‹ Histoire de la médecine arabe (volume 2)Chapitre 192 sur 239 · ÉTIENNE D’ANTIOCHE · texte numérisé non relu

ÉTIENNE D’ANTIOCHE

Les quelques renseignements que nous avons sur lui sont tirés de la traduction qu’il nous a laissée et qui date du commencement du XIIe siècle. Il nous apprend qu’il habitait Antioche, et qu’il cultivait la philosophie.

Tel est le prologue de cette traduction : Prologus Stephani philosophiæ discipuli in libro qui dicitur Regalis dispositio. Nous lisons à la fin : Finit sermo quintus secundæ partis Libri completi artis medicinæ qui dicitur Regalis dispositio, quem sapientissimus Haly filius Abbas discipulus Abi Meher Moysi filii seiar composait. Ipsum autem ex arabico in latinum transtulit sermonem Stephanus philosophiæ discipulus in Antiochia, Anno domini passionis 1127.

On voit que le titre du Maleky, le royal, d’Aly ben el Abbas, n’est pas strictement rendu.

Nous savons déjà que le Maleky avait été traduit par Constantin, qui publia sa traduction sous le titre de Pantegni , sans en déclarer la provenance.

Nous avons comparé les deux traductions et nous y avons trouvé des différences, des suppressions, des transpositions, des additions, etc.

Dès le début se présente une dissemblance très notable.

Constantin a mutilé le remarquable morceau d’introduction, où l’auteur, passant en revue les plus illustres de ses devanciers, signale les défauts ou les lacunes de leurs ouvrages, ce qui l’a engagé à composer un traité complet et méthodique de la science médicale.

Pour mieux faire ressortir cette mutilation et le plagiat de Constantin, sous le nom duquel se produisit le Pantegni,

Daremberg a mis en regard les deux traductions. (Archives des Missions scientifiques), sans donner toutefois ce morceau intégralement.

La revue historique d’Aly ben el Abbas fait défaut dans le Pantegni. Par contre Constantin ajoute de son cru la liste des XVI livres dé Galien, arrangés pour l’enseignement par les Alexandrins.

Si l’on compare les deux traductions au point de vue de . leur valeur, on est conduit à donner la préférence à celle de Constantin.

Dans les passages reproduits par Daremberg, on peut déjà signaler des fautes dans la traduction d’Etienne. Aly ben Abbas dit Hippocrate le prince, imam, de la science. Etienne s’est mépris sur ce mot, et rend ainsi la phrase où. il se trouve : Hippocras qui ante hanc artem fuisse perhibetur. Constantin dit simplement mais plus justement : Hippocratem in hac arte maximum.

Un peu plus loin on s’étonne de voir l’Irak et la Perse rendus dans Etienne par Harac et Feresie.

Les termes techniques sont mieux rendus par Constantin. On remarque particulièrement de meilleurs équivalents à propos des médicaments simples, on ne doit pas s’en étonner. Constantin devait mieux posséder l’arabe qu’Etienne. Il était au Mont-Cassin dans de meilleures conditions qu’à Antioche. Enfin la médecine avait été l’oceupation de sa vie.

La Regalis dispositio fut imprimée à Venise en 1492, et à Lyon en 1623.

PHILIPPE DE TKIPOLI.

Nous n’avons pu trouver de renseignement sur Philippe de Tripoli que dans la traduction qui nous est restée sous son nom. Cette traduction porte sur un ouvrage qui jouit au moyen âge d’une certaine vogue, expliquée par le nom d’Aristote sous lequel il est donné et qu’il ne mérite pas de porter.

Tel est l’incipit qui se trouve au n° 6586 du fonds latin : Ineipit liber moralium de regimine dominorum, in alio nomine

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