‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 29 sur 87 · AU SERVICE DE L'EMPEREUR · texte numérisé non relu

AU SERVICE DE L'EMPEREUR

Que dis-je? Il offrait à l'empereur et à Dona une satisfaction d'un genre plus raffiné que la victoire, en mettant à leurs ordres ses propres marins et le meilleur de sa flotte, douze galères, quatre galions, quatre grandes nefs (3). Charles-Quint, malgré 1 apparat de ses forces navales, n'avait que trop besoin de notre concours contre les Barbaresqvies. Il allait se voir enlever toute une division, les huit galères de Portondo, par Chasse-Diable, lieutenant de Barberousse (4) ; et ses troupes avaient déjà été chassées de la forteresse du Penon de Yelez, d'où elles sur-

(1) Instructions données à Guillaume Du Bellay-Langey. Mars 1529 (BouRRiLLV, p. 66). — Décrue, Anne de Montmorency, p. 104.

(2) Instructions de Wolsey à Gardiner, etc. 6 avril (Bourrilly, p. 69). (S) Aux termes du traité de Cambrai.

(4j Près de l'ile de Formcnlera aux Baléares, le 25 octobre 1529 (il/emor. hist. esp., t. VI, p. 50'().

veillaient les corsaires algériens (1). Tout retard dans la répression des pirates barbaresques eût compromis les communications de l'Espagne avec 1 Italie. Doria fut chargé d'y mettre ordre, au moment où Chasse-Diable et Barberousse, qui à Cherchell, qui à Alger, apprêtaient une e.vpédition contre Cadix.

Il quitta Gênes au mois de mai 1530 avec une flotte franco-impériale de vingt-neuf galères : treize d'entre elles lui avaient été consignées par Saint-Blancard {"2). Sur l'avis que Chasse-Diable s'était replié des Baléares sur l'Afrique, il fondit à l'improviste sur Cherchell, brûla neuf galiotes et délivra sept cents chrétiens enfermés dans les cachots souterrains. Mais les trois compagnies de Giorgio Pallavicini, surprises dans la débandade du pillage par la garnison du fort et par les Arabes de la plaine, laissèrent aux mains de l'ennemi leur chef, quatre-vingts prisonniers et de nombreux tués et blessés (3).

C'était en définitive un échec, et Doria n'entendait point finir là-dessus la campagne. Doublant donc sa flotte à Alicante, il revint provoquer Barberousse à la tête de soixante voiles latines et douze vaisseaux ronds f-4). Mais le corsaire ne répondit point à son défi, et Alger était une position trop formidable pour être enlevée d'assaut. Force fat donc de retourner ù Gènes. C'est là que Saint-Blancard ctYilliers le Jeune vinrent reprendre livraison de nos galères, mais en quel état! Si a fraquassées » qu'il était presque impos-

(i) Défendu par Diego de Vargas, la forteresse fut enlevée par Barberousse le 21 mai 1529 (F. Duro, Armada espanola, t. I, p 158).

(2) Valbelle, fol. 135 v", 136, 140. — P. Jove, trad. Sauvage (1570), t. II, p. 104 : il donne à Chasse-Diable le nom de Halicot et le dit originaire de Caramanic.

(3) Letire de Claude Durre, contenant les détails transmis par un de nos marins, Érasme Galyen, 22 juin (B. N., Franc. 3096, fol. 20) — SiGOSitJS, lib. II, cap. VII.

(4) Lettre de Saint-Blancard. qui tenait ces renseignements d'un galion arrivé d'Afrique. Lyon, 17 août (B. N., Franc. 3007, fol. 77)

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