‹ Histoire de la médecine arabe (volume 2)Chapitre 38 sur 239 · Livre VIIe. Du traitement des maladies · texte numérisé non relu

Livre VIIe. Du traitement des maladies

Nous allons en dire quelques mots.

Ier Livre. Averroès dit qu’il aura souvent à exposer ce qu’il croit la vérité, contradictoirement aux opinions des anciens. Ce qu’il se propose, c’est donner une introduction à ceux qui veulent étudier la médecine et un aide mémoire à tous. La pratique d’un art, dit-il, comporte la connaissance de trois choses : le sujet, le but et les moyens.

IIe Livre. Ce livre n'est autre chose que de la physiologie ou l’exposé des fonctions des organes.

A propos de la génération, il nous dit qu’ après avoir lu les ouvrages d’Aristote il a pris des informations multiples auprès des femmes et que l’une d’elles lui a juré qu’elle avait conçu par le fait de s’être trouvée dans un bain où des hommes avaient éjaculé.

Ce qu’il dit du cerveau tient autant de la psychologie que de la physiologie. Il y place quatre propriétés : l’imagination, la réflexion, la mémoire et la conservation, cette dernière différant de la précédente en ce que son action est continue tandis que celle de l’autre est intermittente. L’imagination réside dans la partie antérieure du cerveau, la pensée dans le ventricule moyen, la mémoire dans la partie postérieure. Bien que ces facultés n’aient pas d’organe spécial dit-il, elles n’en sont pas moins localisées : quam vis non habeant membra vel instrumenta, ipsa tamen habent propria loca in cerebro.

IIIe Livre. Il y est question des causes et des symptômes considérés d’une façon générale au point de vue des propriétés lésées, des organes et appareils.

IV8 Livre. Des signes dé la santé et des maladies.

Il est d’abord question des signes généraux, ainsi des signes de la pléthore, des signes tirés du pouls, de l’urine, des jours critiques, des signes favorables- et des signes défavorables, enfin des signes tirés de chaque organe en particulier. Il ne croit pas à la fatalité des jours critiques et il oppose à Hippocrate et Galien, Razès et Avenzoar.

Y0 Livre. li a été imprimé à part, à la suite de Sérapion.

Au chapitre XI il est question d’un de ses amis du nom d 'Ahuberti Avensufu, où. l’on pourrait voir Abou Bekr ebn Badja autrement dit Avenpace.

Au chapitre XXXI il proclame Avenzoar, l’auteur du Teissir, comme le plus grand médecin depuis Galien.

Au chapitre XXXVIII il dit que les eaux du fleuve sont meilleures à Cordoue qu’à Séville où le flux se fait sentir.

Le chapitre XLII est consacré aux médicaments simples dont les noms sont étrangement défigurés.

Il serait à désirer que l’on retrouvât le texte original du Colliget. Il y a là quelques synonymies données comme latines, d’un certain intérêt, mais on ne sait si elles proviennent du texte ou du traducteur.

Nous trouvons le fer désigné sous le nom de Veffaf.

Ne pourrait-on pas y voir une altération du mot Ouzzal, lé fer, en berbère. Ce serait une des rares épaves que le berbère aurait laissées en Espagne.

Au chapitre LVIII il combat les opinions d’El Kendy sur les degrés des médicaments et leurs combinaisons.

VI“ Livre. Ce livre est consacré à l’hygiène.

Il y parle d’une bière, cerevisia, que l’on ne buvait qu 'après six mois et quand elle avait acquis la couleur du vin.

YII8 Livre. C’est une sorte de traité de thérapeutique générale au point de vue des affections et des moyens de traitement.

A propos des évacuations sanguines il en cite une d’ Avenzoar sur son fils âgé de trois ans.

A propos des fièvres putrides, il dit que l’on dépayse les malades, de même qu’on envoie les pneumoniques en Ethiopie et en Arabie.

