PROCLAMATION
Par Son Excellence le major-général Charles Wale , administrant, sous l'autorité de Sa Majesté , le gouvernement de la Martinique, vice-amiral de ladite île et commandant des troupes comme officiergénéral de l'état-major des îles du vent et sous le vent, etc. etc. etc.
Les projets de la sédition, pour être insensés, n'en sont pas moins coupables : un attentat absurde contre la sûreté intérieure de la Colonie vient d être découvert et puni. Quinze individus l'ont expié de leur vie.
L'objet de ce complot est inexplicable ; car, parmi les conspirateurs, se trouvaient des hommes qui, montés au rang de libres par l'effet de la bienveillance coloniale, semblaient n'avoir d'autre vœu à former que celui de la prospérité du pays où ils exerçaient avantageusement leur industrie sous la protection des lois.
Ceux-là ne pouvaient vouloir l'affranchissement dont ils jouissaient déjà : que voulaient-ils donc ? — Exciter sans doute une commotion éphémère ,
se livrer au pillage dans le désordre du premier moment, et fuir ensuite en abandonnant aux supplices les victimes crédules qu'ils auraient entraînées au crime.
Ces hommes , pour séduire les classes inférieures, ont mis en avant les idées rebattues depuis un demi-siècle par les écrivains jrévolutionnaircs, et ils ont cherché à cet égard à profiter de quelques circonstances sur lesquelles le gouvernement croit devoir éclairer la Colonie.
La malveillance de quelques individus , l'imprudence de plusieurs autres se sont attachées ici, depuis peu, à commenter des papiers publics, à discuter des opinions de journalistes , à en tirer des inductions alarmantes pour le système qui , pendant deux cents ans, a assuré la prospérité de cet archipel.
Toutefois, tant d'impostures publiées depuis la révolution, reconnues aujourd'hui, et vouées au mépris, auraient dû faire apprécier des longtemps les assertions de l'ignorance ou de la mauvaise foi ; et il semble que les leçons de l'expérience suffisaient pour apprendre à reconnaître que des mensonges imprimés n'en sont pas moins des mensonges; que les tréteaux des charlatans politiques sont brisés, cl que le torrent révolutionnaire est écoulé sans retour.
Si le passé n'a pas assez proclamé ces vérités.
que le présent le fasse ; que la fidélité remarquable des ateliers , le zèle et l'activité de toutes les classes, l'esprit public, enfin, qui, au même instant, s'est manifesté partout, soient les garans de la stabilité du 'système colonial de ces contrées; que, sans négliger la surveillance dont nous nous occupons à raffermir les ressorts plus que jamais nécessaires, et que nous recommandons sur tous les points de la Colonie, on abjure de vaines inquiétudes et des alarmes chimériques ; que l'exemple terrible qui vient d'être fait soit le monument durable de la sécurité de celte île ; que cet exemple vive à jamais dans tous les souvenirs ; qu'on- y voie que sous aucun gouvernement les lois protectrices des personnes et des propriétés n'eurent plus de vigueur que sous celui de Sa Majesté Britannique ; et qu'on reconnaisse que ce gouvernement tutélaire n'a d'autre objet en vue que le bonheur et la tranquillité de tous ceux qui habitent la Martinique, dans quelque classe que la Providence les ait placés.
Qu'on apprenne au surplus que si ce même gouvernement veut bien détromper l'ignorance et la crédulité , il atteint et frappe la malveillance , et qu'il tient dans ses mains la force nécessaire pour faire trembler les pervers !
Donné au Fort-Royal, le quinze octobre 1811.
Charles Wale.
Vive le Roi !
MO
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Voici un document officiel qui pourra servir à l'histoire des statistiques criminelles de notre pays, jusqu'en 1811.
ÉTAT des condamnations prononcées par le tribunal spécial* depuis son établissement , contre les individus prévenus du crime d'empoisonnement, avec la note nominale de ceux qui ont été reconnus suspects de ce crime, mais qui n'ont pas été condamnés, par insuffisance de preuves.
Pour rendre ce travail plus clair, on présentera un tableau divisé en colonnes.
La première contiendra la date des jugemens et l'indication des lieux où ils ont été rendus.
La seconde, le nombre des individus condamnés à mort.
La troisième, le nombre des condamnés aux galères, au bannissement, à la prison à perpétuité ou à la déportation.
La quatrième, enfin, contiendra la note nominale des individus reconnus suspects, où seront compris ceux remis à leurs maîtres après une détention limitée.
DATE de» juge me us et
indication des lieux où ils ont olc rendus.
>U»B1I DE* IXMY1DLS COSIIAMXL»
aux galères, à la chaîne , au bannissement, à la prison à perpétuité ou
à la déportation.
[26 octobre 1803. Sur Fliabitation de M S»udon de Rivecourt, au S-Espril.
lier novembre -1802.
Sur V habitation de M. Eyma , au La mentin.
janvier 4804. Au bourg du Lamcnlin.
juin -1804. Sur l1 habitation Duhoumont, au Ma rigot.
à mort.
9 juillet 4803. Sur l'habitation Courcilly, à Ste-Maric.
NOTE NOMINALE dos
individus suspects non
Marc et Théodore , esclave* de ladite habitation.
Tbimotbée, Auguste, vieille Colombe J vieille Magdelon , Léveillé, St-Louis, Vincent, Thérèse, esclaves de M. Ey ma, Bertrand, esclave des héritiers Marolles , Roch esclave des héritiers Lcmesureur.
Noël, de irhabitation Barlouilh, au Lainenlin, Compère du Fond-Nicolas maître inconnu.
Thimolhée et Agagis tous deux esclaves de ThabitalioD Duhaumont.
Tatou , esclave l'habitation à Ste-Mane.
do
HISTOIRE DE LA MARTINIQUE. /lw21
DATE
KOMBRE DES HDIVIDIS COKDAMSÉS
NOTE NOMINALE de»
individus suspects non condamnés.
des jugemens et
indication des lieux où ils ont été rendus.
à mort.
aux galères, à la chaîne , au bannissement, à la prison a perpétuité nu