LIVRE CINQUIÈME
lousis, c’ést-à-dire en latin, ainsi à propos de l’hyèble et du sureau.
Il a soin d’assurer ses synonymes, et en cela il mérite l’éloge qu’en fait Ebn Abi Ossaïbiah. S’il y a des confusions, il les discute. C’est ainsi qu’il distingue l’alypum de Dioscorides du turbith, le sium du cresson, l’isatis de Dioscorides du nila ou indigo des modernes.
Il revient à deux reprises sur l’identité du carpesion de Galien et du cubèbe des Arabes. Galien, dit-il, parle de ramuscules, et le cubèbe se compose de graines : il faut alors admettre que ces ramuscules sont les brandies de l’arbre dont le cubèbe est le fruit.
Il relève aussi les confusions et les erreurs des médecins qui l’ont précédé, notamment d’Ebn Samadjoun et d’Ebn Ouafed, l’Eben Guéfith des traducteurs latins. Il discute longuement l’opinion de quelques médecins modernes qui accordent à la coriandre des propriétés stupéfiantes.
Quelques paragraphes, relatifs à des produits de l’Espagne, lui appartiennent exclusivement.
Il nous donne de curieux renseignements sur des gisements de l’ambre jaune en Espagne, sur la préparation du sel ammoniac, etc.
C’est par étourderie que Sontheimer lui attribue la paternité d’un traité d’agriculture, qu’il se borne simplement à citer.
En somme Errafequy fait preuve de critique en même temps que de connaissances étendues et souvent originales, particulièrement en ce qui concerne les produits de l’Espagne et du Mag-reb.
Il est quelquefois cité dans le Traité d’agriculture quifigure à la Bibliothèque de Paris sous le n° 884.
La Bibliothèque Bodléienne possède deux ouvrages d’Errafequy, sous le n° 032: 1° Traité des tumeurs et des fièvres ; 2° De la manière d’expulser du corps les humeurs nuisibles.
MOHAMMED BEN QUASSOÜM ERRAFEQUY.
Moliammed ben Qassoum ben Aslem Errafequy ne nous est connu que par un écrit qui existe à l’Escurial sous le n° 835, ancien 830.
Wüstenfeld le considère comme étant probablement le père d’Errafequy, le botaniste, dont le livre des médicaments simples est fréquemment cité par Ebn Beithar, et qui mourut en 1164. A cela on peut faire une objection. Les ascendants du botaniste sont Mohammed, Ahmed et Saïd, tandis que l’autre, qui s’appelle bien Mohammed, il est vrai, a pour ascendants Qassoum et Aslem. Ils peuvent donc être de la même localité comme l’indique leur surnom, sans être pour cela de la même famille.
Quoi qu’il en soit, les auteurs cités par Mohammed ben Qassoum Errafequy, ainsi que nous le verrons tout à l’heure, lui assignent une place au XII» siècle. Parmi ces auteurs, nous ne nommerons ici qu’Ahulcasis, le dernier en date, qui mourut dans les commencements du XII' siècle, et Avicenne qui mourut sûrement en 1035.
L ouvrage d Errafequy est un traité d’oculistique qui ne contient guère moins de trois cents feuilles. Il est vrai que l’oculistique proprement dite ne commence qu’à la feuille 124. Il porte le titre de Morched, ou le Directeur.
L’auteur nous annonce qu’il l’a composé parce qu’il a trouvé incomplets ceux de ses devanciers, et ces devanciers ne sont autres que Honein, Ali ben Issa, Razès, Avicenne, Omar ben Ali et Aboul Cassem Khalaf Ezzahraouy, autrement dit Abulcasis.
Cet ouvrage se divise en 6 parties.
Lapremière traite du Serment d’Hippocrate et desÉléments.
La deuxième de l’anatomie de la tête et de l’œil.
La troisième de l’hygiène.
La quatrième des maladies en général.
La cinquième des médicaments et de l’hygiène de l’œil.
La sixième des maladies de l’œil et de leur traitemeut.