ESPAGNE

Il recommande le vin dans la syncope et en excuse l’emploi. Dans le choléra, où se produisent des vomissements et des évacuations, il recommande les astringents, la ligature des membres et le bain.

Le passage relatif au Teissir, dont nous avons parlé, se trouve écourté dans la traduction latine.

M. Renan dit qu’il n’a trouvé aucun renseignement sur la traduction du Colliget : il la croit du milieu du XIII» siècle. Nous pensons qu’elle a été faite en Espagne, vu la présence répétée du G intercalaire. On la donne généralement comme d’Armengand et elle fut revue par Alpagus.

: B. Champier a publié à part les livres II, VI et VII sous le titre Très collectaneorum.Averrhoi sectiones, et il se donne comme traducteur : Latinitate donavit.

Commentaire de 1 ’Ardjouza (Canticum) d’Avicenne).

Cet abrégé 'de médecine en vers est dit Ardjouza, du mètre employé, le mètre Redjez. On lui donne aussi le nom de Mendhouma, poème, composition rythmée. C’est ce que les traductions latines ont rendu par Canticum. Cette double appellation a été la cause d’erreurs : d’un ouvrage on en a fait deux. C’est ainsi que Wüstenfeld s’est laissé tromper par Casiri ; ce qu’il indique au n° 4 est identique avec le n° 2, Le n° 858 de l’Escurial, aujourd’hui 863, n’est pas autre chose que l’Ardjouza d’Avicenne, commenté par Averroès, Ce Ms. d’une belle exécution, mais fatigué, porte des traces du fanatisme : on a biffé le Bismillah et couvert d’encre le nom de Mahomet. C’est du reste une profanation commune dans la Bibliothèque de l’Escurial, ainsi que nous l’avons dit dans le Récit de notre excursion. L’ouvrage est suivi d’un supplément relatif aux fièvres et aux tumeurs, qui se laissent désirer dans l’Ardjouza, et cela, est-il dit, à titré de complément, ala djihet ettetmim ou ettekmil. Ce supplément, exécuté dans la forme de l’ Ardjouza, est l’œuvre du Cheikh Haroun ben Ishaq l’israélite, ' revue par Mohammed ben Abdessalem. Un double de cet ouvrage existe au n° 826 et Casiri a pris le supplément pour un autre poème d’Avicenne, et les auteurs de ce supplément il les a pris pour des commentateurs.

L’Ardjouza commenté par Averroès existe dans plusieurs bibliothèques européennes. Nous en avons rencontré deux exemplaires en Algérie.

La Bibliothèque de Paris en possède un exemplaire incomplet, de quarante-huit feuilles, sous le n° 1056, ancien fonds. Le texte va jusqu’aux crachats nummulaires. C’est le sixième n» du Recueil et il va de la feuille 106 à la feuille 154 inclusivement.

Le commentaire du n° 1022, supplément, n’est pas d’Averroès, comme nous l’avons déjà dit. Nous lisons à la fin qu’Abou Merouan Ebn Zohr faisait grand cas de l’Ardjouza et disait qu’il valait mieux que plusieurs livres. On sait qu’il n’avait pas une telle estime pour le Canon.

Nous nous bornerons à citer un passage du commentaire qui atteste l’esprit observateur d’Averroès.

Avicenne parle de l’influence des vents sur la constitution de l’air et il dit : L’air sera épais si le vent souffle de l’Ouest, et il sera subtil si le vent souffle de l’Est.

Averroès fait cette observation : « Il en est autrement en diverses contrées. C’est ainsi que dans notre presqu’île andalouse, dans la moitié occidentale, il pleut par un vent d’Ouest et il fait beau par un vent d’Est, tandis que dans la moitié orientale c’est le contraire, il pleut par un vent d’Est et il fait beau par un vent d’Ouest. *

En 1284 Armengand, médecin de Montpellier, traduisit, ou plutôt fit traduire, dit M. Renan, le commentaire sur le poème médical d’Avicenne. On voit cependant des éditions données domine d’ Armengand et corrigées' par Alpagus. Nous reviendrons sur cette question quand nous aurons à parler des traductions arabes latines au moyen âge.

