‹ Histoire de la médecine arabe (volume 2)Chapitre 185 sur 239 · ALFRED DIT L’ANGLAIS, LE PHILOSOPHE, OU DE SARCIIEL · texte numérisé non relu

ALFRED DIT L’ANGLAIS, LE PHILOSOPHE, OU DE SARCIIEL

Le personnage d’Alfred soulève quelques difficultés.

D’une part, ses biographes nous le donnent comme appartenant au XIII* siècle, de l’autre, des faits consignés dans les écrits qui lui sont attribués sembleraient le rattacher au XII».

Voici, en somme, ce qu’on lit dans Pits. Alfred était un homme versé dans toutes les sciences et la philosophie, et très habile dans les langues. Après de solides études dans son pays, il fréquenta les plus célèbres écoles de France et d’Italie, où il se perfectionna. Bacon le compte parmi les bons interprètes. Il se rendit ensuite à Rome, où le Pape Urbain 17 le chargea d’accompagner dans une mission en Angleterre, le cardinal Ottoboni, et cela en raison de sa prudence et de son savoir.

Tels sont ses écrits.

In Boetium de consolatione philosophiæ.

fl) Cet opuscule est imprimé dans le recueil dit Articella, Lugd.

In meteora Aristotelis.

In eumdem de Vegetabilibus.

De naturis rerum.

De musica.

De motu cordis.

De educatione accipitrum.

Il florissait en 1270.

La notice de Bâle n’ajoute rien d’important à ce récit. '*

Notons que le pape Uçbain IV siégeait de 1261 à 1264.

Alfred est surtout connu par sa traduction de l’arabe du traité des Plantes, attribué soit à Aristote, soit h Nicolas de Damas. Cet ouvrage est dédié à l’un de ses amis, que certains Mss. désignent simplement par l’initiale R, et que d’autres désignent en toute lettre, Rogere, ainsi le Mss. n“ 6323 de la B. nationale. Jourdain y a vu Roger de Hereford, et comme Roger de Hereford vivait un siècle auparavant, il n’a pas craint de taxer Pits d’erreur.

Nous n’avons pas rencontré dans les Mss. ce nom de Roger de Hereford, et nous ignorons si c’est par induction que Jourdain l’a adopté. Mais nous avons un renseignement qui paraît avoir échappé à Jourdain. Il est consigné dans le Ms. n° 16,097, ancien 954, qui contient un commentaire de Pierre d’Auvergne sur ce même livre des Végétaux traduit par Alfred. C’est l’habitude, dit Pierre d’Auvergne, chez les anciens traducteurs, de commencer par un prologue. -C’est ainsi qu’Alfred, Alvaredus, s'est comporté à propos de ce livre, qu’il a traduit de l’arabe en latin, et auquel il a fait quelques additions motivées par le génie différent des deux langues. Il le dédie à l’un de ses plus chers amis, Roger, enfant de l’Irlande, puerdehebardia ? Quelle que soitla valeur de ce mot que nous avons rendu par Irlande, qu’il soit altéré, nous avons de la peine à croire que l’on puisse y voir Roger de Hereford, à moins qu'on ne veuille admettre une altération.

Pour notre part, nous croyons qu’il est difficile, d’après ce seul document, d’admettre que l’ami d’Alfred soit bien réellement Roger de Hereford.

Il est encore une autre petite difficulté. Parmi les écrivains

Page 1