ALFRED DIT. L* ANGLAIS
du XIIIe siècle qui ont mis à profit le Livre des végétaux, il faut citer Vincent de Beauvais, dont le Spéculum., où le livre des végétaux est largement mis à contribution, fut achevé en l’année 1259. Il faudrait donc admettre que la traduction du livre des végétaux fut achevée quelque temps avant cette époque. Et l’on nous dit qu’ Alfred florissait en l’année 1270.
Ne pouvant concilier tous ces faits, Meyer, dans l’édition qu'il a donnée du Traité des végétaux, ne voit pas d’autre issue que d’admettre deux Alfred (et naturellement deux Roger) qui auront été confondus par les historiens.
Sprengel, dans son Histoire de la botanique, I. 281, n’a connu Alfred que d’après Fabricius, et ne sait s’il est identique avec un autre Alfred qui vivait au Xe siècle.
Quoi qu’il en soit, et nous avouons ne pouvoir trancher la difficulté d’après les documents actuellement à notre disposition, il est incontestable que la traduction d’Alfred se fit d’après l’arabe. A défaut de témoignage formel, les noms grecs défigurés, les épaves de locutions* arabes suffiraient pour établir son origine.
Il est un fait que Jourdain a relevé, c'est que le texte grec publié par Duval n’est pas le texte primitif, mais une traduction faite d’après la version arabe latine.
Jourdain pense que « la critique à laquelle Roger Bacon se livre à propos du Belinum prouve que l’auteur exécuta sa traduction en Espagne. » Le mot belinum (1), que l’on rencontre avec étonnement dans la traduction d’Alfred, correspond au Lebakh des Arabes, le Persea des Grecs, que l’on dit perdre ses propriétés toxiques par la transplantation. Jourdain avoue qu’il ne saurait se rendre compte de cette altération, c’est-à-dire du lebakh transformé au point que Roger Bacon a pu le rendre par jusquiame. Cela nous paraît cependant facile à expliquer. Il suffit d’écrire en arabe le mot lebakh avec l’article, et pour peu que l’on abaisse la saillie du second lam et que l’on déplace les points diacritiques, on pourra lire bendj la jusquiame, au lieu de
(1) L’arabe ellebakh se dégrade facilement de manière à être lu belenum.
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lebakli. (1) Nous avons tenu h relever ce fait qui semble indiquer dans Roger Bacon une certaine connaissance au moins de l’écriture arabe.
Jourdain parle aussi de la connaissance qu’ Albert a eue de cette traduction. Il en a signalé les défectuosités, qu’il attribue à l’impéritie des traducteurs, ce qui a fait croire qu’ Albert était l’auteur de cette traduction.
Le livre des Plantes a été édité à Leipsick en 1841, par Meyer, l’auteur de l’Histoire de la botanique, qui l’a enriclii d’une traduction et de notes savantes. Il eut toutefois gagné à connaître davantage l’arabe, et à prendre connaissance des manuscrits.
Les historiens, ainsi que nous l’avons vu, attribuent à Alfred un livre sur les Plantes d’Aristote. Il semblerait que ce soit ici un ouvrage différent du précédent. Nous le trouvons, en effet, dans le n° 14,700, ancien 32 St-Victor, sous ce titre : Commentum Alvredi super librum Aristotelis de Yegetabilibus.
Il va du f° 391 au f° 394. Ce qui nous le fait considérer comme un ouvrage à part, c’est que la fin diffère du précédent.
Le livre des Météores, on ne nous dit pas si c’est un commentaire ou une traduction, se trouve au n° 6514 de la B. nationale sous ce titre : Liber Metheoraurum Alfredi philosophi 1 (2)
(1) Il est une autre altération de nom propre, au sujet de laquelle Jourdain n’a pas été plus heureux. Il s’agit d’Empédoele, qui figure dans la traduction d’Alfred sous la forme d 'Abrucalis ou Abrucatus. Eh bien, qu’on écrive le mot Empédocle en arabe, et on verra qu’il est facile de le dégrader promptement au point qu’on soit obligé de le lire Abrucalis. Il suffit de supprimer le noun, n, et de donner au dal, d, une forme qui se confonde avec celle du Ra, r, et l’on est obligé de lire Abrucalis. Jourdain, pour n’avoir pas songé à cela, s’est rabattu sur Proclus, qui n’a rien à voir ici.
(2) Il y a cependant une réserve à faire à propos de cet ouvrage. Jourdain admet comme nous qu’il s’agit ici d’Alfred, mais Jourdain n’a pas lu ce qui suit cet énoncé. D’abord, on pourrait, comme le remarque Jourdain, lire : Alphidii et ensuite prendre ce personnage comme auteur d’un traité d’alchimie qui suit, et qui a échappé à
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Le livre De motu cordis se trouve au n“ 10,613, ancien 1703. Il est compris entre les folios 68 et 90, et se termine ainsi: Explicit liber magistri Alvredi de motu cordis. Cet ouvrage, divisé en 16 chapitres, n’est que le reflet des doctrines anciennes.