‹ Histoire de la médecine arabe (volume 2)Chapitre 193 sur 239 · PHILIPPE · texte numérisé non relu

PHILIPPE

TIUPOLI.

(licitur secretum secretorum, sive de instruction e nobiliurn, editus ab Aristotele, ad Alexandrum discipulum missus, qui translatas fuit de lingua arabica in latinam.

L’original arabe se trouve au n° 944 de Paris, et tel en est le titre : Kitab essiassa fi tedbir erriassa el marouf bisirr el Asrar, Livre de politique sur le régime des souverains, connu sous le nom de Secret des secrets.

Cette traduction est adressée à Guy de Valence, évêque de Tripoli, et telle est la forme de cette dédicace :

Domino suo excellentissimo et in cultu religionis strenuissimo Guidoni de Valencia, civitatis Tripolis glorioso pontifici, Pbilippus suorum minimus clericorum se ipsum et fidele devotionis obsequium.

Philippe faisait donc partie du clergé de Tripoli.

Jourdain pense qu’il était antérieur au XIII0 siècle. D’une part il est cité par St-Thomas, Roger Bacon et plusieurs autres savants de cet âge. De l’autre, Jourdain pense que l’on peut reconnaître Guy de Valence dans un document daté de

La dédicace de Philippe fait avec emphase l’éloge du prélat : Vobis soli videtur cunctarum scientiarum dona contulisse. In vos namque reperiuntur sanctorum gratiæ univer sæ. P.

C’est à Antioche que Philippe, se trouvant avec Guÿ'de Valence, fit la rencontre de ce qu’il appelle une perle très précieuse, très rare chez les Arabes, et dont son évêque lui conseillala traduction. Philippe raconte ensuite comment ce livre fut rencontré chez le prêtre d’un temple d’Esculape par Jean fils de Patrice, qui le traduisit d’abord en chaldéen, puis en arabe.

Cette découverte est pareillement exposée dans .le texte arabe, Ms. précité, d’où Philippe l’a tirée. Seulement Iahya ben Bathrik dit avoir traduit d’abord cet ouvrage en latin, roumy, puis en arabe.

Dans la traduction, tout comme dans le texte, lé traité du Secret des secrets est divisé en dix chapitres.

Les premiers traitent de la morale. On en rencontre ensuite qui parlent d’hygiène et de médecine.. Enfin les derniers

s’occupent de politique, ainsi du choix d’un secrétaire, de l’art de la guerre, etc. On comprend ainsi le titre latin.

Nous avons déjà vu que Jean de Séville traduisit la partie de cet ouvrage qui traite particulièrement de la médecine à l’adresse d’une reine d’Espagne. Le Ms. arabe n° 944 faisait également partie de la bibliothèque d’un souverain.

En somme, .le Secret des secrets est justement considéré comme aprocryphe et ne mérite pas de porter le nom d’Aristote.

D’autres écrits attribués à Philippe sont considérés par Jourdain comme un dédoublement ou un extrait du Secret des secrets.

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