Traité du tempérament.

Traité des fièvres périodiques.

Traité des fièvres putrides.

Traité de la thériaque.

Du tempérament pondéré.

Le traité des fièvres et celui delà thériaque ont été traduits en latin et imprimés.

ESPAGNE

Commentaires sur les ouvrages suivants de, Galien :

Les Éléments.

Les Tempéraments.

Les Facultés naturelles.

Les Causes et les symptômes.

Les Lieux affectés.

Le Livre des fièvres.

Le Livre des simples.

L’Art de guérir.

Citons enfin les Règles pour l’administration des médicaments laxatifs, traduits d’abord en bébreu, puis en latin à Toulouse, en 1304, sous le titre CanonesAverroys quædebent observari in dandis medicinis laxativis, ainsi que nous l’apprenons par une curieuse annotation du n° 6949 du fonds latin de Paris.

'• Nous aurons à revenir plus tard sur les questions que soulèvent les traductions latines d’Averroès.

ABOtJ MOHAMMED ABD ALLAH BEN ABIL OÜALID MOHAMMED EBEN K.OCHD.

, C’estle fils d,’Àverroès. On le donne comme un médecin savant. Il laissa des enfants, qui s’adonnèrent à la jurisprudence.

On raconte vulgairement que les fils d’Averroès vécurent à la cour de Frédéric II. M. Renan repousse cette tradition, et suppose que les relations suivies de Frédéric avec les savants musulmans lui donnèrent naissance.

EBN EL AOtJAM.

Abou Zacharya Iahyaben Mohammed ebn el Aouam ne nous est connu que par ses œuvres, éditeurs et traducteurs n’ayant pu rien nous apprendre sur son compte. Casiri, qui le premier l’a mis en lumière, se borne à dire qu’il paraît avoir vécu dans le VIe siècle de l’hégire. Banqueri, qui en a publié le texte avec une traduction espagnole, juge d’après

son style qu’il doit appartenir au XIIe siècle de notre ère. Enfin Clément Mullet, qui en a publié récemment une traduction française, n’a rien ajouté de plus sinon qu’il a relevé une remarque déjà faite par rhistorien de la Botanique, Meyer, à savoir qu’Ebn el Aouam cite El Hadj de Grenade qui écrivait (d’après Casiri) en 553 de l’hégire, ou autrement en 1158 de l’ère chrétienne. Ebn el Aouam semble donc avoir écrit vers la fin du XIIe siècle. La lecture attentive de l’œuvre d’Ebn el Aouam ne nous a rien appris qui décélât autrement l’époque où il vivait. Clément Mullet a relevé une seule citation qu’il a rencontrée dans Ebn Khaldoun, mais cette citation nous apprend seulement qu’Ebn el Aouam n’a pas donné place dans son livre à toutes les pratiques superstitieuses que l’on rencontre dans l’Agriculture nabathéenne (1).

L’œuvre d’Ebn el Aouam est un traité d’ Agriculture, intitulé simplement Kitàb el Fellaha. Ce livre est du plus grand intérêt. Par son étendue c’est le monument le plus considérable qui nous soit resté uon-seulement des Arabes, piais aussi de toute l’antiquité.

Son mérite intrinsèque est double. Non-seulement il reproduit cette agriculture si florissante de l’Espagne sous les Arabes, mais ses emprunts incessants à ses devanciers nous ont conservé de précieux fragments de la science agricole chez les anciens, Arabes, Latins, Grecs, Chaldéens, etc. Ce n’est donc pas seulement une œuvre de praticien, une sorte de maison rustique, mais encore une œuvre d’érudit, une sorte d’encyclopédie historique de l’agriculture.

