‹ Histoire de la médecine arabe (volume 2)Chapitre 212 sur 239 · ALPHONSE BONHOMME · texte numérisé non relu

ALPHONSE BONHOMME

cite généralement qu’une. La plus connue est la lettre de Samuel.

1° Qu’était-ce que Samuel ? Disons d’abord que le catalogue du British Muséum l’a confondu avec un autre Samuel qui était également un juif sorti du Magreb, qui abandonna sa religion mais pour se faire musulman, et écrivit aussi contre ses anciens coreligionnaires. Nous en avons parlé à la page 12. Cette confusion n’a pas empêché de consacrer un article à notre Samuel. Voyez page 2436 et 2441.

Samuel était un juif originaire de Fez, qui vint en Espagne et se convertit au christianisme vers l’époque de 1a, prise de Tolède par les chrétiens, c’est-à-dire vers la fin du XIe siècle. Il n’était encore que catéchumène, quand il écrivit au rabbin Isaac, chef de la synagogue de Sedjelmesse, une lettre contre le judaïsme. Il écrivait, dit-il lüi-mème, mille ans après la prise de Jérusalem. Nous nous en tiendrons à cette date sommaire sans chercher à relever les dates contradictoires que l’on trouve tant dans les imprimés que dans les manuscrits. Cette lettre, dit Alphonse Bonhomme fut à dessein tenue secrète par les juifs, et ce ne fut que deux à trois siècles après qu’elle lui tomba entre les mains.

La traduction d’Alphonse porte différents titres. Le plus simple est Epistola R. Samuelis ad R. Isaac. Dans d’autres on mentionne l’origine de Samuel, l’origine du rabbin Isaac et sa qualité de chef de la synagogue de Sedjelmesse, enfin le but de la lettre, qui est surtout de leur démontrer que c’est en vain qu’ils attendent encore le Messie.

Cette lettre a été imprimée. Quétif et Echard en ont mentionné cinq éditions sous différents titres.

Alphonse Bonhomme a dédié sa traduction à Hugues, chef des Prêcheurs. Dans cette dédicace, il ‘dit qu’il n’a pas voulu tirer ses citations de la Bible dans la version de Saint- Jérôme, mais qu’il s’est borné à traduire en latin l’arabe de Samuel, afin que les juifs ne puissent pas dire qu’il a altéré ces citations à son avantage. H semblerait qu’Alphonse ait été déjà précédé dans la traduction de l’épître de Samuel, ou qu'il en fit alors une seconde édition, attendu que nous lisons dans cette dédicace: Nova translatio.

2° Controverse de Samuel et d’Abou Taleb.

Une fois converti, dit Antonio dans sa Bibliothèque espagnole, Samuel eut occasion de retourner au Maroc, et là il eut .une controverse avec un personnage important du nom d’Abou Taleb. Le récit de cette discussion nous a été conservé. Il existe à la Bibliothèque Bodléienne, au n” 8175, tome II, 1" partie, sous ce titre : Disputatio Abucalis sarraceni et Samuelis judæi, quæ fides prœcellit, an Christianorum, an Sarracenorum, vel judeorum, translata per Alphonsum de arabico in latinum.

Quétif et Echard ne doutent pas que cet Alphonse ne soit ’ Alphonse Bonhomme, n’en connaissant pas d’autre du même nom qui pût revendiquer cette traduction. Ils ajoutent alors qu’ Alphonse Bonhomme fut nommé évêque de Maroc, en 1343, par Clément YI.

3° Lettre d’un sarrasin à un chrétien, et réponse du chrétien au sarrasin.

Tel est le titre latin : Sarraceni Christianum ad suam sectam invitantis, et Christiani eidem sinceram fidem persuadentis epistolæ.

Nous n’avons pas trouvé le nom d’Alphonse formellement attaché à cette traduction, mais nous la trouvons groupée avec une des deux précédentes, au n°3649, sous le nom d’Alphonse. Nous pensons que ce nom, qui suit la lettre de Samuel, donnée en second lieu, doit s’appliquer aussi à l’écrit qui la précède dans un titre collectif.

Il nous est impossible de déchiffrer le nom du musulman avec lequel fut engagée cette controverse ; sous le nom d’Elchesini fllius al ahabet, à peine peut-on tirer le nom d’El Gassem. Nous ne sommes pas plus heureux avec le nom du prince sous lequel elle eut lieu : Abdallah Hebeniemu émir al Mouminin.

Un fait curieux à relever c’est que les deux adversaires étaient liés d’amitié, tous deux hommes savants et respectés, et même le chrétien nous est donné comme attaché au service de l’émir El Moumenin.

Le sarrazin commença, et le chrétien lui répondits

L’émir eut connaissance de ces lettres. Il fit comparaître

devant lui leurs auteurs, et leur en ordonna la lecture.

Cette lecture terminée, le prince dit au musulman : Tu as eu tort d'engager cette controverse avec lui. Tu sais que c’est un lioinme savant et habile; et nous n’avons rien à lui répondre.

Ces deux lettres portent le cachet de la courtoisie. Elles rappellent la correspondance de Saint Augustin avec le philosophe Maxime de Madaure. Il y a loin de là au fanatisme de Jean de Gorze.

Traduction du Persan.

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