DU TOME SIXIÈME
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Ce récit, que nous avons extrait des rapports officiels deGuillet au ministre de la marine, semble très-peu connu , et nous ne l'avons rencontré dans aucun recueil. £'est là l'un des torts de la marine française de négliger d'enregistrer les faits glorieux de ses marins, et de laisser les Anglais les raconter et les défigurer; car ils ne manquèrent pas encore cette fois de rapporter ce combat à leur façon. D'après leur narration , au milieu du combat, la grande vergue delà Villc-de-Milan était tombée , son grand mât endommagé, et
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tout présageait la victoire à la frégate anglaise, lorsqu'un boulet, parti de la frégate française, emporta la roue du gouvernail de la Cléopâtrc dont les manœuvres, dès ce moment, se trouvèrent paralysées. Le navire français, s'apercevant de cet accident, manœuvra pour s'approcher de la Cléopâtrc y et redoubla le feu de la mousqueterie pour balayer son pont, puis il vint à l'abordage. Après des efforts de courage inouïs, dit le récit anglais, la Cléopâtrc fut obligée de se rendre. Elle n'eut que vingt-deux tués et trente-six blessés. L'artillerie de la Villc-dc-Milan l'avait rasée comme un ponton. La frégate française et sa prise furent rencontrées par le vaisseau le Lcandcr, et ils n'ajoutent pas, accompagné de la frégate le Cambrian. Enfin, selon eux, la Villc-dc-Milan était presque du double plus forte que la Cléopâtrc, tandis qu'alors tout le monde savait que la Villcdc-Milan n'avait qu'une pièce de canon en batterie de plus que la Cléopâtrc, et que la frégate française, en quittant la Martinique, y avait laissé deux de ses canons pour la défense de l'île.
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PIECE qui constate que des officiers étaient envoyés en mission secrète par le ministre, et passaient par les États-Unis pour les accomplir.
« Je, soussigné, Sainte-Rose Jusselin, négociant à la Martinique, déclare que le sieur Pottier, passager avec moi sur le brick Sallyana, de New- York ici, m'a appelé, le quatorze novembre 1807, avant de rendre les derniers soupirs, et m'a confié que le nom sous lequel il était embarqué était un nom supposé, et qu'il était réellement le lieutenant de vaisseau Morin, au service de France, envoyé en mission à la Martinique; qu'il avait changé de nom pour mieux s'assurer de parvenir à sa destination , malgré la guerre ; qu'il me conjurait de me charger d'une ceinture de cuir, contenant quelques papiers, et de la remettre , à mon arrivée , à M. le préfet colonial ; qu'il me prévenait aussi qu'il y avait dans la cargaison du bâtiment un baril de biscuit à lui , dans lequel se trouvaient des papiers, et qu'il me demandait de vouloir bien, à mon arrivée à la Martinique , en avertir de même les chefs du gouvernement, afin qu'ils le 'retirassent. Il m'a aussitôt remis sa ceinture que je viens de porler,
dans l'instant, à M. le préfet colonial; et comme il importe, pour les intérêts de la famille du sieur Morin, que sa mort et l'identité de sa personne soient constatées, je suis venu consigner à l'inspection la présente déclaration, et j'ai engagé le sieur Villoiseau à m'y accompagner, attendu que, passager avec nous, il a été également témoin, et a eu connaissance de toutes ces circonstances ou de la plupart. »
« Nous, préfet colonial de la Martinique et dépendances , en addition à ce qui précède et pour plus ample éclaircissement, consignons sur ce registre que la ceinture qui nous a été remise par le sieur Jusselain contenait : 1° le livret du sieur Pierre-André Morin, lieutenant de vaisseau; 2° une lettre de Son Excellence le ministre de la marine et des Colonies , en date de juillet dernier, qui ordonnait audit sieur Morin de se transporter aux îles françaises d'Amérique , chargé de dépêches et d'instructions; 3° une note desdites dépêches, dressée au ministère de la marine, et à lui remise; 4° une lettre du général Rcy, consul de France à New-York, de septembre dernier, tlans laquelle ce général nous annonçait que ledit sieur Morin s*cmbarqu3it, pour venir ici, sur le navire américain le Sallyana, capitaine John Danels, et nous priait de faire payer audit capitaine le prix du passage.
« Il résulte de toutes ces pièces que la personne décédée à Antigues, le quatorze novembre 1807, comme il est expliqué dans les déclarations qui précèdent, est bien réellement le sieur Pierre- André Morin, lieutenant de vaisseau au service de Sa Majesté Impériale et Royale. »
« Fait à Saint-Pierre (Martinique) , le dix-neuf novembre 1807. Signé Laussat. »
HISTOIRE «F. LA MARTINIQU E
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