‹ Histoire de la médecine arabe (volume 2)Chapitre 6 sur 239 · CHERI? EDDIN ISRAËL · texte numérisé non relu

CHERI? EDDIN ISRAËL

Le Chétif Cherf eddin ïsmael était Uü médecin éminent* attaché à la personne d’Ala eddin Khouaresm Chah, qui lé tenait en grande considération et lui faisait des appointe-

20 HISTOIRE DE LA MÉDECINE ARABE. — LIVRE ciNQUIÈME.

ments de 1,000 dinars par mois. Il ne survécut pas à son protecteur. On le citait pour ses succès dans la pratique médicale. Il écrivit plusieurs ouvrages.

Un traité de médecine intitulé le Trésor, Eddakhira en 12 volumes, dédié à Khouaresm chali.

Des accidents en médecine.

Présent offert aux médecins.

Tous ces ouvrages étaient écrits en persan.

Evidemment ces deux personnages n’en font qu’un; mais ujous manquons de renseignements pour concilier les dires contradictoires.

FAKHR EDDIN ERRAZY.

Abou Abd Allah ben Omar ben el Khathib Fakhr eddin Errazy naquit à Rey, en 1149. Son père, qui était un homme distingué, s’était fait une réputation comme orateur et prédicateur éloquent, d’où le surnom d’Ebn el Khatib. Comme son illustre homonyme il tirait le surnom d’Errazy de Rey sa ville natale.

Fakhr eddin Errazy est le dernier grand philosophe qu’aient produit les Arabes. Bien qu’il ne tienne à la médecine que par son côté le plus faible, nous devons cependant mettre en lumière cette grande personnalité, par la raison qu’il eut une haute influence sur la diffusion et la permanence des sciences dans la haute Asie, tant par ses écrits que par ses nombreux élèves.

L’existence de Fakhr eddin Errazy est la plus excentrique de toutes celles que nous avons rencontrées jusqu’à présent. Nous le voyons en effet courir de la Perse au Maouarennahr et de Bôkhara à Hérat.

C’est ainsi que la science grecque faisait la conquête de l’extrême Orient, après celle d’Alexandre.

Fakhr eddin Errazy profita sans doute- des leçons de son père, mais nous lui connaissons un professeur de philosophie à Méraga, dans la personne d’Ali Medjed eddin Eddjily ou du Ghylan.

Il devint bientôt professeur à son tour. On accourait de

tous les côtés à Rey pour l’entendre, et quand il marchait dans les rues il lui arrivait parfois d’être suivi d’une troupe de trois cents disciples. Il avait aussi des élèves particuliers parmi lesquels Kotob el Misry était en quelque sorte son lieutenant. Il les faisait souvent discuter ensemble et intervenait à propos dans leurs discussions.

Son voyage dans le Maouar ennahr ne paraît pas avoir été à son avantage. Il en fut dédommagé à son passage à Saraks, où il reçut une généreuse hospitalité chez un homme capable de l’apprécier, le médecin et philosophe Essarakhsy.

Il fut dignement accueilli par Khouaresm chah prince de Hérat, et il se fixa dans cette ville où il resta jusqu’à la fin de sa carrière arrivée en 606 (1209). (1)

A Hérat, Fakhr eddin compta parfois plusieurs souverains parmi ses auditeurs.

Il avait un frère du nom de Rokn eddin qui apporta quelque légère amertume dans son existence. Ce frère le suivit partout et s’attachait à le contrecarrer, jusqu’à ce qu’enfin Khouaresm chah le fit interner.

Fakr eddin eut deux fils, Dhya eddin et Chems eddin qui furent dignes de lui. Il disait du second : S’il vit son âge, il me dépassera. Quand Gengiskhan eut défait Khouaresm chah, le vizir Ala el Malek alla le trouver et en obtint un sauf-conduit pour la famille de Fakhr eddin t Lors du sac de Hérat, lafoule s’était portée dans sa maison, mais on massacra tout le monde, hormis les enfants de Fakhr eddin, qui furent adressés à Gengiskhan et accueillis avec les plus grands égards.

Aboulfarage nous raconte que Fakhr eddin se fit enterrer dans sa propriété dans la crainte que la foule ne profanât sa tombe, par la raison qu’il passait pour un croyant équivoque. D’autre part Ebn Abi Ossaïbiah nous rapporte qu’il dicta son testament à ses élèves, à son lit de mort, et que ses pensées étaient toutes en Dieù.

Nous ne pouvons entrer dans le détail de tous les écrits

(l) Comblé de présents, Faklir eddin laissa en héritage, outre de nombreuses propriétés, 80,000 écus d’or.

4e Faklir eddin, dont bien peu appartiennent à la médecine. Wüstenfeld en enregistre 76, dont un grand nombre nous ont été conservés et se rencontrent dans nos bibliothèques.

Nous nous bornerons à dire que les ouvrages étrangers à la médecine portent sur le Coran, les dogmes musulmans, la religion, la morale, la philosophie, les doctrines d’Avicenne et de Gazzaly, la physique, la dialectique, sur une sorte d’encyclopédie des sciences, sur les mathématiques, sur Euclide, et même sur la grammaire et sur la divination. Il cul* tiva aussi l’alchimie, pour laquelle il dépensa beaucoup.

Tels sont les ouvrages relatifs h la médecine.

Un grand traité de médecine, incomplet, dit El Maleky.

Un traité sur le pouls.

Un commentaire sur les généralités du Canon, inachevé.

Un traité des boissons.

Un recueil de questions de médecine. '

Quelques-uns de ses ouvrages furent écrits en persan.

ESSARAICHSY.

Abderraliman ben Abderrahim reçut le surnom de Sarakhsy , de sa ville natale, dont il était le plus éminent médecin. Tout ce que nous savons sur son compte se réduit à peu près à sa rencontre avec Fahhr eddin Errazy en 580, auquel il offrit une généreuse hospitalité pendant tout le temps de son séjour à Sarakhs.

Pour lui témoigner sa gratitude, Fakhr eddin composa à son intention un commentaire sur les généralités du Canon, le lui dédia, et le fit précéder d’une préface où il faisait l’éloge d’Essarakhsy,

Ce commentaire, méconnu par l’auteur du Catalogue du supplément arabe, M. Reinaud, existe évidemment sous le n° 1015, 1™ partie. Le Ms, est tronqué, mais la dédicace est restée : Je l’ai placé sous le nom. (suivent des appellations élogieuses) d ’Abderrcihman ben Abd el Kerim Essarakhsy.

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