Ebn el Aouam habitait Séville, et pratiquait l’agriculture, ainsi qu’il nous l’apprend lui-même. « Après avoir lu, dit-il, les livres sur l’agriculture laissés par les agronomes musulmans d’Espagne et ceux qui viennent d’autres agronomes anciens qui écrivirent antérieurement sur la culture des divers terrains, mon attention s’est fixée sur ce que ces ouvrages contenaient de plus intéressant. Je rapporte les opinions de ces écrivains textuellement, selon qu’ils les ont consignées dans leurs œuvres, sans jamais chercher à modi-

(1) Quatremère avait déjà cité ce passage d’Ebn Khaldoun.

ESPAGNE

fier leurs expressions. Quant à moi je n’avance rien qui me soit propre sans qu’il ait été démontré par plusieurs expériences. » (1)

Son livre se divise en deux parties. La première traite des terres, des engrais, des eaux, des jardins, des arbres, des fruits et de leur conservation, etc.; la deuxième, du labour, du choix des semences, des saisons, des céréales, des légumineuses, du potager, des plantes aromatiques et industrielles, des récoltes, des constructions agricoles, de l’élève du bétail, de la basse-cour, enfin l’ouvrage est terminé par un traité de médecine vétérinaire.

On a compté dans le Traité d’agriculture l'a mention d’environ six cents plantes, dont une bonne partie sont revendiquées par la médecine.

Comme nous l’avons déjà dit, l’autéur fait de fréquents emprunts à ses devanciers, Arabes, Latins, Grecs, Clialdéens, etc. Bien des noms sont produits ; malheureusement, un grand nombre n’ont pas encore été reconnus à travers les inexactitudes des copistes. Nous ne citerons que ceux qui sont hors de conteste.

Parmi les Arabes, presque tous Espagnols, ;nous citerons Abou Hanifa Eddinoury, qui nous est déjà connu, Ibrahim ben Fadhel, Aboul Kheir de Séville, El Hadj de Grenade, Hedjadj de Cordoue, Ezzahraouy ou autrement Abulcasis. A part ce dernier, tous ces auteurs avaient écrit sur l’agriculture.

Les Latins sont surtout représentés par Varron et Columelle, que l’on s’accorde à reconnaître dans Iounious. On rencontre aussi le nom de Virgile.

Parmi les Grecs nous citerons Démocrite, Aristote, et les auteurs des Géoponiques. On peut aussi reconnaître le nom de Théophraste,

Hannon représente l’agriculture des Carthaginois.

Les citations les plus fréquentes, car le nombre en est de trois cents environ, sont celles de l’Agriculture nabathéenne. Jusqu’à ce que ce curieux monument, qui paraît le plus ancien de beaucoup sur la matière, soit mis au jour, le

(1) Traduction deM, Clément Mullet,

livre d’Ebn el Aouam sera toujours ce qui nous le représente le plus largement.

Ayant consacré un article spécial à l’Agriculture nabathéenne, nous n’y reviendrons pas ici.

Il n’entre pas dans notre plan de relever toutes les parties saillantes du livre au point de vue agricole, il nous' suffira de signaler ce qui intéresse particuliérement la botanique et les sciences médicales.

Rappelons d’abord ce grand nombre de plantes, qui relèvent en grande partie de la médecine, puis le Traité d’hippiatrique qui est le couronnement du livre.

Signalons aussi le chapitre curieux sur la distillation emprunté h Zahraouy ou Abulcasis.

Quelques chapitres intéressent la botanique autant que l’agriculture, ce sont ceux relatifs à la fécondation artificielle, à la greffe, aux modifications que l’on peut imprimer aux principes immédiats des végétaux.

On est tout étonné de voir la greffe pratiquée et, dit-on, réussir entre des végétaux non pas seulement différents de genre mais de famille.

