après, mourut cet éminentissime

cardinal, la princesse chargea son grand-aumônier ainsi que

cardinal llonnot.

^L le chanoine Gallot de Bordeaux) de la représenter aux funérailles du prince de TEglise. Voici les deux télégrammes qu'elle fit adresser à ces deux dignitaires de son Ordre :

« Monsieur le eluiiioine Gallot, archevéehé de Bordeaux.

>' La princesse de Lusignaii a été douloureusement frappée par la mort de S. Em. le cardinal. Vous savez combien il lui était attaché, combien il appréciait son noble cœur, et aussi combien la princesse était fière de le compter parmi les hauts dignitaires de son Ordre.

» Elle vous prie de la représenter, avec son grand-aumônier, aux funérailles de Son Eminence.

» Signé : De Vieuxval,

» Secrétaire. «

« Monsieur le comte Auriac.

» La princesse de Lusignan vous prie de la représenter comme son grand-aumônier, aux funérailles du cardinal Donnet. Sa mort la plonge dans la plus vive douleur. Il était une gloire de son Ordre et un chevalier fidèle et dévoué.

» Signé : De Vieuxval,

» Secrétaire. »

M. le grand-aumônier, portant les insignes de grandofficier de l'Ordre royal de Mélusine, suivait le char funèbre, avant à ses côtés les trois vicaires généraux du diocèse, ainsi qu'un des petits-neveux de Tillustre cardinal.

Le 6 août de la même année, M. le grand-aumônier i.o loi crr-iKi^nc

présentait à S. M. don Alphonse, roi d'Espagne, les insignes de grand-croix de l'Ordre de Mélusine, ainsi que la lettre suivante :

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«■ A Sa Majesté T}-ès Catholique don Alphonse XII, roi d'Espagne.

» Sire,

» Le peuple espagnol , dont vous êtes la providence vivante, n'a cessé de marcher dans la voie du progrès depuis que Dieu vous a fait monter sur le trône de vos glorieux ancêtres. C'est une ère nouvelle qui a commencé pour TEspagne. Votre règne sera une des plus belles pages de l'histoire de votre beau pays.

)) Tous ceux qui s'intéressent au sort de la généreuse nation espagnole applaudissent de tout cœur à vos heureux efforts; le succès les couronne et Dieu les bénit.

» Dans ces circonstances. Sire, nous serions flattée que Votre Majesté acceptât les insignes de notre Ordre royal de Mélusine, ce précieux souvenir de nos chevaleresques aïeux.

» Le grand-aumônier de notre Maison a été chargé, en conséquence, de vous présenter les insignes de cet Ordre, dont l'acceptation flatteuse sera pour nous un titre de gloire, en même temps qu'elle prouvera à Votre Majesté combien ses hauts mérites sont justement appréciés.

» Et sur ce, nous prions, Sire, que Dieu vous ait en sa sainte et digne garde.

» Signé : Marie de Lusignan, » Princesse royale de Chypre, de Jérusalem et d'Arménie.

« Fait à l'hôtel de Lusignan, le 1" août 188-2. »

Le roi don Alphonse reçut avec beaucoup d'honneur l'envové de la princesse à Comillas. où Sa Majesté passait la saison des bains. Il fut très touché de cette gracieuse attcn-

— lOQ —

tion; les journaux ofriciels la tirent connaître au public, il retint le comte grand-aumônier deux heures près de lui et le chargea de faire savoir à la princesse qu'il aurait Thonneur de la remercier lui-môme.

En même temps que Sa Majesté, plusieurs personnages espagnols furent nommés dans POrdre de Mélusine (i).

En 1884, le 24 du mois d'août, S. E. le général Crespo lc l'ivsidcnt de la

..... , , 111/-V1 ixT-1- république de Véiié-

remerciait ainsi la grande-maitresse de 1 Ordre de Melusme : ^^^,,^

« Le Président de la république de Venezuela à Sun Altesse Royale Marie, princesse de Chypre, de Jérusalem et d'Arménie, etc.

» Altesse,

» Avec une profonde satisfaction, j'ai reçu le titre suprême de grand-cordon de l'Ordre royal humanitaire de Mélusine, créé au xii*^ siècle par votre reine, la belle Sibylle de Lusignan, ainsi que la lettre flatteuse dont les beaux termes m'enorgueillissent et m'honorent, lesquels vous me fîtes la faveur de m'envoyer le 18 du mois de juin dernier.

» J'apprécie au plus haut point cette distinction honori-

(1) s. M. don Louis, l'oi de Poitugal, el le roi de Saxe avaient déjà reçu la riicme distinction.

tique, qui est moins due à mes mérites qu'à la bienveillance de Votre Altesse Royale, et, selon nos lois fondamentales qui l'ordonnent ainsi, je demanderai au Corps législatif de ma patrie l'autorisation nécessaire pour accepter le titre suprême que vous daignez me conférer.

