‹ Histoire de la médecine arabe (volume 2)Chapitre 143 sur 239 · PIATO TIBURTINUS, PLATON DE TIBUR OU DE TIVOLI · texte numérisé non relu

PIATO TIBURTINUS, PLATON DE TIBUR OU DE TIVOLI

Nous manquons de renseignements sur Platon de Tibur. Ce que nous savons positivement toutefois, c’est qu’il vécut au commencement du XIIe siècle, une de ses traductions étant datée de l’an 1116.

L’auteur de sa notice, dans la biographie Didot, suppose que le nom sous lequel il est connu pourrait bien être un pseudonyme, vu la singularité du nom de Platon pour un Italien.

M. Boncompagni a fait de ses écrits l’objet d’un mémoire, assez étendu, mais il n’a pas soulevé le voile qui couvre sa personne.

Platon de Tibur méritait mieux, et nous en trouvons la preuve dans l’intéressante préface qui accompagne sa traduction d’El Batany.

De même que Gérard de Crémone, il souffre de la pauvreté de la littérature latine en matière d’astronomie. Tout comme Gérard, il avait songé à l’Almageste, mais il a préféré s’adresser à l’abrégé qu’en a fait El Batany. Autre ressemblance avec Gérard : il paraît avoir quitté son pays, si tant est qu’il est natif de Tibur, pour aller chercher la science en Espagne, car nous trouvons de ses traductions datées de Barcelone.

Platon de Tibur est donc le premier soldat de cettre croisade, où Gérard de Crémone brille au premier rang-, où l’on devait voir des hommes avides de science, accourir de tous les points de l’Europe et se partag-er en Espagne les dépouilles scientifiques des Arabes. Entré le premier dans la lice, il a droit à l’indulgence, et il ne faut pas trop appuyer, sur les reproches de barbarie que l’on a faits à ses traductions.

Les traductions de Platon de Tibur s’adressent particulièrement aux sciences mathématiques et astronomiques. L’une d’elles est faite d’après l’hébreu, et Jes autres d’après l’arabe. On en donne encore une douteuse d’après le grec. Nous commencerons par les six traductions d’après l’arabe.

1" La traduction d’El Batany débute ainsi : Incipit liber •) Maeliometi filii Gebir filii cineni fl) in numeris stellarum et in locis motuum earum, continens 57 capitula.

Nous allons entrer dans de nouveaux détails sur sa préface . Il se plaint que l’on néglige les affaires sérieuses. Les Romains, heureux dans les guerres et les conquêtes, dédaignèrent la science. Bien que l’on ose comparer les Latins aux Grecs, ils leur sont de beaucoup inférieurs, ainsi qu’aux Egyptiens et aux Arabes. Les Latins n’ont en astronomie aucun écrit original ni traduit, tandis que l’on en trouve d’innombrables chez les autres nations, oc C’est pour cela que moi, Platon de Tibur, j’ai voulu combler les lacunes de notre littérature en puisant dans les trésors d’une autre langue,

Après de longues réflexions, il avait songé à l'Almageste, l’ouvrage le plus parfait, mais il a préféré celui d’El Batany, son imitateur, qui abrège les longueurs de Ptolémée, qui Ptolemei prolixitatem coinpendiose coarctat. Il prévient enfin que si l’on éprouve des difficultés en lisant sa traduction, il faut l’attribuer non pas au traducteur, mais à la gravité de la matière ; l’ouvrage, du reste, ne s’adressant pas à des commençants.

(1) C’est à tort que certains Mss. et les imprimés donnent filins crueni. On lit très bien dans le n° 7266 : Liber Maehometi filii gebir filii cineni gui vocatur El Baleni, ce qui répond à l’arabe Mohammed ben Djaber ben Sinan el Batany.

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