IV
la Compagnie d'Orienteut quatre directeurs; comme Tautre, elle eut pour siège social Thôtel de Fouquet, rue de la Verrerie, où le conseil se réunissait également chaque semaine. Pierre de Beausse était commis aux écritures, Antoine Desmartins à la caisse, Rigault aux armements, ce qui valait au dernier une allocation de 5 pour 100 sur les bénéfices.
Bientôt on apprit la fondation du Fort-Dauphin. Pronis épousait la fille d'un prince malgache : Fouquembourg organisait la traite dans les pays d'alentour, chez les Ampatres, les Mahafalles, les Manamboules. Madagascar était une colonie française, la France Orientale.
'Madagascar, le Sénégal, la Guyane, les Antilles, l'Acadie et le Canada, tel était en définitive l'empire colonial dont nous étions redevables à Richelieu. Après avoir réalisé l'unité française par la suppression de la république protestante et des grandes féodalités, le cardinal avait ainsi montré quelle admirable puissance d'expansion possède un peuple fort et uni. Il avait trouvé au Canada deux douzaines de colons, misérables épaves de nos multiples essais de colonisation; il en laissait assez dans l'Ancien et dans le Nouveau Monde pour constituer les éléments d'une Plus Grande France.
Mais un problème se posait. Richelieu mort, se trouveraitil un homme capable de recueillir son lourd héritage et de maintenir entre toutes ses créations un lien, pour toutes une idée directrice? Le conseiller de la marine, chez qui les directeurs de nos compagnies coloniales tenaient séance, se vantait d'avoir reçu du cardinal la confidence de ses plus secrètes pensées. Si le dépositaire ne fut guère fidèle, —
p. 293. — Arthur Malotet, Etienne de Flacoiirt ou les origines de la colonisation française a Madagascar (1648-1661). Paris, 1898, in-S", p. 40. — Paul K.EPPEUN, Les escales françaises sur la route de l'Inde (1638- 1731). Paris, 1908, in-8».
c'était le surintendant Foucquet, — notre empire colonial était assez solide pour résister aux tourmentes, étayé, comme il l'était, sur la forte armature d'une marine de guerre. L'armature se trouvait trempée par les rudes batailles navales de la guerre de Trente ans.