ABOUL HASSAN BEN GAZZAI, BEN
ESSAMIRY.
Aboul Hassan Essamiry était le neveu de Mouhaddeb eddin Essamiry. S’étant fait musulman, il servit d’abord comme médecin Malek el Amdjad. A la mort d’El Amdjad, il continua ses fonctions auprès de Malek Essaleh Ismaïl, sultan de Damas, qui lui conféra ensuite le titre de vizir, avecle surnom de Kemal eddin Clierf el Mella Amin eddoula. Ebn Abi Ossaïbiab fait le plus grand éloge du vizir, dit qu’il protégea les savants et fit régner la prospérité dans le royaume. C’est à lui qu’il dédia son histoire des médecins. Il n’en dit pas davantage, mais nous savons d’autre part l’histoire d’Àboul Hassan Essamiry. Malek Essaleh Aïoub ayant conquis Damas sur Ismaïl, Essamiry s’en fut avec ses trésors, mais il fut pris et envoyé au Caire où il resta prisonnier jusqu’en 1249. Dans les révolutions qui entraînèrent la chute des Aïoubites en Égypte, et dont fut témoin Louis IX, chef de la septième croisade, il prit le parti de Malek Ennacer Yousef contre Ibek, et fut de nouveau pris et étranglé en l’année 1251. M. Quatremère nous apprend qu’il laissa une bibliothèque contenant 10,000 volumes de choix.
Il écrivit un Traité complet de médecine en cinq parties.
MOIIADDEB EDDIN EBN EDDAKHOÜAR.
Abou Mohammed Abderrahim ben Ali ben Ahmed Mohaddeb eddin ebn Eddakhouar naquit en 1169 à Damas, où son père Ali était un oculiste en renom.
Tadj eddin el Kendy lui enseigna les humanités. Il eut pour maîtres en médecine Rady eddin Errahaby, Mouaffeq eddin ben Mathran, puis El Mardiny, qui se trouvait à Damas en 1181 et lui enseigna le Canon d’Avicenne. Il profita sans doute aussi des leçons de son père, car il fut attaché de bonne heure au grand hôpital comme oculiste. A la mort de Mouaffeq eddin ben Abd el Aziz, le Saheb Safi eddin lui
transféra sa pension, qui se montait à cent dinars par mois.
Malek el Adel le prit ensuite à son service, et l’admit dans ses conseils. Étant tombé malade à trois reprises différentes, Ebn Eddakhouar lui rendit la santé et fut comblé de présents. Une seule dq ces cures lui valut sept mil le dinars. Enfin Malek el Adel l’institua chef des médecins d’Égypte et de Syrie. A la môme époque, le père d’Ebn Abi Ossaïbiah était nommé inspecteur des oculistes. ,
A la mort de Malek el Adel, son successeur Mouaddhem conserva la plupart des médecins de son père, ainsi Rachid eddin Essoury et le père d’Ebn Abi Ossaïbiah. Quant à Ebn Eddakhouar il lui confia le grand hôpital de Damas. Dès lors Ebn Eddakhouar se livra surtout à l’enseignement de la médecine. Non-seulement des étudiants, mais des médecins éminents venaient suivre ses cours. Ce fut pour en profiter que l’historien de la médecine fixa sa résidence à Damas. C’est lui-même qui nous raconte ces faits, et maintenant nous allons lui accorder la parole :
k Je le suivais aussi au moment oh il traitait les malades à l’hôpital. Il y avait en même temps à l’hôpital le grand médecin Omran el Israïly. Élèves et malades gagnaient à ce concours les uns par les conférences, les autres par le traitement. Ce qui résulta de cette rencontre est merveilleux. J’ai été témoin de plusieurs faits de sa pratique, c’est ainsi que je lui vis guérir un cas de manie par l’opium à haute dose. Il y avait aussi le vieux Radhy eddin Errahaby qui donnait ses consultations à domicile, et faisait prendre les médicaments à l’hôpital. Jamais on ne vit dans cet hôpital la réunion de trois médecins aussi éminents.