On a parlé dans ces derniers temps d’arrosages modifiant la couleur des fleurs et les propriétés des végétaux. Des faits de ce genre sont produits dans le livre d’Ebn el Aouam. Nous rappellerons qu’Avenzoar rendit une vigne purgative en l’arrosant avec une solution appropriée.

L’histoire de la botanique et sa géographie peuvent puiser là des documents nouveaux. M. de Candolle aurait pu y voir que l’épinard était cultivé en Espagne au XIe siècle, aussi bien que le melon.

Gasiri a tracé une esquisse de cet ouvrage et donné un grand nombre de synonymies. Il a aussi essayé de restituer les noms d’auteurs, mais ses restitutions sont arbitraires et fantastiques.

Banqueri en a publié le texte avec une traduction espagnole en 1802. Son travail est assez faible.

Il y a une dizaine d’années, M. Clément Mullet en a publié une traduction française, qui vaut mieux, mais reste encore imparfaite. Ce travail, fruit de la vieillesse de l’auteur,

ESPAGNE

accuse une connaissance insuffisante de la technologie; Ebn el Beithâr n’a pas été assez consulté. L’introduction est faible malgré son étendue, et, à proprement parler, on n’y rencontre rien de neuf sur ces noms d’écrivains dont la restitution est encore un problème. Il nous semble qu’un traducteur doit s efforcer davantage de résoudre toutes les grandes questions qui se rattachent à son orig-inal. Le temps, sans doute, amanqué au laborieux vieillard. Il serait àdésirer que l’on fît de cette traduction une révision et une nouvelle édition ; mais un seul n’y suffirai t peut-être pas.

EBN THOFAÏL.

Abou Bekv Mohammed ben Abd el Malek ben Thofaïl el Kissy, qui s'est fait un grand nom dans la philosophie, est aussi revendiqué par la médecine.

Il naquit à Guadix, dans le commencement du XIIe siècle. Disciple d’EbnBadja, l’Avenpacedes scolastiques, ses études portèrent sur toutes les connaissances humaines et il excella dans la poésie, la grammaire, l’éloquence, la philosophie, les mathématiques, l’histoire, la jurisprudence, la médecine.

D’après l’historien de Grenade, Lissan eddinebn el Khatib, cité par Gasiry, II, 76, il aurait même professé publiquement la médecine à Grenade, et aurait publié deux livres sur cette science. Il aurait enfin composé un poème sur les simples.

L émir Almohade , Aboulakoub Iousouf, se l’attacha comme ministre et médecin, et ce fut à lui que l’illustre Averroès, son ami, dut de le remplacer dans cette dernière fonction.

Ce fut encore l’intervention d’Ebn Thofaïl qui décida la vocation philosophique d’Averroès.

Le prince Almohade aimait les sciences et lisait Aristote, mais il en trouvait la lecture difficile et il eût désiré qu’un homme compétent lui en facilitât l’intelligence. Ebn Thofaïl usa de son influence sur Averroès pour le décider à se charger, de cette tâche. Le récit de cette négociation nous a été conservé.

11 i HISTOIRE DE LA MÉDECINE ARABE. — LIVRE CINQUIÈME.

Ebn Thofaïl compta parmi ses disciples Al Bitroudji, vulgairement Alpetragius.

Il mourut à Maroc, en 1185, et l’émir assista de sa personne à ses funérailles.

Nous avons encore un autre témoignage qui rattache Ebn Thofaïl à la médecine. Parmi les écrits d’Averroès, nous trouvons une discussion entre lui et Ebn Thofaïl sur le chapitre des médicaments du Koullyat , vulgairement dit Colliget.

Nous apprenons encore par Averroès qu’Ebn Thofaïl avait commenté les météores d’Aristote.

Ce qui Ta rendu célèbre, c’est son ouvrage qui porte le titre de Hay ben Iaqdan, ou le Vivant fils du vigilant. C’est une sorte de roman philosophique, où il nous présente les évolutions successives d’un homme isolé dès sa naissance, et arrivant par l’observation et le raisonnement aux plus hautes vérités philosophiques et religieuses.

