DÉCADENCE
PERSE
IMAD EDDIN MAHMOUD CHIRAZY.
MOHAMMED HAMAOUY IEZDY.
MODHAFER BEN MOHAMMED HOSSEINY CHAFAY.
La Bibliothèque de Leyde, sous le n° 1401, et celle de Leipsick sous le n° 267, contiennent un manuscrit persan de Mohammed el Hamaouy dans lequel il est question du café, du thé, du bézoard et de la squine, djoubchini.
L’auteur nous apprend que la squine bien que répandue en Perse au commencement du IXe siècle de l’hégire, 1494 de notre ère, n’avait pas encore fait le sujet d’un livre, sinon de la part de son maître Imad eddin, et on nous dit qu’elle était employée contre la syphilis, Atecheq.
D’autre part, dans l’Acrabadin Chefaï de Modhafer, qui n’est autre que l’original de la pharmacopée persane du frère Ange, nous trouvons, au n° 999, une formule où se trouve la squine, donnée comme de son maître Imad eddin. Le n" 305 est également consacré à une formule contre la syphilis, de la même provenance.
N’ayant pas de données historiques précises sur Imad eddin, nous devons chercher à lui assigner une date en rappelant ce qu’en dit son disciple Mohammed Hamaouy.
Nous lisons donc chez Mohammed Hamaouy que la squine était connue en Perse au commencement du IX8 siècle de l’hégire, et qu’Imad eddin est le premier qui en ait parlé. Le n“ 32 de Copenhague contient un traité de la squine par Mahmoud ben Masoud, qui nous paraît identique avec Imad eddin. Ce même volume contient sur la squine un extrait du Tohfat el Moumenin de Mohammed Moumen, qui nous est donné comme appartenant au XVIe siècle de notre ère. Imad eddin l’ayant devancé dans la mention de la squine, on doit le placer au commencement du XVIe siècle.
Quant à Mohammed Hamaouy, nous ne le connaissons que par l’opuscule sur le thé, le bézoard, le café et la squine. Cet écrit, où sont mentionnées en partie pour la première
fois trois substances aussi importantes que le thé, le café et lasquine, nous paraît recommander suffisamment le nom de Mohammed Hamaouy, pour qu’il soit tiré de l’oubli.
Quant à Modhafer ben Mohammed Hosseiny Chafaï, nous avons de lui, dans les Bibliothèques de Paris et de Copenhague, un traité intitulé Acrdbadin Chefaï qui est un formulaire, où les médicaments composés sont traités par ordre alphabétique. Ce formulaire n’est autre chose que l’original persan dont la traduction latine a été publiée sous le titre de Pharmacopea persica par le père Ange de St-Joseph. Comme nous devons parler plus tard de cette traduction, nous n’en dirons pas davantage ici sur l’Acrabadin Chefaï.
L’Acrabadin Chefaï existe aussi à Munich, n° 343.
MOHAMMED MOUMEN HOSSEINY, DIT THABIB MODMENA. !t?fl
Il nous est connu par un traité qui porte le titre de Tohfat el Moumenin, et qui existe à Paris, à Leyde, à Copenhague et à Munich, nos341 et 342. Ce dernier Ms. nous donne les renseignements suivants : Mohammed acheva ce livre, que son père Mir Muhr ezzeman Tin Kobeti Deilemi avait commencé dans le XVIe siècle de notre ère, d’après les écrits des Arabes et des Indiens, mais surtout d’après l’Iktiarat Bediaï (de Zein el Attar). L’ouvrage était dédié à un prince de Delhi auquel l’auteur devait de la reconnaissance.
Le Tohfat el Moumenin, Présent aux musulmans, est un traité des médicaments simples et composés. On y voit avec un certain étonnement un grand nombre de termes berbères empruntés nécessairement à Ebn el Beithâr et de termes grecs. Parmi les premiers, nous citerons l’Athrilal, Ptycotis verticillata, l’Amliles, Rhammus alaterna, le Tasemmoumt, Oxalis acetosella. Parmi les seconds, le nymphéa, l’ammi, la vigne ounouforos; les sauterelles, aorides ; le colchique> efemeron. Nous pensons que cet ouvrage est le même que M. Schlimmer cite sous le nom de Tohfa comme actuellement, consulté en Perse. Nous avons vu qu’il parle aussi de la squine. Le Tohfat el Moumenin a été imprimé à Delhy en
FÉRICIITAH.
Mohammed Cassem Férichtah, l’historien de l’Inde, qui vivait anXVII8 siècle de notre ère, cultivait aussi la médecine. La Bibliothèque de Copenhague possède de lui, sous le n° 22, un traité de médecine intitulé Destour el athibba. Règle des médecins, ouvrage pour lequel l’auteur dit avoir surtout consulté les Indiens. Il est divisé en introduction, trois chapitres et un épilogue.
Dans l’introduction, il est question des éléments, des humeurs, etc.
Le premier livre traite des médicaments simples et des aliments. Le deuxième de médicaments composés.
Le troisième du traitement.
L’épilogue traite des condiments.