LIVRE m
Guerre avec l'empire. — La flotte ottomane cai)ture sept galères génoises. — Expédition en Corse. — Combat t-ntre des navires dieppois et flamands. — Prise do (Valais par le duc do Guise. — L)é)*aiipiement des Anglais au Conquet. — Le harou de la Garde devant la Rochelle. — Combat dans les parages des Açores. — Bataille de Li'pante. — Ses consi-quences. — Guerre entre l'Angleterre et l'Espagne — Expédition des Anglai.s à Cadix. — Rôle de la marine militaire au xvi' siècle, — Mouvement maritime au xvi" siècle. — Les découvertes. — La nécessité d'un code international ajjparaît. — Principe de la lilierté des mers. — Grosius. — Selden.
Henri II ayant pris l'engagement de secourir les reformés allemands, à condition que ceux-ci l'aideraient « à s'emparer des villes impériales n'étant pas de langue germanique, comme Cambrai, Metz, Toul, Verdun et autres semblables » , la guerre éclata entre la France et l'empire. L'inl'érioril/' de nos forces navales excluait . de notre part, toute action dans la Méditerranée. Cette situation donnait aux Impériaux un avantage considérable, les comnmnications entre l'Espagne et l'Italie ne pouvant avoir lieu que par mer. Des démarches, suiWes d'un résultat favorable, furent faites à Constantinople, pour obtenir la coopération de la flotte ottomane. Au mois de juillet de l'année 1532, Sinan-pacha parut sur les cotes d'Italie avec cent trois galères, se dirigeant
vers l'oiiest pour opérer sa jonction avec les forces françaises. Sinan apprit à Oslia. où il avait relâché, que trente-neuf galères, sous le commandement d'André Doria, avaient quitté Gênes pour embarquer à la Spezzia deux mille Allemands, destinés à renforcer la garnison de Naples. 11 s'éloigna de terre afin de laisser les vigies de la cote dans l'ignorance, de sa position, et il jeta l'ancre à l'île de Ponce, attendant, aA^ant de se mettre en mouvement, de nouveaux renseignements sur la position de Tennemi. Un des lieutenants du pacha, le corsaire Dragut, se tenait, avec douze galères, en observation à quelque distance du mouillage de l'armée turque. Doria, v enant de la Spezzia, avait commis la faute de gouverner au large ; dans la nuit du 5 août, les bâtiments de Dragut furent aperçus. L'armée, convaincue qu'elle était tombée au milieu de la flotte ottomane, dont elle connaissait la force, fut saisie d'une terreur panique; nbandonnant toute idée de résistance, elle s'enfuit en l'iiisanl force de rames. Dragnt, s'attachant à la poursuite d'une des divisions de cette armée, s'empara de sept galères. La dispersion de la flotte impériale laissait le passage libre aux galères françaises. Dans l'hypothèse de cette réunion, il avait été convenu que l'armée combinée mouillerait devant Naples ; on espérait que la présence d'un aussi grand nombre de navires portant des troupes de débarquement, amènerait le soulèvement de la iiopulalion. Sinan-pacha, dont les vivres commençaient à s'épuiser, ne voulut pas attendre les Français; après avoir fait une démonstration dans le golfe de Naples, il fit route pour le Bosphore.
Au commencement du mois do mai de l'année 1553, Sinan-pacha parut de nouveau sur les côtes d'Italie avec cent cinquante bâtiments, au nombre desquels se trouvaient vingt galères fi-ançaises. La flotte cond)inée