LIVRE PREMIER
vont continuels, la flotte d'Edouard ne put remplir sa mission.
La France, abaissée et démembrée sous Philippe de Valois et Jean le Bon, se releva pendant le rrgne de Charles V. A la mort du roi. en 1380, il ne restait aux Anglais que les villes de Calais, Cherbourg. Brest. Bordeaux et Bayonne. En mentionnant ces grands résultats, principalement dus à la conduite sage et habile du roi, on ne peut oublier les hommes de guerre, Du Guesclin, Oliviei" de Glisson et Bouciccaut. qui refirent nos armées et reprirent la France aux Anglais. Charles VI ne sut pas conserver à la France les conquêtes faites par son père. En 1380, le nouA^eau roi réunit une flotte nombreuse, à l'Ecluse, oii de très grands préparatifs étaient faits pour opérer une descente en Angleterre, mais on laissa passer le moment favorable pour prendre la mer, et cet immense armement n'eut d'autre résultat que d'aggraver la situation d('jà très obérée de nos finances. L'année suivante, les Anglais, croisant sur nos côtes sous les ordres du C(nnte d'Arundel, rencontrèrent une flotte flamande que commandait Jean de Buch, amiral de notre allié le duc de Bourgogne. Le combat s'engagea et dura jusf[u'à la nuit ; il reprit le lendemain, à la hauteur de l'Ecluse. Le bâtiment que montait Jean de Buch ayant été capturé, le désordre se mit parmi les navires flamands, qui furent presque tous pris ou coulés. Le comte d'Arundel, voulant compléter sa victoire, transforma en Jn'ùlots quelques-uns des nawes tombés entre ses mains, et il les lança contre les naA'ires flamands qui se trouvaient dans le port de l'Écluse. Cette tentative n'eut pas de succès. Le bâtiment que montait Jean de Buch portait trois canons, ainsi que le montre le passage suivant de Froissart : « Et dans le gros Aaissel avait trois canons qui jetaient carreaux si grands que,
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là où ils chéoienl à plonil), ils perçaient tout et portaient grand dommage. » En 1387, des préparatifs furent faits pour opérer un débarquement en Angleterre ; deux flottes furent armées, l'une à Tréguier et l'autre à Harfleur, mais la première n'étant pas prête en temps opportun, le projet de descente fut abandonné. Les naAdres réunis à Harfleur battirent l'amiral anglais Spemer et lui enlevèrent six bâtiments.
Pendant que le roi d'Angleterre, Henri IV, monté sur le trône par une usurpation, se défendait contre les barons révoltés, la France était déchirée par les luttes des princes de la famille royale. Quoique les hostilités fussent suspendues, Henri IV et Charles VI ayant conclu une trêve, les sentiments d'animosité existant entre les marins des deux nations n'avaient pas disparu. Les Anglais commettaient sur mer de continuelles déprédations ; ils croisaient près de nos côtes et enlevaient les navires qu'ils rencontraient. Au commencement de l'année 1403, le sire de Penhoët, amiral de Bretagne, ayant réuni trente bâtiments portant, outre les équipages, douze cents hommes d'armes, prit le large à la recherche des Anglais. Au commencement de l'an 1403, dit Monstrelet, « l'amiral de Bretagne, le sire de Penhoët, le seigneur du Ghàtel, h; seigneur du Bois et plusieurs autres chevaliers et écuyers de Bretagne, jusqu'au nombre de douze cents hommes d'armes, s'assemblèrent à Morlans, puis entrèrent en trente nefs, à un port nommé Ghâtel-Pol, contre les Anglais qui (Haient sur mer en grande mullilude, épiant les marchands comme pillards et écumcurs de mer. Si (]ue, \v mercredi, en suivant, iceux Aïiglais nngeant (naviguani) devant un port appelé Saint-Maliiieu, les Bretons leur allèrent après, et les poursuivirent jusqu'au lendemain, soleil levant, (pi'ils s'arrêtèrent ensend)te en bataille (|ui dura