» Que Votre Altesse Royale veuille accueillir le témoignage de ma gratitude, ainsi que l'assurance de la plus haute considération et le respect, avec lesquels Je suis,

» De Votre Altesse Royale, le dévoué serviteur.

» Signé : J. Crespo (i). »

Lecardiaai-arciicvèquo IS ludicateur général tfEiirope organe des stations d'été

dcNapies. ^^ d'hiver , dans son numéro du i" janvier 1886, consacre à

S. A. R. Marie de Lusignan et à l'Ordre de Mélusine un article des plus remarquables. Nous extrayons de ce journal la lettre que S. Em. le cardinal Sanfelice, archevêque de Naples, écrivait à la princesse pour la remercier de sa nomination dans l'Ordre de Mélusine :

« A Son Altesse Royale Marie de Lusignan. princesse de Chypre, de Jérusalem et d'Arménie.

•n Altesse Royale,

» Je suis très heureux de pouvoir vous témoigner vivement toute ma reconnaissance pour avoir bien voulu, vous qui êtes si noble et si généreuse, inscrire mon nom dans le Livre d'or de votre Ordre royal de Mélusine.

(1) L'illusUc géncial C.respu \iont ilèlic nonimr de nom eau, à ruuauimilé, l'résidi'iil (le la république de Venezuela.

» Le diplôme et les insignes de TOrdrc avec les paroles flatteuses qui raccompagnent, m'ont d'autant plus ému que je ne croyais pas les mériter. Votre Altesse a voulu de celte façon me récompenser pour ce que j'ai fait lors de la dernière épidémie. Mais je dois pourtant lui avouer que si même, en cette triste circonstance, j'avais perdu la vie pour mes chères brebis, je n'aurais fait que mon devoir, car je suis pasteur d'âmes et j'appartiens à ce rang suprême où brille la pourpre qui est la devise de la charité.

» Tout en vous remerciant. Altesse, je prie Dieu de répandre sur vous et sur votre Ordre ses faveurs et ses bénédictions.

» Je suis votre humble et très obéissant serviteur.

>) Signé : y Guillaume,

)) CardinHl-arclicvc(iiic, 1) Naplcs, le IT) mars 1885. »

En 1886, le Président de Cosia-Rica écrivait : Le rrendcnt de la

république île Costa-

llii-a.

« A Son Altesse Royale Madame la princesse Marie de Lusignan, princesse de Chypre, de Jérusalem et d'Arménie.

y> Madame,

1) J'ai eu l'honneur de recevoir une lettre signée par Votre Altesse, datée à Paris du 10 avril dernier, et y adjoint un diplôme, par lequel Votre Altesse me confère, sans que je le mérite, le grade suprême de grand-cordon de l'Ordre

royal humanitaire de Mélusine, ancienne chevalerie de votre Maison.

» Je présente à Votre Altesse mes remerciements les plus expressifs, de la généreuse distinction qu'elle a daigné me conférer et des paroles hautement bienveillantes et gracieuses que Votre Altesse m'adresse, en me faisant part de l'honneur dont je suis l'objet.

» En répondant à Votre Altesse que j'accepte le titre de grand-cordon du noble Ordre royal de Mélusine , il m'est très agréable de lui exprimer mes sentiments de haute estime, avec lesquels je suis,

» De Votre Altesse, le très dévoué serviteur.

» Signé : Bernardo Soto.

» Écrite au palais présidentiel de Saint-Joseph de Costa-Rica, le 7 août 1886. »

Le patriarche de Au Hiois dc janvier 1887, Sa Béatitude le patriarche latin

Jérusalem.

de Jérusalem, Mgr Vincent Bracco, fut nommé grand-croix de l'Ordre royal de Mélusine. L'éminent patriarche adressa la lettre suivante à la princesse royale de Lusignan :

« Altesse,

)) J'ai reçu la lettre et le diplôme dont Votre Altesse Royale a daigné m'honorer. Quoique je ne sache pas avoir rien fait qui me rende digne d'une pareille distinction, j'accepte avec reconnaissance ce témoignage de votre bienveillante générosité et je vous en remercie de tout mon cœur.

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» En priant le Seigneur de vous bénir, j'ose vous offrir, Altesse, Thommage de ma respectueuse considération.

» Signé : *j* Vincent, » Patriarche de Jérusalem. »

Voici maintenant la nomination de la princesse Marie Nomiuaiioiides. a.r.

.la princossc Marie

dans FOrdre pontifical du Saint-Sépulcre et la traduction ^,.,„^ ronire pontidu diplôme qui lui conféra cette dignité : ''<=^' ''" suint-sé-

pulcrc.

LUmporiance de ces documents ne peut échapper à personne.

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