LIVRE PREMIER
jusqu'à trois heures. Finalement, obtinrent les Bretons victoire, et prirent des Anglais deux- mille combattants, avec quarante nefs à voiles et une grosso carraque. »
Henri V, devenu roi d'Angleterre en 1413, résolut de mettre h profit la situation malheureuse dans laquelle se trouvait la France avec un roi atteint de folie et des princes du sang qui se disputaient le pouvoir, les armes à la main. Il fit dire à Paris qu'il exigeait la remise immédiate de la Normandie et des autres provinces enlevées par Philippe-Auguste à Jean sans Terre. La Cour de France ayant opposé un refus formel aux demandes du roi d'Angleterre, celui-ci, dont les préparatifs militaires étaient terminés, traAcrsa la mer et mit le siège devant Harfleur. Lorsque la ville, après une longue résistance, se trouva dans la nécessité de se rendre, les assiégeants étaient très affaiblis par les fatigues et les maladies. Henri Y, sans tenir compte de cette situation, entreprit la conquête de la Normandie, mais, après plusieurs échecs, il dut se décider à rétrograder. Les Anglais se dirigeaient sur Calais, oii les attendaient des renforts, lorsqu'ils furent rejoints par le connétable d'ALbret, envoyé à leur poursuite. La noblesse française, sans donner au chef de l'armée le temps de prendre ses dispositions pour livrer bataille, se jeta sur l'ennemi ; comme à Crécy et à Poitiers, la défaite fut le résultat de cette attaque très brillante, mais faite avec l'oubli le plus complet des règles de la guerre. La victoire d'Azincourt livra notre pays à l'Angleterre. Par le traité de Troyes, conclu en 1 iSO, Henri Y fut déclaré régent et héritier de la couronne de France, à la seule condition d'épouser Catherine, fille de Charles YL La France, démembrée sous Philippe de Yalois et Jean le Bon, avait été reconstituée par le sage et habile Charles Y ; à
la mort de Charles VI, une grande partie du royaume était entre les mains des Anglais.
Les premières années du règne de Charles VII ne semljlèrent pas présager à la France une meilleure fortune; nous perdons les batailles de Crevant-sur-Yonne, en 1422, de Verneuil, en 1423, et de Rouvray, en 1429. Mais Jeanne d'Arc apparaît ; elle fait lever le siège d'Orléans, bat les Anglais à Patay, et conduit le roi à Reims. L'héroïque Lorraine, prise au siège de Compiègne, est vendue aux Anglais ; ceux-ci la traduisent devant un tribunal dont les chefs de leur armée dictent la sentence. Jeanne est condamnée à être brûlée vive. Les Français, animés du désir de venger la grande patriote, poursuivent le cours de leurs succès. En 1437, Charles VII fait son entrée à Paris. Après avoir perdu les batailles de Formigny, en 1450, et de Castillon, en 1453, les Anglais ne possèdent plus en France que la ville de Calais. Edouard IV se proposait de revendiquer par les armes la couronne de France, à laquelle il prétendait avoir droit, mais l'Angleterre, déchirée par des luttes intérieures, avait vu décroître sa puissance sur mer. Le roi ne parvenait pas à réunir les forces navales nécessaires pour opérer un débarquement sur notre sol, lorsque le duc de Rourgogne mil à sa disposition une flottille de cinq cents l)àtiments hollandais. Louis XI, tout entier à la lutte qu'il soutenait contre les grands vassaux, avait négligé la marine. Le roi d'Angleterre put traverser la Manche sans rencontrer sur sa route une flotte lui disputant le passage. Edouard IV n'ayant pas trouvé en France l'appui sur lequel il comptait, prit le parti de négocier; le traité (lePic(|iiigny, conclu en 1 i-75, mit fin au différend existîuit entre les deux roy^uimes. Avant la signature du traité de paix, l'amiral Coulon s'était emparé d'une flotte hollandaise et flamande, com-