SIXIÈME
il la pratiqua et nous le verrons chargé de plus d'un service d’hôpital : il se recommande ainsi doublement à nous.
Nous avons déjà dit que son aïeul, dont il devait porter le nom, vint à Damas avec sa famille, en 1200. C’est là que le futur historien naquit en 1203. Le peu de détails que nous connaissons sur son existence, c’est lui-même qui nous les a conservés dans les biographies de ses contemporains.
Non-seulement il put puiser dans la famille le goût de la médecine, mais les relations de son père et de son oncle le mirent en rapport avec les plus éminents médecins de son temps. Il commença ses études médicales sous la direction d’Iakoub ben Saclan, à Damas. Il le suivit ensuite dans les armées de Mouaddhem et il put apprécier le rare savoir de son maître et sa grande connaissance des livres de Galien. Plus tard, il vint se fixer à Damas pour y profiter des leçons d’un autre éminent mëdeéin, Ebn Eddakliouar, dont il nous a conservé quelques faits remarquables de pratique médicale. En même temps, se trouvaient attachés au grand hôpital de Damas, Omran el Israïly, ainsi que le vieux Errahaby, heureux concours dont il nous dit que le résultat fut au bénéfice des malades et des élèves. Il devint maître à son tour et fut chargé d’un service dans ce même hôpital où il rencontra comme confrère Sedid eddin ben Refiqua, qui fut aussi son ami.
Nous ignorons à quelle époque il quitta Damas pour le Caire, mais lui-même nous apprend qu’il prit à l’hôpital Ennacery de cette ville un service d’ophthalmiques au moment où s’y trouvait attaché Sedid eddin ben Abil Bayan.
Du Caire il se rendit à Sarched en Syrie, où il fut le médecin de l’émir Azz eddin Eidemir ben Abd Allah. 11 y mourut en 1269.
Parmi les médecins distingués de l’époque avec lesquéls il fut en relations, nous citerons encore Abdellatif, l’ami de sa famille, et Ebn el Beithàr. Celui-ci fut son maître en botanique : ils firent ensemble des excursions aux environs de Damas, ayant en mains les maîtres anciens et modernes.
Ce qui recommande Ebn Abi Ossaïbiah à la considération de la postérité c’est son histoire des médecins qu’il publia
SYRIE
sous cp, titre : Ouyoûn el anba fi thabacat el athibba, ce qui veut dire : Sources de renseignements sur les différentes classes de médecins. C’est l’histoire de la médecine depuis les temps les plus reculés et chez tous les peuples, généralement sous forme de biographies. Elle est divisée en quinze chapitres contenant les matières suivantes :