‹ Histoire de la médecine arabe (volume 2)Chapitre 234 sur 239 · SEND BEN ALY · texte numérisé non relu

SEND BEN ALY

C’était un juif, qui se convertit sous l’influence d’El Mâmoun. Entre autres ouvrages de mathématiques et d’astronomie il publia des commentaires sur les IX premiers livres puis sur le Xe des Éléments. Nous croyons devoir lui rapporter cette traduction de Gérard de Crémone: Liber Judei super X Euclidis. Elle existe peut-être au n° 7377.

ABOUL ABBAS FADBX BEN HATEM ENNAÏRIZY.

Mathématicien et astronome, il vivait sur la fin du IX» siècle de notre ère, et dédia un de ses écrits au Khalife

Mothaded. Il est auteur d’un commentaire sur Euclide, que nous croyons reconnaître dans la traduction de Gérard, intitulée : Liber Anaritii super Euclidem.

Jusqu’à présent, nous n’avons pas rencontré cette traduction dans les catalogues de nos collections européennes.

ALFERGANY.

Ahmed ben Mohammed ben Ketsir, dit el Fergany, du nom de Fergana, ville de la Transoniane où il naquit, vivait du temps d’El Mâmoun, c’est-à-dire dans la première moitié du IX' siècle de notre ère.

Le Kitab el hokama le donne comme un des astronomes d’El Mâmoun, et se borne à dire que son introduction à la science astronomique est un ouvrage d’un petit volume et d’une grande utilité. G’est le même ouvrage qui a eu en Occident l’iionneur de plusieurs éditions successives, sous des titres divers.

Nous en avons déjà suffisamment parlé à propos des traductions de Jean de Séville et de Gérard de Crémone. Nous rappellerons seulement ici que la première porte le titre Liber in scientia astrorum et radicibus motuum celestium, et la seconde Liber de aggregationibus scientiœ stellarum etprincipiis cœlestium motuum.

La traduction de Gérard n’a pas été connue par Delambre. La traduction de Jean de Séville a été imprimée sous ce titre: Brevis ac. perutilis compilatio Alfragani, d’abord à Ferrare en 1493, ensuite à Norimberg en 1537, puis à Paris en 1546 sous le titre: Alfragani compendium.

En 1590, Christmann en publia une édition libre et remaniée d’après une version hébraïque, à Francfort, sous ce titre : Muhammedis Alfragani Arabis Eleinenta chronologica et astronomica. Une édition nouvelle parut à Francfort en

En 1669, Golius publia le texte et la traduction sous ce titre : Muhammedis filii Ketiri Ferganensis, qui vulgo Alfraganus dicitur, Elementa astronomica, arabice et latine. Amstelodami.

ALBUMASAR. 519

Voyez, pour plus de détails sur les Mas., le travail de Wœpke, dans le Journal asiatique de 1862.

ALBUMASAR.

Djafar ben Mohammed ben Omar el Balkhy, surnommé Abou Mâchar, d’où nous avons fait Àlbumasar, naquit à Balkh et mourut centenaire à Ouasith, en l’année 272 de l’hégire, 885 de notre ère.

Nous connaissons, par le Kitab el hokama, les titres d’une quarantaine de ses ouvrages, embrassant l’astronomie, la chronologie, l’astrologie, la météorologie, la divination par les songes, etc.

Comme le fait observer M. Reinaud, dans son Introduction à la géographie des Orientaux, Albumasar vaut mieux que la renommée qu'il a laissée chez nous, qui ne connaissons guère de lui que la partie astrologique de ses écrits. Il s’était initié aux doctrines mathématiques des Persans et des Indiens, on dit même qu’il pénétra jusqu’au Gange. Ses tables astronomiques, calculées d’après ses propres observations, ne nous sont point parvenues.

Plusieurs ouvrages d’ Albumasar ont été traduits en latin. On trouve notamment les suivants à la Bibliothèque nationale :

Flores de judiciis annorum.

Liber experimentorum.

De revolutionibus ânnorum.

De revolutionibus nativitatum.

