‹ Histoire de la médecine arabe (volume 2)Chapitre 43 sur 239 · I. — PERSE · texte numérisé non relu

I. — PERSE

La Perse ne compte plus au XIIIe siècle un Razès, un Avicenne, un Fakhr eddin ; cependant elle présente encore un groupe de savants recommandables, qui attestent une grande culture scientifique. A ce groupe nous rattacherons un représentant de la haute Asie, Nedjem eddin, qui naquit à Samarcande et finit ses jours à Hérât. On voit que la science avait gagné du terrain.

Un grand événement troubla ces contrées, l’invasion Mongole, et cependant la science se maintint en- permanence et même finit par dompter les barbares. Houlagou n’avait pas seulement un faible pour une catégorie de savants dont les travaux ne furent pas toujours infructueux, les alchimistes, il fit construire un observatoire à Meraga. Le célèbre Nasser eddin Etthousy y faisait des observations et avait en même temps l’administration des immeubles attachés à toutes les écoles de l’empire Mongol.

Mais les Mongols firent plus que de s’apprivoiser, ils se convertirent h l’Islamisme, c’est-à-dire à la civilisation et ce fut surtout l’œuvre d’un savant médecin Cothob eddin Echchirazy. Ce médecin et son frère. Kemal eddin furent aussi les instruments de la paix proposée par Ahmed Khan converti au sultan d’Égypte Kalaoun.

Un autremédecin, qui, malheureusement, devait succomber à des intrigues de cour, Racliid eddin, occupa longtemps à la cour Mongole le poste de vizir.

Le plus éminent disciple de Fakhr eddin Errazy, Cothob eddin el Misry, cultivait la philosophie et propageait les doctrines médicales d’Avicenne, qui furent aussi commentées par Cothob eddin Echchirazy.

La Perse eut enfin l’honneur de produire le plus éminent et le plus complet naturaliste de l’Orient, Kazouiny.

Enfin la Perse peut revendiquer certains médecins qui abandonnèrent leur pays natal pour la Syrie, tels que El Kkouay et El Khozrouchahy.

QÜOTHOB EDDIN EL MISRY.'

Quothob eddin Ibrahim ben Ali ben Mohammed Esselmy, dit aussi El Misry, en raison de son séjour en Égypte, était originaire du Magreb. 11 vint en Égypte, où il résida quelque temps, puis se rendit en Perse où il étudia sous Fakhr eddin Errazy. C’était le plus éminent de ses élèves et en quelque sorte sou lieutenant auprès d’eux. Il composa plusieurs ouvrages de médecine et de philosophie. Il fut tué dans le sac de Nisabour par les Tartares, en l’année 1221. Parmi ses ouvrages on cite un commentaire sur les généralités du Canon d’Avicenne. Dans cet ouvrage, dit Ehn Abi Ossaïbiah, il place El Messihy et Fakhr eddin au-dessus d’Avicenne. Il dit qu’El Messihy est plus savant qu’Avicenne, sa paraphrase est plus claire et plus nette que le texte.

CflEMS EDDIN EL KHOUAY.

Aboul Abbas Ahmed hen el Khelil Chems eddin el Khouay naquit à Khoua dans les environs de Tauris, en 1187. Il eut pour maître Quothob eddin el Misry, et enseigna plus tard la médecine et la philosophie à Damas, où il mourut en 1240.

Cette notice est tirée de Wüstenfeld, le Ms. de Paris ne parlant pas d’El Khouay, non plus que du suivant

PERSE

CHEMS EDDIN KHOSROUCÏIAHY.

Abou Mohammed Abd el Hamid ben Issa Cliems èddin el Khosrouchahy naquit à Kbosrouchab en 1184 et suivit les cours de Fakhr eddin Errazy. Il mourut à Damas en 1254. Malek Ennacer Daoud, prince de Karak, avait pour lui la plus grande considération. Quand il se rendait chez lui pour y étudier l’ouvrage d’Avicenne, dit Ouyoun el Hikma ou sources de la sagesse, arrivé près de la maison du professeur, il se séparait de ses gardes et entrait à pied, son livre sous le bras, et, la leçon finie, ne laissait pas le maître se déranger pour le reconduire.

NEDJIB EDDIN ESSAMARCANDY.

Abou Hamid Mohammed ben Ali ben Omar Essamarcandy (Nedjib eddin) était un médecin éminent, qui florissait à l’époque de Fakhr eddin Errazy et fut tué par les Tartares, lors du sac de Hérat, en 1222. Il écrivit plusieurs ouvrages, qui nous sont parvenus pour la plupart.

