ALI BEN AHMED EL OMRANY
Yoici, en somme, ce qu’on lit dans le Kitab el hokama, reproduit par Casiri, I, 410 : Ali ben Ahmed el Omrany, dé Mossoul, mathématicien décédé en l’année -344 (955 de nôtre ère) laissa un commentaire sur l’Algèbre d’Abou Kamel Chodja, un livre des Elections, et plusieurs autres ouvrages d’astrologie.
Le fragment qui commence par ces mots : Primum quod
necessarium est, nous semble représenter le commentaire d’Ali ben Ahmed sur l’Algèbre d’Abou Kamel, dont d’Hertoelot a pris le nom pour le titre de l’ouvrage. (1)
Au f° 71 du Ms. 7377 A commence le passage susdit. Au f° 93, nous trouvons une coupure avec ces mots : Gloria sit soli creatori. Nous ne pouvons voir là un expli cit, par la raison qu’on lit immédiatement après :
Dixit Abu Camel Ssagia filius Ibrahim aggregator istius libri, exposuimus quæ indigent êxpositione in eo quod est occultum ex computatione restaurationis oppositionîs (eldjebr ou el mouqabela).
Au f° 97 se trouve une lacune. Au f° 101 nous lisons : Monstrabitur ex eo quod dixit Abuqamel in tertia parte libri geberi et almugabala, etc., ce qui nous semble accuser un commentaire. On lit ensuite, f° 148, Hic repetimus de numeris proportionalibus, puis: Capitulum de emendo et vendendo, etc.
Nous pensons que le traducteur latin n’est autre que Savasorda, et telles sont les raisons de notre manière de voir.
Nous trouvons au n° 7306 de la B. nationale un traité d’astrologie traduit par ce même Savasorda, et nous lisons à l’explicit, assez mal écrit, du reste : Liber electionum horarum laudabilium éditione haly filii Ahmed Hambrany translatus de arabico in latinum in civitate ? Barchinona ab Abrahamo Judeo qui dicitur Savasorda. Le traité des Elections se retrouve aux nos 7346, 7440 et 16,204.
L’identité de provenance des deux ouvrages traduits, dont l’auteur est Aly ben Ahmed, porte naturellement à admettre l’unité du traducteur.
Liber augmenti et cUminutionis.
Tel est le titre complet de cet ouvrage, que l’on trouve aussi dans les n05 7266, 7377 et 9335 : Liber augmenti et di-
(i) Il dit autre part que le premier livre d’ Algèbre fut écrit par Kamel Shagia ben Aslam.
minutionis vocatus numeratio divinationis ex eo quod sa pientes indi posuerunt, quem Abraham compilavit et secundum libriim qui indorum dictus est composuit.
Cet écrit, dont se sont occupés Libri et M. Chasles, contient des problèmes qui peuvent se résoudre par l’arithmétique aussi bien par l’algèbre. M. Chasles fait observer que Libri lui a accordé le titre d’algèbre, alors qu’il le refuse h l’ouvrage de Diophante.
Quelques citations donneront une idée des problèmes traités.
Tels sont les principaux chapitres : de censibus, de negotiatione, de donationibus, de pomis, de cambitione, etc.
Tel est un problème : Est census de quo ejus tertia dempta et quarta fuit octo quod remansit. Quid est ejus census.
Que cet ouvrage soit une compilation, il n’en procède pas moins de l’arabe. Le traducteur Abraham est évidemment Savasorda.
Traite anonyme $ Algèbre.
C’est ici le lieu de parler d’un Traité d’algèbre anonyme, découvert dans le n“ 4606 du Vatican, publié par M. Boncompagni dans son mémoire sur Gérard de Crémone.
Tel est l’incipit de cet opuscule :
Incipit Liber qui secundum arabes vocatur algebra et almucabala et apud nos Liber restaurationis nominatur, et fuit translatas a magistro Gerardo Cremonensi de arabico in latinum.
Tel est le début: Unitas est principium numeri, etc.
Cette traduction, dit M. Boncompagni, vient encore à l’appui de la thèse soutenue par M. Chasles contre M. Libri, sur l’époque où l’algèbre s’est introduite en Europe.
Traité d' Arithmétique.
Nous placerons ici la traduction, par O’Creatb, d’un Traité d’arithmétique anonyme.
ALHACEN (EBN EL HEITSAm).
Nous nous sommes précédemment assez étendu sur la personne et sur les écrits d’Ebn el Heitsam pour que nous ayons à y revenir ici.
Nous rappellerons seulement l’obscurité dans laquelle il est resté jusqu’à ces derniers temps, et l’ignorance où. l’on était de son identité avec l’auteur de la Perspective et des Crépuscules, Alhacen.
Cette identité a été méconnue même par Wüstenfeld, qui, dans son article d’Ebn el Heitsam, n’a songé nullement à l’Alhacen du moyen âge.
On sait que son ouvrage le plus important, celui qui a popularisé son nom dans l’Occident, .le traité de la Perspective, a été publié par Risner, et que l’on a fait honneur de la traduction latine tantôt à Risner, tantôt à Vitellion. Nous avons déjà démontré l’erreur de cette attribution, erreur partagée par maint savant et maint orientaliste. Il y a plus. Dans sa notice de la biographie Michaud, Jourdain donne comme traducteur Risner, et dans ses Recherches Gérard de Crémone.
Jusqu’à présent, le fait que Gérard avait traduit les Crépuscules faisait présumer qu’il avait aussi traduit la Perspective. Nous avons découvert un fait qui nous paraît appuyer cette manière de voir. Alpetragius, qui mourut au commencement du XIIIe siècle, a composé un traité de Perspective, où il dit que celui d’Al Hacen était déjà connu des Latins : » Nam licet perspectiva Alhacen sit in usu aliquorum sapientum latinorum. » Qui pouvait avoir fait cette traduction, sinon Gérard de Crémone ?
Le nom de Gérard est formellement attaché à la traduction des Crépuscules. On trouve quelquefois le titre de cet écrit donné sous cette forme, altération sans doute d’Abou Ali Mohammed : Liber Abhomadi melfegeir (lisez in elfedjer, l’aurore) de crepusculis.
ABOUL CASSEM. — ARZACHEL.
ABOUL CASSEM EBN ESSOFFAR.
Dans son travail sur Platon de Tibur, M. Boncompagni en cite une traduction qui existerait au n° 309 du Vatican, sous le titre Liber Abu Alcasim in operibus astrolabii. Elle est précédée d'une dédicace de Platon à, son ami Joannem David, peut-être Aven Daoud ou Jean de Séville, où il vante le traité de l’astrolabe Abu alcasin filis asafar.
Nous connaissons déjà un astronome espagnol de ce nom, Aboul Cassem ebn Essoffar, un des disciples de Moslema, qui composa précisément un traité de l’astrolabe et dont le frère était réputé comme l’ouvrier le plus habile dans la fabrication de cet instrument.
Le texte d’Ebn Abi .Ossaïbiah, qui fait l’éloge du traité, Kitab fi al amel bel asterlab, répond bien à la traduction latine du titre.
Moslema étant mort en 1007, Ebn Essoffar vivait dans la première moitié du XI“ siècle.