ESCADRE
ANGtAlSE.
. Le Monmouth.
64 canons
i. Âlnis.
Le Burfort.
Reiner.
UEagle.
Reddal.
Le Worcester.
Wood.
Le Superbe.
Hughes.
Stevens.
Le Héros.
Hawker.
L'Isis.
Lumley.
Le Monarca.
Gell.
L'Exeter.
King.
Quelques frégates.
combattre uaeaQemi qui était mal rallié et qui paraissait plut6t vouloir éviter §v'açcepter le combat. La variation continuelle des vents, qui passaient tour à tour de Test au nord , le calme y souvent la pesanteur de marche de la plupart de nos vaisseaux qui n'étaient pas doublés en cuivre, désespéraient Suffren, qui craignait de ne pouvoir en venir à une affaire tant désirée. Enfin , la brise de nord enfle décidément les voiles de nos vaisseaux ; Suffren , au comble de ses vœux , range son escadre sur deux lignes de front, et gouverne sur le centre et Tarrière* garde de l'armée anglaise. (Position 1.) Une victoire décisive paraît certaine , la ligne anglaise est distancée ; Tamiral Hughes, préoccupé du danger de sa position, laisse porter en ordonnant de se former en bataille par rang de vitesse ; mais la faiblesse de la brise empêche, les vaisseaux de se réunir, ils se trouvent à peu près comme avant le mouvement. L'escadre française , au contraire, qui a la bri^ en sa faveur, avance rapidement ; Hughes , forcé de combattre dans cette position critique, ordonne à son armée de serrer le vent. À trois heures et demie , Suffren, se voyant à portée de canon, signale à trois vaisseaux de la seconde colonne de prolonger sous le vent les deux vaisseaux anglais ari'iérés, pendant qu'il va se porter contre une partie du corps
[IndesJ
1 ^ Position .
2* Position.
5* Position.
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Ae tbatfiiUe de Tatainil Hugheft. L'actioa est bieûtàl générale; mais les inatnictiens de Soffiren ne sent pas auiviefi ^ les trois vaisseaux , qm doivent attaquer l'ennemi sous le vent^ siûvenl le aïonveinent de leur corps de bataille, en sorte que toirte Famée française, au nombre de douse vaisseaux ^ se masse sur les ciM| demieiis vaisseaux an^is et les.aUaque à deux ou treîs encablures de distance.
Malgré la non méeution de ses 4Nrdres, Suffipen est assuré d'un succès complet; quelques minutes encore d'une affaire aussi inégale et la bravoure anglaise va succomber sous le nombre. Hughes est consterné, il tente inutilement de faire virer son avant-garde, mais le calm^ la retient éloignée du combat. Dans sa pensée il mesure la grandeur du péril qui le menace \ les cinq vaisseaux de son arrière-garde^ une fois détruils et pris, Tennemi vainqueur^ enflammé par un succès si prompt et qui lui aura coûté si peu, se portera sur le reste de son armée, et la placera dans ralternative de se faire couler ou de se rendre. Il n'y a aucune disposition à prendre, aucun effort de courage à tenter. Tout-à-coup le ciel se coaivre, l'orage éclate, le vent passe du nord au sud-est. Les vaisseaux anglais , dans leur position , sentent les premiers la brise ; ils virent de bord à la
336 HISTOIRE DE LA MAItlNE FRANÇAISE* 1782.
h&te^ en prenant les amures de tribord , et se portent avec rapidité au plus fort de la mêlée. Le combat recommence avec une nouvelle vivacité ; mais les français, ayant désemparé les cinq vaisseaux anglais de l'arrièregarde, continuent à avoir un avantage décidé. Hughes, toujours heureux^ est sauvé par la nuit qui le dérobe aux coups des Français. Le bailli de Suffren poursuit sa route, prend langue sur la côle de Pondichéry, et , apprenant que son convoi avait fait route pour Porto^Novo^ il s^'y dirige et y mouille le 21 février (1).
(i ) Le mode d'aliaque, employé par Suffren, fut nouveau el d*une remarquable habileté. Etant au vent il gouverna, comme nous venons de le voir, vent arrière sur deux colonnesdefront, de manière à engager le centre et Tarrière-garde britanniques. Cette manœuvre, renouvelée par Nelson à Trafalgar dans des circonstances d'ailleurs plus avantageuses à Tamiral anglais, lui a valu le titre du plus grand homme de mer de TAngleterre. Un peu plus de bonheur, et Suffren acquérait une gloire éclatante par la destruction de la flotte ennemie. La maxime de guerre, qui veut des masses sur des points isolés^ fut parfaitement appliquée. Les vents et la mollesse de quelques capitaines en empêchèrent le succès.
Suflren, après le combat, témoigna à ces officiers tout le mécontentement qu1l éprouvait de leur conduite. Ce n'éuit pas assez. Suffren, qui n'ignorait pas que le talent et le génie ne sont rien à la mer sans la bonne volonté des capitaines, aurait dû faire un exemple, au risque de frapper sur des hommes importans par leur position et même par leurs vieux services, car toute espèce de considération doit passer ai»^ les intérêts bien entendus du pays.