‹ Histoire de la marine française (volume 3)Chapitre 1 sur 106 · DE MA SOEUR YVONNE · texte numérisé non relu

DE MA SOEUR YVONNE

La guerre de Cent Ans avait éveillé notre patriotisme, les guerres d'Italie excité nos ambitions ; et nous allions quitter les sentiers battus du vieux monde pour tenter la fortune au delà des Océans. La politique mondiale nous était si nouvelle qu'une sorte de pudeur retenait sur nos lèvres l'aveu de nos espoirs. D'ordre du roi, le mystère planait sur le but de nos expéditions, dans la crainte d'aller à rencontre des prétentions espagnoles et de greffer sur nos guerres civiles la guerre étrangère. Dépositaire d'un secret qu'il était seul à connaître, le commandant en chef le gardait si jalousement, que parfois il l'emporta dans la tombe, plutôt que de le dévoiler avant d'arriver à destination.

Où se rendait le fils de Monluc, quand il succomba en cours de route dans l'Atlantique ? L'histoire n'en a jamais rien su. Et cette grosse flotte conduite par un cousin de la reine Catherine de Médicis, vers quel pays s'orientaient ses voiles pour y déployer notre pavillon? Ne le demandez point à Strozzi : la mort a scellé ses lèvres sur le vaisseau de l'amiral

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