TOME u
être élevés et amples, contenir des pièces pour se déshabiller, I un tepidarium, de nombreuses cellules en rapport avec les divers tempéraments, etc. Il y aura des peintures et des sculptures récréatives. Le foyer doit être éloigné du bain.
Le 2e livre traite de l’air et de l’eau.
Le 3a traite de l’utilité des bains.
Le 4e de leurs inconvénient s.
Le 5e traite de la pratique des bains.
Le 68 des moments et conditions favorables à l’entrée et à la sortie.
Le 7e traite des bains d’eau froide.
L’épilogue est un formulaire.
Le même manuscrit contient encore un opuscule de Daoud . sur le traitement des maladies de l’œil par les médicaments. C’est plutôt l’hygiène de l’œil qu’un traité complet dé ses affections.
Nous avons déjà dit que Daoud, dans le Tedkira, renvoyai); à son anatomie. Cette anatomie est mentionnée dans les catar logues des Bibliothèques de l’Orient donnés par Fluegel, sous le titre : Nozhat fiitechridj.
Hadji Khalfa, n» 618, cite aussi de Daoud un traité des causes et du traitement des maladies ; sous le n" 1884, un ouvrage intitulé Bour’ïat el Monlitadj, le Désir de celui quia besoin; et sous le n° 9354 un commentaire du Moudjiz el Canoun d’Ebn en Nefis,
Le musée britannique mentionne, sous le n” 977, un traité d’astrologie de Daoud, el Alikam ennedjoumyct, mais noue supposons que ce n’est autre chose qu’un extrait du A" livre du Tedkira.
La Bibliothèque Bodléienue mentionne, sous le n“ 608, de» Observations ou expériences médicales.
Nous trouvons aussi mentionné, dans les Bibliothèques de l’Orient, un écrit de Daoud sous ce titre qui présente une variante; Fiiechdid el Adhan, que nous traduirons par; Des moyens de fortifier l’intelligence.
Hadji Khalfa cite sous le n- 13,720 un ouvrage de Daoud sous le titre Nozhat el Mo’uhedja, dont nous ignorons le
LES SIÈCLES DE DÉCADENCE. — ■ XV1Ü, XVIly, XVIII" SIÈCLES. 307
contenu. Get ouvrage est aussi mentionné dans les bihliothèques de l’Orient.
Le tedkira de Daoud est commun en Algérie et naturellement très estimé. Nous en avons traduit la partie des simples, en nous restreignant à la partie descriptive ét n’empiétant sur la thérapeutique que dans certains cas d’un intérêt spécial. Nous avons ainsi pu apprécier la valeur de cet écrit qui, sans accuser de l’originalité, prouve un homme érudit et consciencieux.
BEN AZZOÜZ EL MARAKÇHY.
Âbou Mohammed Abdallah ben Azzouz el Marakchy ne nous est connu que par un écrit dont nous possédons une copie et dont nous avons rencontré deux autres en Algérie. Malgré que nous ayons traduit cet ouvrage, nous n’avons trouvé aucun renseignement sur l’époque précise où vivait Fauteur. Cet ouvrage est intitulé Daheb cl Koussouf fi etthobb, Ce qui écarte les éclipses en médecine. C’est un résumé qui donne cependant une large place aux questions théoriques. Il présente une disposition bizarre. Après les généralités, l’histoire naturelle, l’hygiène et la pathologie, nous trouvons un traité des propriétés des animaux puis la monographie des affections oculaires très détaillée. Le cachet local persiste toujours et l’explicit ne se trouve qu’à la fin de ces derniers Traités .
Le traité des maladies de l’œil est une imitation et parfois une reproduction textuelle du Mémorial d’Issa ben Ali. Si 1 on compare la liste des affections de la paupière, elle est presque identique. Une foule de passages sont dans le même cas. II y a des transpositions. Ainsi l’anatomie de l’œil vient après la liste Susdite. Il y a aussi des additions, ainsi le formulaire des ophthalmies. Nous retrouvons les mêmes ressemblances à proposées maladies de la cornée, de l’uvée, enfin à propos des affections qui échappent aux sens. Il n’y a en somme entre le Mémorial d’Issa ben Ali et le texte de Den Azzouz que des différences de détail.
308 HISTOIRE DE LA. MÉDECINE ARABE. — LIVRE SEPTIÈME, 'fl
A la fin de l’hygiène, l’ auteur dit que sa manière de voir est celle de» médecins indiens, grecs, coptes, égyptiens et per-, sans. Il cite les noms d’Aristote, de Platon, de Honein, de Thabary, de lien Zakarya (Razès) de Geber, de Pjeldekyè d’Ebn Ouafed, d’Ebu Isliaq, de Galien, d’Avicenne, enfin de Daoud el Antaky.