Pococke Ta publié en arabe et en traduction latine sous le titre Philosophus autodidactus, ce qui rend plutôt l’esprit que la lettre de l’arabe.

Moyse de Narbonne le traduisit en hébreu, et il en existe plusieurs exemplaires au fonds hébreu de Paris.

On le traduisit aussi dans plusieurs autres langues.

Nous avons considéré comme non avenue la notice donnée par Léon l’Africain, qui fait de Maimonide un disciple de Ebn Thofaïl, et qui le fait naître et mourir à Séville. Rossi ne s’en est pas moins appuyé sur cette autorité de mauvais aloi.

Aux médecins espagnols mentionnés par Ebn Abi Ossaïbiah, nous en allons ajouter quelques autres sur lesquels Eddeheby nous a laissé de courtes notices.

Hassen ben Ahmed ben Moufarek Abou Ali el Bécry, de Séville, connu sous le nom de Zarkala, fut un médecin éminent, et le premier de son temps pour la connaissance des plantes. Il mourut en 603 (1206), ayant dépassé 80 ans.

Mohammed ben el Hassan ben Ibrahim Abou Abd Allah

ESPAGNE

el Ansary, de Grenade, mourut la même année que le précédent et dans un âge aussi avancé.

Abd el Aziz ben Mohammed el Azdy, de Valence, disciple d’Aboul Hassen ben Hodbeil, un des grands médecins de l’Espagne, vécut jusqu’en 605 (1208).

Obéid Allah ben Mohammed ben Obéid Allah Aboul Hassen el Andaloussy, de Beja, vint à Cordoue, et y étudia la médecine tant sous son père que sous Abou Merouan Abd Allah de Valence, et Abou Nasr Fateh ben Mohammed. Son père et son aïeul étaient aussi médecins, et lui-même mariait la médecine à la poésie. Il mourut en 612 (1215), à l’âge de 84 ans.

. Les noms qui suivent ne nous sont connus que par Casiri.

Mohammed ben Khalef ben Moussa el Ansari el Aoüassi, d’Elvira, se distingua par ses connaissances en théologie, en jurisprudence et en médecine. Il composa un livre sur les maladies des yeux et mourut en 1161.

Mohammed ben Hani, médecin renommé, fut un des disciples d’Averroès à Cordoue, où la dig-nité de vizir lui fut conférée. Né en l’année 1104, il mourut en 1180.

Aboul Hassan Ali ben Omar ben Adha, originaire de Perse, étudia la médecine et la jurisprudence à Grenade dont il fut deux fois gouverneur. Il mourut en 1145.

Obeid Allah Mohammed Ezzahdy, d’Elvira, fut un médecin renommé, et mourut vers 1134.

Mohammed ben Iahya ben Khalifa, habile dans les mathématiques et la philosophie, médecin très distingué, mourut en 1152.

Mohammed ben Ali ben el Farrac, de Guadix, médecin distingué, mourut à, Valence, en 1198, à l’âge de 60 ans.

Mohammed ben Ahmed ben Amer el Baloui, possédait plusieurs sciences sur lesquelles il écrivit plusieurs ouvrages, entre autres un Traité de médecine, divisé en trois parties. Il mourut en 1103.

Abd Allah ben Iousef ben Geuchan, philosophe et médecin éminent, enseigna la médecine à Cordoue, et y mourut en l'année 1120.

Obéid Allah ben Ali ben Galendo, de Séville, médecin et philologue distingué, transcrivit presque une bibliothèque entière et chargea d’annotations presque tous ses livres. Il mourut en 1185.

Obéid Allah ben Mohammed ben el Ocalid, de Cordoue, propagea la médecine par son enseignement et ses écrits, et mourut en 1215.

Djafar ben Moufridj ben Abd Allah el Hadramy, de Séville, fut très habile dans la science des nombres et celle de la médecine. Il mourut en 1140.

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