NOUR EDDIN MOHAMMED CHIRAZY
Nour eddin Chirazy est l’auteur d'un Traité de matière médicale intitulé Alfadh el adouya, qui existe manuscrit au n° 3 de Copenhague.
Il en a été donné une édition à Calcutta en 1793, avec traduction par Gladwin sous ce titre :
Alfaz ool Udwiyah or materia médica, in the Arabie, Persian and hindustanee Languages, compiled by Nooreddin Moohummud Ubdoollah Hiragee, Physician to the empereur Shalijuhan, With an English translation bi Francis Gladwin.
Chah Djihan, père de Dara Chekouh et d’Aurengzeb, vivait dans la première moitié du XVIIe siècle.
Il n’y a pas à douter que l’ Alfadh el Adouia ne soit l’œuvre de Nour eddin Chirazy. Cependant une difficulté nous avait arrêté. Nous trouvons ce livre cité dans le Thobb Dara Chekouh que nous attribuons au même Nour eddin, et dont nous allons parler.
Nous avons passé outre en voyant Nour eddin dans le Dara Chekouh se citer lui-même : Moudjerbat Moulef, Observations de l’auteur.
NOUR EDDIN CHIRAZY ET LE THOBB DARA CHEKODH.
Darah Chekouh, fils de Chah Djilian, était destiné par son père au trône de l’Inde, mais il fut la victime de l’ambitieux Aurengzeb, son frère, et fut mis à mort en 1659. Passionné pour les lettres et les sciences, il les encouragea et les cultiva lui-même. Langlès lui attribue le corps complet de médecine qui porte son nom, dont les proportions rappellent celles du Canon d’Avicenne, et du Khouarezm chah de Djordany, qui n’avaient jamais été égalées.
Avec l’auteur du catalogue persan nous repoussons cette attribution. L’ouvrage lui fut dédié seulement, et il est l’œuvre de Nour eddin Mohammed Abdallah Chirazy.
En raison de son importance, nous croyons devoir entrer dans quelques détails sur ce grand travail, qui ne compte pas moins de 3,422 pages grand in-folio.
Il existe à la Bibliothèque nationale, sous le n° 342 du supplément, en trois volumes d’inégale étendue.
La première feuille du 1er volume fait défaut, destinée sans doute à être illustrée. Dès la deuxième, nous trouvons le nom de Nour eddin Mohammed Abdallah Hakim Aïn el Melek Chirazy.
Dans la préface, nous trouvons la citation d’une quarantaine d’auteurs qui ont été consultés, depuis Hippocrate et Galien, jusqu’aux médecins les plus récents.
Au f° 3, nous lisons encore le nom de Nour eddin.
Après la préface viennent les généralités de la médecine. Au milieu du volume, qui contient environ 300 feuilles, nous sommes en plein dans l’anatomie.
Nous trouvons ensuite les agents naturels, les climats, les habitations, etc., puis les signes des maladies, le pouls, l’urine, les excrétions.
Le 2e volume commence par le régime des exercices et des
aliments. Parallèlement à l’exposé des animaux, nous trouj; vons en marge de nombreuses figures dont le trait est souvent passable, mais dont les couleurs sont fausses. Viennent ensuite les préparations alimentaires, puis les médicaments simples et composés.
I Ce volume contient 617 feuilles.
Le 3* volume ne compte pas moins de 1600 pages.
Il traite tout d’abord des bains, de la saignée et des ventouses.
De grandes figures donnent le trajet des vaisseaux, les lieux à saigner et à ventouser, ainsi qu’à cautériser.
Au folio 50, nous entrons dans la pathologie, qui traite les maladies, de la tête aux pieds. Au fur et à mesure sont données de nombreuses formules, avec l’indication de leurs àuteurs. Au f° 132, nous trouvons la cataracte, traitée seulement par les médicaments, la chirurgie étant très peu représentée dans ce livre.
L’auteur puise aussi dans son expérience personnelle. Ainsi nous lisons: Min moudjerbat Moulef, Moudjerreb Nour eddin Mohammed.
Après les organes et les régions, nous trouvons au f" 418 les affections articulaires, au 435 les fièvres, et du f° 469 à 475 la variole. Ce sont ensuite le phlegmon, le charbon, le cancer et les maladies de la peau.
Au f® 521, nous trouvons la syphilis, nar franguy, ablafranq, atechek, qui occupe une vingtaine de feuilles. Malheureusement, nous ne trouvons guère que des formules nombreuses, parmi lesquelles entre autres substances, nous voyons entrer la squine et l’arsenic. Imad eddin, dont nous avons parlé précédemment, est rappelé comme signalant cette affection inconnue des anciens.
Après quelques autres affections, nous trouvons les luxations et les fractures traitées du f° 561 au f“ 567.
On passe ensuite aux poisons. L’opium est longuement traité.
Au f“ 631, nous trouvons une sorte de monographie, les maladies des enfants et la génération.
Vers 680, il est question de la préparation des simples, cequi rappelle le Liber servitoris d’Abulcasis.
Au f° 718, on trouve la distillation et autres opérations» ■
Tel est ce grand ouvrage, qui est avec le Khouarezm chah ce que la médecine persane a produit de plus étendu. Sa date récente lui donne un intérêt de plus.
HAKIM EZZEMAN.
’ Sous le titre de Massih Hakim Ezzeman, la Bibliothèque de Copenhague possède un Traité sur la conservation de la santé, et le catalogue ajoute qu’il s’agit évidemment du célèbre médecin d’Aurengzeb. Nous n’avons jusqu’à présent pu trouver d’autres renseignements.
Nous croyons devoir rapprocher cet ouvrage, dont l’auteur serait peut-être identique, du suivant qui existe au n” 336 sous le titre Talif cherifi et qui contient un exposé des médicaments de l’Indostan. L’auteur est appelé Hakim Cherif Khan, et dit au service de Mohammed chah.
ALAOUY KHAN.
Mirza Mohammed Hakim, dit Alaouy khan, naquit en 1670 et passa au service d’Aurengzeb, à l’âge de trente ans, en l’année 1700. Ses talents lui valurent des honneurs et des présents extraordinaires, au point qu’on lui donna son pesant d’or et un traitement de 9,000 francs par mois. Nadir chah lui continua les faveurs d’Aurengzeb. Voulant le retenir, alors qu’ Alaouy désirait faire le pèlerinage de la Mekke, Alaouy ne craignit pas de répondre : on ne gagne rien et l’on risque beaucoup à retenir un médecin malgré lui.
Ce voyage de la Mekke est celui dont Abd el Kerim a conservé le récit, dont Langlès a donné la traduction.
Avant sa mort, arrivée en 1749, Alaouy légua sa bibliothèque au public.
Parmi un grand nombre d’ouvrages qu’il aurait laissés, Langlès ne cite que le Djema eddjouami, sorte d’encyclopédie médicale très estimée.
PERSE