Cette dernière citation prouve que l'auteur vivait au plue tôt vers la fin du XVI0 siècle de notre ère.
Ce passage nous semble prouver l’existence au Maroc d’un certain nombre de monuments de la médecine arabe. Nous avons toujours reg-retté de n’avoir pu visiter ce pays et particulièrement la ville de Fez, qui doit être encore plus riche que celle de Maroc.
ABDERREZZAQ EDDJEZAÏRY.
Abderrezzaq ben Mohammed ben Mohammed ben Harnadouch Eddjezaïry était originaire d’Alger, ainsi que l’indique son surnom. Le peu que nous savons sur son compte est tiré de ses œuvres.
Il vivait dans la première moitié du XVIII* siècle de notre ère. Il paraît avoir fait plusieurs fois le pèlerinage de La Mekke. A propos du bézoar, il nous dit dans un de ses ouvrir ges, qu’il en trouva une formule artificielle en Egypte lorsqu’il fit le pèlerinage, en l’année 1130 (1718). Dans un autre ouvrage, il date de Rosette en 1161 (1748).
Le plus important de ses écrits porte ce titre : Kacliefer roumoûz jïcharh cl aquaquir ou el achchâb. Révélation des énigmes et exposition des drogues et des plantes.
C’est un Traité d’histoire naturelle médicale ( sous formp alphabétique, précédé d’une introduction sur les propriété?! générales et les classes de médicaments. Le nombre des articles, y compris les synonymies, se monte à près d’un millier.
L’auteur s’est surtout inspiré d’Avicenne, d’Ebn el Beithâr et particulièrement de Daoud el Antaky. Nous trouvons aussi quelques faits de sa pratique et il relate quelques médicaments nouveaux tels que le gayac, le sassafras, la salsepareille!
LES SIÈCLES DE DÉCADENCE. — XVI0, XVIIe, XVIIIe SIÈCLES. 309
le quinquina, la squine.il parle aussi de la maladie franque. On voit naturellement apparaître un certain nombre d’expressions locales, dont quelques-unes empruntées au langage des Kabiles. Bien que cet ouvrage soit d’un ordre inférieur, on n’y voit pas l’autorité du Prophète invoquée, non plus que l’emploi des moyens superstitieux, ainsi qu’il arrive dans ces résumés.
Outre les médicaments nouveaux plusieurs autres faits accusent des relations avec les Européens.
En somme, cet ouvrage n’a pas d’autre intérêt que celui d’un échantillon de la médecine algérienne, à une époque très rapprochée de nous, et il intéresse plus particulièrement l’Algérie. C’est à ce titre d’abord que nous en avons fait la traduction. Nous avons ensuite mis en regard du texte la pratique actuelle des indigènes et donné les dénominations arabes et berbères des médicaments. Enfin nous avons rapproché ces dénominations quelquefois altérées des termes en usage chez les auteurs classiques arabes.
Nous n’avons rencontré que deux Manuscrits d’Abderrezzaq. L’un est à. la Bibliothèque d’Alger; l’autre nous appartient. Il a été transcrit en 1783, sur un autographe, par Tahar ben el Hadj eddjilany ben Issa Echcherif de Mostaganem.
Nous possédons un autre ouvrage de l’auteur intitulé Tadil el misadj bisebeb kouanin el ilâdj, Rectification du tempérament d'après les règles du traitement. C’est un opuscule d’une vingtaine de feuilles, autographe, écrit à Rosette en
C’est un Traité des fonctions génitales et des moyens de les conserver intactes. Elles s’affaiblissent de deux manières, dit l’auteur, par des accidents morbides et par une altération du tempérament. Ces deux ordres de faits sont l’objet de deux chapitres. Un épilogue traite de l’hygiène des organes génitaux.
L’auteur s’est particulièrement inspiré d’El Aïachy. Parmi les autres citations figurent en première ligne Avicenne puis Daoud el Antaky.
A côté des nombreuses préparations destinées à combattre
l’excès de l’une des quatre humeurs dans chaque organe en particulier, nous rencontrons quelques pratiques superstitieuses pour dénouer l’aiguillette, l’impuissance étant aussi, considérée comme pouvant être le fait des génies. Ici nous, rencontrons des hadits. Les derniers chapitres sont consacré»! aux aphrodisiaques.
Un indigène d’Alger nous a dit avoir lu un traité de la peste par Abderrezzaq.
Abderrezzaq peut être considéré comme le dernier représentant de la médecine arabe.
LÉON t’AFRICAlti.