Le plus connu et celui qui lui a fait le plus de notoriété, est le livre des Causes et des .Symptômes, dont il existe des exemplaires dans la plupart des collections européennes, et notamment à Paris sous les n°“ 1018, 1063, 1064 et 1098 de l’ancien fonds. Nous en avons aussi rencontré un bel exem- plaire en Algérie. C’est un ouvrage excellent et qui accuse de fortes études. (1)

D’après Ebn Abi Ossaïbiah, Nedjib eddin composa un livre sur le traitement des maladies par les aliments. Cet ouvrage doit exister à l’ancien fonds arabe, n° 1022, C’est l’avantdernier ouvrage contenu dans ce manuscrit, qui en contient six, et aussi de l’autre Samarcandy.

Il existe aussi un supplément, n° 1056 sans titre également,

(1) Hadji Khalfa, n6 594, dit que cet ouvrage acquit encore plus de célébrité par le commentaire qu’en fit Nefis ben Aoudh,

Il écrivit deux formulaires, un grand et un petit. Nous en avons des exemplaires à Paris, n° 1022 de l’ancien fonds. Les médicaments y sont traités par ordre de maladies de la tète aux pieds. Un autre exemplaire existe au supplément sous le n° 1030. Nous manquons de données pour ranger ces Mss. sous les dénominations de grand et de petit Formulaire.

La Bodléienne lui attribue un Traité des médicaments faciles à trouver. La B. de Leyde cite un Traité des médicaments cordiaux et de l’anatomie de l’œil.

Enfin Hadji Khalfa, n° 846, mentionne un Traité des principes de la composition, Oussoûl etterakïb.

BEDE EDDIN EL CALANISY ESSAMARCANDY.

Nous n’avons pas la date précise de l’époque où il vivait, mais d’après la place qu’il occupe dans Ebn Abi Ossaïbiali nous devons croire qu’il vit le commencement du XIII0 siècle. Nous donnerons ses noms au complet, pour le pouvoir distinguer de l’autre Samarcandy.

Mohammed ben Bahram ben Mohammed Bedr eddin el C alanisy Essamarcandy, était, dit l’historien de la médecine, un excellent praticien, qui écrivit un formulaire en 49 chapitres, où il traite des médicaments composés d’après les bons livres, tels que le Canon, le Continent, le Camel (d’Ali ben el Abbas, le Mansoury (de Razès), la Dekhira, etc.

Cet ouvrage existe à Paris, ancien fonds, sous le n° 1022, où il vient en troisième lieu, après un autre formulaire.

Nous trouvons dans ce Manuscrit précisément les renseignements donnés par Ebn Abi Ossaïbiah. Nous renonçons à donner le détail des 49 chapitres, où sont répartis les diverses préparations officinales, les proportions de cet ouvrage en faisant plutôt un Manuel qu’un Traité complet de la matière. Calanisy est assez souvent cité dans le Tedkira de Soueidy.

COTHOB EDDIN ECIICHIRAZY.

Nous avons vu bien souvent la médecine conduire ses adeptes à des positions éminentes : Cotbob eddin Echchirazy en est un des derniers exemples. Mais, cette fois, il ne s'agit plus de souverains musulmans, il s’agit de barbares, des Mongols. Non-seulement Cothob eddin fut en faveur auprès d’eux, mais il contribua puissamment à les convertir à l’Islamisme, c’est-à-dire à la civilisation.

Il naquit à Chiraz en 1236, d’une famille qui avait compté une série de médecins distingués. Il commença ses études auprès de son père Dhya eddin Masoud el Cazrouny, qui était attaché à l’hôpital de Chiraz, et après l’avoir perdu àl’âge de vingt ans, il les.continua sous son oncle Kemal eddin Aboul Kheir el Kâsrouny.

Ayant conçu le projet de commenter les Généralités du Canon d’ Avicenne, il s’inspira d’abord des conseils de son pncle, puis des médecins Mohammed ben el Kichy et Cherf eddin Zaky el Bouchkany. Il se mit ensuite à recueillir les ouvrages de ses devanciers, tels que Fakhr eddin Errazy, Cothob eddin el Misry, Afdhal eddin ben Mohammed, Zein eddin Abd el Malek el Khounedjy, Rafi eddin Abd el Aziz ben Ab 4 elOuahid ed Djily, Nedjem eddin Ahmed ben Abi Bekr Ennakhdjiouany. C’est lui-même qui nous le raconte dans la préface de son livre, dont nous avons examiné un exemplaire à l’Escurial sous le n° 864, ancien 859. Il se mit ensuite à voyager, parcourut le Khorassan, les deux Iraks et la Perse et poussa même dans le pays de Roum, ou l’Asie mineure, se mettant en relations avec les savants et les médecins du pays et leur communiquant ses observations et ses doutes.

Un grand événement survint qui lui permit aussi d’étendre le cercle de ses explorations.

La Perse était alors gouvernée par de3 princes Mongols de la famille d’Houlagou. Le prince régnant, Ahmed Khan, qui se trouvait alors en guerre avec l’Égypte, se fit tout-à-

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