‹ Histoire de la marine françaiseChapitre 21 sur 36 · DIVISION ANGLAISE · texte numérisé non relu

DIVISION ANGLAISE

Le Romney. 54 canons. Johnsione.

Le Héros. 74 — Haukcr.

LeMonmoulh. 64 ^ Alms.

Le Jupiter. 50 .— Pasiey.

L'isis. 50 — SuUon.

La Diane.

La Terror.

(.'Infernal.

826 HISTOIRE DE LA MABinB rRANÇÂISE. 1782.

comme enveloppés. L'Annibal était resté environ un quart d'heure au milieu des ennemis, sans pouvoir se servir de ses batteries ; M. de Cuverville, son capitaine» ne s'attendantpasà une attaque immédiate, avait commis rimprudence de faire monter sur le pont et dans ses batteries les pièces à eau et les palans destinés à mettre les embarcations à la mer. Ses canons se trouvèrent à la serre aux coups de canon du vaisseau de Suffren. Si l'imprévoyance de M. de Guverville méritait un blâme sévère, sa bravoure deyait le (aire excuser. Ainsi désarmé, mais préférant couler à la honte de ne pas être à son poste, il s'était placé comme nous venons de l'indiquer. Dans cette position critique, Suffren, désespéré du résultat de son coup de main, qui, sans doute, aurait été entièrement à son avantage, s'il avait su allier la prudence au courage, voulait se faire couler ; mais il était chargé d'un commandement considérable, il sentit qu'il se devait à son pays et à ses compagnons d'armes. Ordonnant de couper ses câbles, après s'être assuré que l'Annibal faisait de méme^ il s'éloigna pour rallier ses vaisseaux qui faisaient les plus grands efforts pour s'approcher de lui. Cette retraite ne pouvait avoir lieu plus à propos : le Héros et rAnnibal étaient à peine hors de portée de canon de l'ennemi, que le vaisseau de

ttiftTOIRfi BE LA MARINB FRANÇAISE. 178S. JlUfi

M. de Cuverville démâta de tous ses mais. Le Sphinm vint lie prendre à la remorque» et la division françaisoi s' étant enfin réunie, .gouverna sous petite voile pour prendre le large. Le commodore Johnstone appareilla peu après et se mit à la poursuite du bailli de Suffren , qui, ayant signalé à sa division la ligne de bataille babbrd amures, l'attendit pour le combattre. Johnstone, décon* certé de la fierté de cette manœuvre, n'osa pas recommencer le combat ; il serra le vent et courut des bords pendant une partie de la nuit. Au moment où l'armée anglaise tint le vent, Suffren, ne pouvant en croire ses yeux, s'écria : « Quoi ! Johnstone me laisse ainsi, eh bien ! en roule, qu'on allume mes feux de poupe pour qu'il me voie plus long-temps. » Vers minuit, les deux escadre^ cessèrent de s'apercevoir. Johnstone retourna au mouillage de la Praya, et Suffren dirigea sa Navigation vers le cap, où il arriva, le 21 juin, en même temps que son convoi. .

Tel fut le combat de la Praya, dans lequel les Français eurent deux cents blessés et perdirent MM. de Trémignon et de Cardaillac, capitaines de vaisseau, avec quatre-vingt-dix-sept matelots ou soldats.

Cette affaire, mal engagée, aurait dû réussir complèlemëni, si, comme nous venons de le dire, le bailli de

Suffren eût mis plus de prudence et de sagesse dans son ordre de combat. Il voulait aborder les vaisseaux anglais; sans doute ce genre d'attaque allait à la circonstance» encore devait-il donner des instructions à ses capitainesy non seulement à l'égard du but qu'il se proposait, mais aussi des obstacles que présentaient les difficultés de la rade et qui pouvaient, comme cela arriva^ contrarier leurs manœuvres. Au reste, l'affaire de la Praya ayant contraint l'escadre anglaise à se radouber à San-Yago , permit au bailli de Suffren de devancer Jobnslone et de faire avorter ses desseins sur le cap de Bonne-Espérance.

 peine Tamlral français eut-il jeté l'ancre que , de concert avec le gouverneur hollandais, il fit débarquer une partie de ses troupes qui, au terme de la convention passée entre la France et la Hollande, prirent possession des forts et de la ville.

Le bailli de Suffren, après s'être ravitaillé au cap, partit le 26 août 1781 et fit route pour l'Ile de France', où l'attendait le comte d'Orves, avec quelques vaisseaux. La jonction se fit à la fin de novembre. Le comte d'Orves, plus ancien dégrade que le bailli de Suffren, prit le commandement de toutes les fbrces navales de la France dans les mers de l'Inde, et appa-

reilla bienlôt après avec un nombreux convoi pour la côle de Coromandel. Dans la traversée» le vaisseau anglais l'Annibal, de cinquante canons, étant tombé;le22 janvier 1782, au milieu de l'escadre française , le bailli de Suffren , qui avait reçu Tordre de lui donner la chasse, l'atteignit et le força d'amener par quelques bordées d'artillerie. Peu de jours après , le comte d'Orves mourut, laissant le commandement de Tarmée au bailli de Suffren. Le 4 février, les Français apprirent, par un navire anglais qu'ils capturèrent, la prise des comptoirs hollandais deNegapatnam,deTrinquemalé, et la présence de la flotte anglaise à Madras. Le lendemain, les vigies annoncèrent la terre ; c'étaient les environs de Madras. Suffren comprit toute l'importance delà surprise que son arrivée subite allait causer h l'ennemi ; d'ailleurs il pouvait espérer que l'escadre anglaise se trouverait inférieure à la sienne. Johnstone, selon toutes les probabilités, était en retard, et l'amiral Hughes, qui commandait les forces navales anglaises dans l'Inde, sachant que le cap une fois conquis le commodore le joindrait à Madras, devait l'attendre en toute sécurité. Mais Johnstone, en arrivant au cap» fut aussi surpris qu'humilié d'avoir été primé par son adversaire. Dans l'impossibilité d'une attaque, quelques.uns des vaisseaux de sa di^-