De occultis.

Demagnis conjunctionibus.

Liber Imbrium.

Major introductorius in magisterio scientiæ astrorum, traduit de l’arabe en latin, par Jean de Séville.

Ce dernierse trouve notamment au n° 16,204. Dans le même Ms. est le Liber conjunctionum, où nous lisons à l’explicit : Cum laude Dei et ejus auxilio et Dei maledictio sit super Mahometum et super socios ejus.

On a imprimé Flores astrologiæ, De mag'nis conjunctionibus, Introductorius in astronomiam.

Albumazar a été traduit en grec. Il existe à Paris ses traités des songes, n° 2427 et son commentaire du Tétrabiblon, n° 2504 du fonds grec.

ALBATANY.

Moliammed ben Djaber ben Sinan naquit à Batan, d’où son surnom d’Fd Batany, vulgairement Albatenius. Il mourut en 317 de l’hégire (929) d’après le Kitab el bokama.

C’est un des astronomes arabes qui acquirent le plus de célébrité chez nous. M. Sédillot dit qu’on a exagéré ses découvertes en mathématiques et en astronomie, faute d’avoir connu ses devanciers. Il lui attribue dans l’astronomie arabe la position de Ptolémée dans l’astronomie grecque.

Tel est le plus connu de ses ouvrages :

De motibus celestium corporum, traduit par Platon de Tibur.

La traduction de son Centiloquium est anonyme.

On connaît encore une traduction espagnole, commandée par Alphonse : Libro de los Canones de Albateni.

Nous citerons, d’après Delalande, les éditions suivantes :

Le Centiloquium avec celui d’Hermès et de Ptolémée,

Bethen arabis astronomi opuscula, même année»

De motu stellarum, avec Alfragan, 1537.

AHMED BEN IOUSEF.

Cet auteur, dont nous possédons deux ouvrages traduits par Gérard de Crémone, soulève quelques difficultés:

L’une de ces traductions, qui existe au n° 1256 de la Mazarine, porte le nom d’ Ahmed ben Moysis, ce qui ne pourrait convenir qu’à, l’un des fils de Moussa ben Chaker. Malheureusement, nous ne trouvons pas, dans la nomenclature des écrits d’ Ahmed ben Moussa, ce dont il est question ici; Une

ABOU OSTMAN.

seule autorité ne peut prévaloir contre plusieurs autres, d’autant plus que les noms Ahmed ben Iousef se trouvent dans l’une et l’autre de ces traductions. On pourrait dire, il est vrai, qu’elles sont l’œuvre d’un même traducteur, cependant il serait étrange que les deux Mss. sur lesquels il a opéré se soient ainsi rencontrés.

Quel peut être cet Ahmed ben Iousef ? Le Kitab el hokama (Casiri, I. 372) parle bien d’un Ahmed ben Yousef d’une époque et d’un pays inconnus, commentateur de Ptolémée et astrologue, qui dut nécessairement s’occuper de mathématiques. Mais cet Ahmed a pour prénoms Aboul Abbas, et le Ms. 9335 donne Abou Djafar, de sorte que l’identité ne paraît guère admissible.

Tels sontces écrits : De arcubus similibus n°s 9335 et 11,247.

De proportione et proportionalitate nos 7377 b et 1256 de la Mazarine.

Nous nous arrêterons sur ce dernier, celui qui porte ben Moysis, tant au commencement du prologue, qu’au commencement du livre.

Tel est le début de l’ouvrage. Incipiamus ergo loqui de proportione et afferamus diffinitionem in libro Euclidis (le Ve cb.) inventam, etc.

L’auteur s’arrête d’abord sur la définition d’Euclide, qu’il croit mal rendue par le traducteur. Il faut, dit-il, qu’un interprète connaisse, outre la langue de laquelle il traduit et celle dans laquelle il traduit, la science dont il est question.

Ce passage est précisément celui que Ton trouve cité dans la notice qui précède la liste des écrits de Gérard,

AflOÜ OSTMAït SAÏD DE DAMAS.

