PLATON
La traduction d’El Batany fut plusieurs fois imprimée.
Nous citerons, d’après M. Boncompagni, les éditions de Nuremberg en 1537, de Bologne en 1645, et d’après Fabricius celle de Venise en 1552. Dans l’édition de Bologne, l’éditeur parle du style, semi-barbare de Platon de Tibur. M. Boncompagni cite Halley, Bailly et Delambre, qui se plaignent que le traducteur n’entende guère mieux l’astronomie que l’arabe.
2° Liber Capitulorum ou Capitula stellarum.
Ç’est un opuscule d’astrologie, qui ne contient dans les Mss. que deux ou trois feuilles. Telle est la forme sous laquelle le titre se présente le plus communément : Capitula stellarum oblata régi Magno Saracenorum Almansor astrologo filio abrae (judei) a Tibur tino Platon e translata, ün trouve encore : Almansoris judicia seu propositiones.
Le premier titre ne se présente pas toujours ainsi, et l’on trouve Almansoris, ad Almansorem, ab Almansore, d’où il résulte que cet Almansour paraît tantôt le nom du prince, et tantôt celui cle l’auteur.
Dans la première hypothèse, en admettant qu’il s’agisse du Calife Almansour, qui protégea effectivement les études astronomiques, on pourrait admettre pour auteur Elfazzary, qui portait les noms de Mohammed ben Ibrahim, n’était cette qualification judei. Rien ne nous dit qn’Elfazzary fût le fils d’un juif.
En admettant Almansor comme le nom de l’auteur, nous ne sommes pas moins embarrassé. M. .Boncompagni le considère, sans preuve du reste, comme identique avec Almaoun, sur lequel nous ne trouvons que des renseignements contradictoires.
Quoi qu’il en soit, nous allons donner un échantillon de la prose dite barbare de Platon de Tibur. On lit d’abord:
Mi rex, petisti ut tuis satisfaciam votis. Laborem ne quaquam subire recusavi. Scripsi œquo animo, accipias' quœso. Fortius testimonium est ictisal lune ad planetam...
Algebutar fortior est...
Cumfuerit Jupiter in Ariete directus absque malo aspectu
fortunarum dabit fortitudinem et regnum in quo uulla flet injustitia.
On voit que Platon de Tibur est obligé de conserver des expressions arabes, dont il ignore les équivalents latins. 1
Nous ne pouvons omettre son curieux explicit:
Perfectus est liber capitulorum Almansor cum Dei auxilio translatas de arabico in latinum a Platane Tiburtino quem Deus exaltet, in civitate Barcbinonia, anno Arabum DXXX octava décima die mensis dulhigida, sole in virgine I. V, luna in ariete XV, XVI (1).
Cet opuscule a été imprimé, et M. Boncompagni en a relaté les éditions.
3° Les Sphériques de Théodose.
Pour cette traduction, nous devons nous en rapporter à1 M. Boncompagni, n’ayant pas trouvé le nom de Platon de Tibur accolé à la traduction des Sphériques dans les Mss. de Paris. Cëtte traduction a été imprimée à Venise en 1518 et à Paris, en 1558. M. Boncompagni transcrit un passage de ' cette dernière, en forme d’avertissement.
« Cum enim sphericam doctrinam appeterent, nec haberent ut opinor, grecum exemplar, ad arabicam versionem confugerunt, et Theodosium qui grece scfipserat, non e greco et genuino fonte sed ex arabico et alieno in latinum verterunt. Imo etiam eam versionem annis ab hinc 40 Venetiis excuderunt, quam a Platone Tiburtino factam fuisse asseverat auctor de speculis ustoriis, quiquis ille sit. Atqui si quis ' Theodosium ex arabico versum et Venetiis excusum cum greco conférât, incredibile discrimen non modo facilitatis sed etiam brevitatis inveniet... »
M. Boncompagni cite quelques recueils où se trouvent les Sphériques, mais sans que l’on y rencontre le nom de Platon. Nous savons que Gérard de Crémone traduisit de Théodose les Sphériques et les Lieux habités.
4» Le Tetrabiblon de Ptolémée, ou Liber alarba.
Cette version se rencontre dans le n» 7320 du fonds latin de Paris sous cette forme :
(1) C’est par erreur qu’on lit parfois la date M D XXX.