1^ HISTOIRB DE LA MiUlMB FRiUKÇiUSB. t78ft.

viâion se trouvant en mauvais état, il en détacha trois;, des meilleurs voiliers^ auxquels il confia le convoi dé troupes et dé munkions, et leur enjoignit de faire route sans délstt pour Bon^y ; pour lui> il reprit la route d'Angleterre.

Déterminé à renouveler la journée de la Praya, mais dans des circonistances bien autrement favorables, Suffren espéra un instant que les eaux de Madras allaient servir de tombeau à la flotte entière de Tennemi. Cet événement, sans aucun doute, devait donner un ébranlement à rindoustan, travaillé alors activement par Aider- Aly. Les vents, qui avaient d'abord paru propices à la navigation de Tescadre française, ne continuèrent pas à lui être favorables ; les divers mouillages que le calme et des brises contraires la forcèrent de prendre en vue de terre, relardèrent sa marche et firent avorter les desseins de son chef. Ces contrariétés, presque toujours inévitables pout les escadres qui se rendent par la même route, devant Madras, dans le temps des équinoxes de mars, durant lequel on trouve ordinairement, près de terre, des vents du sud avec des courans se dirigeant dans la même direction, sauvèrent l'escadre anglaise. On est porté à croire qtie l'en^ nemi n'eût pu échapper à sa perte si notre escadre, au lieu d'^ttérir sur la c6te de Coromandel , à vitigt

lieues au nord de Madras, et de la prolonger plusieurs jours de suite , eût porté directement sur cette irille ; car ce fut dans cet intervalle que Tamiral Hughes revint de son expédition de Trinquemalé^ et qu'il fut rejoint, en rade de Madras, le lendemain de son mouillage, par les trois vaisseaux de Johnstone. Ceux-ci, à leur départ de Bombay, avaient trouvé des vents favorables et étaient venus jeter l'ancre à Madras, où ils annoncèrent le combat de la Praya et l'arrivée de Vescadre fi^ançaise sur la côte.

Cependant, le ik février, le bailli de Suifreû parut au large de la baie de Madras , W vit l'armée anglaise sur ses gardes et fortement embossée sous la protection des forts. Il alla mouiller à trois lieues et demie au nord de la ville. Le lendemain, profitant d'un peu de vent, Suffren appareilla et cingla sur Tescadre anglaise. Le calme le prit de nouveau ; mais> observant que Teiinemi paraissait comme enchâssé près de la terre et des forts, et que ni le temps ni la position n'étaient propres à une attaque sérieuse, il tint conseil à son bord , et il fut résolu qu'on ferait roule pour Pondichéry.

L escadre française était à peine sous voile, avec son convoi , que Tennemi appareilla , manœuvrant de ïnMiière à prendre le vent sor les Français* Les dei-

332 HISTOIRE DE LA MiOlINE FRANÇAISE. 1782.

seins de l'amiral Hughes étaient de s'emparer des navires attardés du convoi et de couvrir Trinquemalé qu'il croyait menacé d'une attaque. Au coucher du soleil y Tennemi restait au nord- nord-ouest des Français , les vents soufflaient de l'est -nord-est. Suffren, pour éviter de tomber sous le vent, prit le plus près en signalant Tordre sur deux colonnes. Au jour, le convoi français, moins bon voilier que lescadre et, peutêtre aussi mal manœuvré, comme cela n'arrive que trop souvent, se trouva à grande distance dans l'ouestsud-ouest. SufTren, ne sachant si c'étaient les navires du convoi ou l'escadre britannique , fit route dessus. Le vent était faible, le temps couvert, bientôt on s'as* sura que ces voiles aperçues étaient le convoi que chassait l'armée britannique. Hughes, pendant la nuit avait gouverné au sud , et s'était ainsi trouvé sous le vent et presqu'à portée de canon de notre convoi. Un des transports était tombé en son pouvoir, lorsque le calme arrêta heureusement sa poursuite. Ce calme, qui dura toute la journée , donna le temps à Suflren de rallier son escadre tout en cherchant à se rapprocher de l'ennemi. Le soir du 16, les Anglais lovèrent la chasse et s'éloignèrent bâbord amures. Suffren prit le même bord. Le lendemain 17, les deux armées se trouvèrent en pré-

sence à une lieue et demie environ de distance (1). Les Français au vent se consumaient en efforts infructueux pour

KftCADRB FRAlfÇAISB.

Le Héros.

74 canons

rSuffren.

^' (DeMoissac.

L'Annibal.

De Tromelin.

L'Orient.

De Ghristi Pallière.

Le Bizarre.;

De La Landelte.

Le Vengeur.

De Forbin.

Le Sphinx.

DuChilleau.

L'Arlésien.

De Maurville.

L'Ajax.

Bouvet.

Le Brillant.

De Saint-Félix.

Le Sévère.

De Gillart.

Le Flamand.

De Cuverville.

Le Petil-Annib.

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