Léon l’Africain n’intéresse pas seulement la Géographie,, qu’il a dotée de la première connaissance détaillée du Soudan et du littoral de la Méditerranée, mais encore l’histoirenaturelle, et même la médecine, tant par certaines observations que par ses Vies des illustres médecins et philosophes arabes, qui ont longtemps défrayé les historiens.
El Hassan ben Mohammed, el Ouazzan el Fassy naquit à Grenade, sur la fin du XV0 siècle de notre ère. Obligés de' quitter leur pays, ses parents vinrent s’établir à Fez, d’où le surnom d’El Fassy.
A 16 ans, il fit un voyage avec son oncle, jusqu’à Tombouctou. Plus tard, il en fit un autre en Orient, et pénétra jusqu’en Tartarie. A son retour, en 1517, il fut pris par des corsaires,; et conduit à Rome, où il fut offert à Léon X. Ce pape leconvertit et lui donna ses noms de Jean-Léon. Il l’engagea ensuite à publier le récit de ses voyages. On dit que Léon l’Africain quitta Rome et redevint musulman à Tunis.
Son principal ouvrage est la Description dë l’Afrique.
On s’est trompé relativement à cet ouvrage. La notice donnée par .Eriès, dans la Biographie de Michaud, dit que Léon le traduisit de l’arabe en italien, en 1526, et que Florius, recteur à Anvers, en publia une traduction latine en 1556.
Nous possédons une édition latine, qui paraît ignorée des bibliographes et qui se termine, ainsi, -folio 302: « hœc sunt
LUS SIÈCLES DE DÉCADENCE. — XVIe, XVII1', XVIIIe SIÈCLES. 311
quæ memoranda et cognitione dig'na, ego Joannes Léo in universa Africa tumvidi, tum observavi, quam penitusomni è& parte circumdedi et quidquid in ea memoratu . dignum obtigit, ut vidi, ita diligenter continue in scripta retuli : et quæ non vidi, à virisfide dignissimis, qui ea conspexerunt, mibi ad plénum declaranda procuravi, ac deinde oceasionem nactus, lias m@as vigilias in uiiuin volumen redegi. liomæ, Anno restitutæ salutis MDXXVI. V. Idus Marti1»
Nous trouvons pareillement ce passage à la lin de l’édition de 1632 par les Elzevir : ou n’y avait pas vh la preuve d’une édition latine à la date de 1526. Nous n’avons vu cette dernière édition citée nulle part.
On trouve dans l’Afrique de Léon plusieurs renseignements relatifs à ses produits naturels et à ses établissem ents scientifiques. Nous nous contenterons seulement de reproduire ce qu’il dit de . la, syphilis et de son. origine.
* Si quis apud Barbaros eo morbo infleiatur, qui g-allicus vulgodicisolet, raro aut nunquam pristinæ redditursanitati, solet autem hic morbus quodam dolore ac tumore priinum prorepere, ac tandem in ulcéra verti. Paucis ad modum toto Atlante, tota Numidia, totaque Lybia hoc uotum est- contagium. Quod si quisquam fuerit qui se eo infectum sentiat, mox in Numidiam aut in Nigritarum regionem proficiscitur, cujus tanta est aeris temperies, ut optimae sauitati restitutus inde in patriam redeat : quod quidem multis accidisse ipse meis vidi oeulis, qui nullo adhibito neque pharmaco neque medico, prœter saluberrimum jam dictum aerem, revaluerant. Hujus mali ne nomen quidem ipsis Africanis antea ea tempora notum fuit, quam Hispaniarum rex Ferdinandus judæos omnes exHispaniaprofligasset, qui ubijam in patriam rediissent, cœperunt miseri quidam Æthiopes cum illorum mulieribus habere commercium, ac- sic tandem velut per manus pestis hæc per totam se sparsit regionem: ita ut sit vix familia, quæ ab hoc malo remansit’ libéra. Id autem sibi firmissime atque ûndubitate persuaserunt, ex Hispania ad illos transmigrasse, quam ob rem et illi morbo ab Hispania malum hispanicum indiderunt. Tunetivero, quem ad modum
et per totam Italiam, morbus Gallicus dicitur. Idem nomen illi in Æg-ypto atque Syria ascribitur. » folio 33.
Les Vies des illustres arabes, philosophes et médecins, au nombre de XXV , ont perdu de leur importance depuis que nous possédons des documents plus riches et plus surs.
Un vocabulaire arabe-hébreu-espagnol existe à l’Escurial, sous le nom de Léon l’Africain.
Il composa quelques autres ouvrages, et lui-même en cite dans sa description de F Afrique.