‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 123 sur 137 · I.IVHK XVI .11 (il · texte numérisé non relu

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terre, disait-il, ne pouiTont se prévaloir du résidlnl, (jnel ((u'il puisse être. Le marquis de Grimaldi. per.sislaid dans son opinion, les négociations se trouvc-reid arrêtées. Les choses en étaient là lorscpic Ion reçut des nouvelles de la Havane; après trois mois de siège, cette ville avait été prise. Une capitulation, signée le 12 août, avait donné aux Anglais Tile de Cuba, la flotte espagnole, consistant en neuf vaisseaux et (|uatrc frégates, une somme d'argent considérable et une grande quantité de marchandises. La perte des Espagnols était évaluée à soixante-douze millions de francs. La garnison de la Havane, (pii s'était vigoureusement défendue, se trouvait, nu moment de la reddition de la ville, réduite h sept cents hommes. Le gouvernement espagnol n'aAait pas eu la prudence, avant de déclarer la guerre à l'Angleterre, d'envoyer, dans cette importante colonie, des forces suffisantes pour la défendre. Les Anglais avaient, en outre, pris Manille; on doit ajouter qu'ils avaient subi un échec complet dans une expédition dirigée sur Buenos-Ayres.

Les négociations reprirent leur cours, mais sur une base beaucoup moins favorable à l'Espagne. Les préliminaires furent signés, le 3 novembre 1762, et le traité définitif, le iu février 1763. L'Espagne cédait à l'Angleterre la Floride, le fort Saint- Augustin et Pcnsacola. Par une conA'ention secrète, conclue le 3 novembre, la France donnait la Louisiane à l'Espagne pour dédommager cette puissance des sacrifices qu'elle faisait en faveur de la paix. Nous étions les seules victimes de la guerre. Le traité de 17(33 est un des plus malheureux que nos annales aient eus à enregistrer. La France cédait à sa rivale le Canada et, ce qui portait une grave atteinte à notre prospérité maritime, l'ile du cap Breton et toutes les iles et parties de côte que nous occupions dans le

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golfe de Saint-Laurent. La pèche de la morue jouant un rôle important au double point de vue de la marine de guerre et de la marine marchande, le duc de Choiseul s'était efforcé, mais sans pouvoir y parvenir, de rejeter cette condition: il fallait, si nous ne l'acceptions pas, renoncer à conclure la i)aix. Toutefois, le droit de pèche, quoique diminué, continua à subsister.

Non content d'assurer le présent, les Anglais voulurent fixer l'avenir et ils exigèrent que la France renonçât à toute prétention sur l'Acadie et la Nouvelle Ecosse. L'Angleterre nous céda, non sans difficulté, les îles Saint-Pierre et Miquclon. La rivière du Sénégal, nos établissements sur la côte occidentale d'Afrique, la Grenade, Saint- Vincent, la Dominique et ïabago devaient désormais appartenir à l'Angleterre. Cette puissance reprit JNIinorque, en échange de Belle-Isle, et nous restitua, sur la côte d'Afrique, Corée, et, dans les Antilles, la Guadeloupe, Marie-Galante et la Martinique : une des iles dites neutres, Sainte-Lucie, nous fut donnée. La Fnmce rentra en i^ossession des différents comptoirs que nous occupions sur les côtes de Coromandel et de Malabar, ainsi que dans le Bengale, au commencement de l'année 1749, et elle restitua à l'Angleterre les conquêtes faites par le comte d'Estaing dans File de Sumatra. La ville et le port de Dunkerque devaient être mis dans l'état fixé par le tcaité d'Aix-la-Chapelle et les traités antérieurs.

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