Abou Otsnlan Saïd vivait à la fin du IX0 siècle et aü commencement du Xe. Nous le connaissons déjà comme traducteur. Parmi ses traductions compte celle des Éléments d’Euclide. Ali bën Ahmed, dans l’article Euclide du Kitab el hokama, est cité comme ayant vu à Bagdad en 980, la traduction dti Xe livre par Abou Otsman. Le livre existait donc

isolé, ce qui explique peut-être pourquoi nous en rencontrons une traduction latine, d’après la version d’Abou Otsman.

Cette traduction existe aux nos 7266, 7377 et 9335 de la Bibliothèque nationale. Les titres varient un peu dans ces différents exemplaires, ainsi nous lisons: Liber Saydi Abu Othmi, decimus liber Euclidis editione ab Othman Damasceni (pour Abu Othman).

Le n° 7266 et le n° 9335, qui ont le même titre, Liber Saydi Abu Othmi, commencent également de la même manière : Scias quod scientia figurarum superflcialium et corporearum est ut noscas quid in figura cujus area queritur ex quantitate nota in qua convenerunt contineatur. Dans les Mss. cet opuscule vient après le Liber mensurationis.

Dans le n° 7377 A, il vient après le Liber augmenti et diminutionis, et tel en est le titre : Tractatus primus exponens tractatum decimi libri Euclidis editione Ab Othmen in intentione magnitudinum rationalium et surdarum, que dicte sunt in tractatu decimo libri Euclidis in elementis. Intentio in tractatu decimo libri Euclidis est inquisitio de magnitudinibus communicantibus (quantités commensurables), etc.,

Ces mots tractatus primus nous ont fait soupçonner que ce serait peut-être le commencement ou l’introduction d’un Compendium de mathématiques dont on trouverait la suite aux folios suivants, et qui aurait comme fonds Abou Camel Chodja commenté par Ali ben Ahmed el Omrany, dont nous reparlerons. On pourrait alors rapporter la traduction à Savasorda et non à Gérard, comme le pense M. Chasles.

Liber Ababuchri (ou abuchri) qui dicebatur heus.

11 existe sous ce titre, aux n,s 7266, 7377 A et 9335 de la B. nationale, un fragment de mathématiques anonyme, qui se retrouve aussi mentionné dans la liste bibliographique de Gérard de Crémone. ( Liber mensurationis).

Qui devons-nous voir dans ces mots : Ababuchri ou Abu-

ü K AM EL CHODJA. •

chri, qui dicebatur heus? Nous sommes habitués à rencontrer des noms altérés dans les traductions latines, que ce soit la faute des traducteurs ou des copistes. Ce qui nous paraît offrir le plus de ressemblance, c’est Abou Bekr Razès.

Nous savons que Razës, comme tant d’autres médecins éminents, cultivait aussi les mathématiques ; on en rencontre quelques traités dans la liste de ses écrits, donnée par Ebn Abi Ossaïbiah et Djemal eddin. L’un d’entre eux porte ce titre : Contre ceux qui déprécient les mathématiques. Un autre porte un titre plus général.

Ce qui fait l’intérêt de ce livre, dit M. Chasles, c’est qu’il y est fait souvent application des règles de l’algèbre, ce qui prouve l’introduction de l’algèbre en Europe dans le cours de XIP siècle, contrairement à l’opinion de Libri.

Cet opuscule, ajoute M. Chasles, était primitivement précédé d’un traité d’algèbre, soit dans l’original, soit dans 1 autographe de Gérard, attendu que l’on y renvoie souvent, et une note dit que ce traité était celui de Saïd (Abou Otsman). M. Chasles conclut que ce traité pourrait être celui que 1 on rencontre dans les Mss., et qui commence par ces mots : Primum quod necessarium est aspicienti, etc.

Quant à Saïd, nous avons déjà dit où nous croyons avoir reconnu son œuvre.

Quant à ce nouveau traité, nous croyons qu’il est l’œuvre de deux mathématiciens dont l’un serait l’auteur original, et l’autre le commentateur. Nous allons en parler.

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