Ebn Eddakhouar, après avoir fait son service à l’hôpital et visité les grands personnages de la cour, se rendait à sa maison, où il se livrait à la lecture, à la composition et à l’enseignement. Il recevait des médecins et des élèves, leur faisant des cours et répondant à leurs questions. Il avait toujours à la main le livre qu’étudiait l’élève, d’une exécution irréprochable et souvent de sa main, rectifiant les fautes qui pouvaient se trouver dans la copie de l’élève. Il avait aussi sous la main le Sihah de Djouhary et d’autres livres
de lexicologie, pour éclaircir les expressions obscures. La 1 réunion terminée,' il prenait un peu de nourriture puis retournait à l’étude et y consacrait une partie de la nuit.
Il était en relations avec Seif eddin el Amidy, traitant avec lui des questions de philosophie. Il s’occupait aussi d’astronomie et je lui ai entendu dire qu’il possédait seize traités sur l’astrolabe. Le sultan Malek el Achraf, qui était dans l’Est, le fit venir en (1225) 622. Les préparatifs du voyage lui valurent 20,000 drachmes, et quand il eut rejoint le sultan il lui fut fait un traitement annuel de i,500 dinars. Il resta là quelque temps, puis sa langue s’étant embarrassée, il revint à Damas en 626. Mais sa maladie empira et sa parole devint à peu près inintelligible. Il mourut en 628 (1230). »
Avant d’aller rejoindre Malek el Achraf, Ebn Eddakliouar avait donné sa maison pour y établir une école de médecine, avec des immeubles affectés à son entretien. L’enseignement y commença l’année de sa mort.
Ebn Eddakhouar écrivait beaucoup. Ebn Abi Ossaïbiah dit avoir vu plus de cent ouvrages de sa main.
I Nous en connaissons quelques-uns seulement :
Abrégé du Continent de Razès.
Traité des évacuants.
Notes sur la médecine.
Réponse sur des questions obscures de médecine.
Réponse aux observations d’Ebn Abi Sadek sur les Questions de Honein.
Réponse à Aboul Hedjadj Iousef sur le régime des aliments lourds et légers.
Il fit aussi un extrait du Kitab el Ar’any.
Wüstenfeld ne lui a consacré que quatre. lignes.
liACHID EDDIN BEN KHALIFA ÈT SON FRÈRE EL KASSEM BEN KHALIFA.
Rachid eddin ben Khalife était l’oncle de l’historien de la médecine. Sa biographie est mêlée dans Ebn Abi Ossaïbiah de renseignements relatifs au père et à l’aïeul de l’historien.
Comme ce dernier ne fournirait pas une matière suffisante j à une notice, et que l’existence de l’autre se trouve liée à celle de son frère, nous avons cru devoir, aussi renfermer cesl trois personnages dans une notice commune.
Ebn Abi Ossaïbiah, grand-père de l’historien qui devait ] aussi porter son nom et lui donner tant de lustre, naquit à, 1 Damas et y résida longtemps. C’était un homme de bien, un I esprit élevé, aimant la science et les savants. Parmi ses amis il comptait entre autres à Damas Djemal eddin ben Abil : Haouaty et Chihab eddin fils d’Aboul Hadjadj Iousef. En l’année 575 (1178), il eut un fils, El Cassem, et en 576 (1183) ill en eut un second, Rachid eddin ; le premier père etle second] oncle de l’historien. Il quitta la Syrie pour se rendre en Égypte à l’époque où Saladin s'en rendit maître.
Ayant fait en Égypte la rencontre de Djemal eddin etl d’Aboul Hedjadj Iousef, ses deux fils se décidèrent à étudier j la médecine sous la direction de ces deux maîtres, compre-1 nant, dit l’historien, son excellence, les services qu’elle rend et la position qu’elle confère dans ce monde et dans l’autre.
El Cassem suivit Aboul Hedjadj, qui était chargé d’un ■ service d’ophthalmiques à l’hôpital du Caire et s’ adonna particulièrement à l’oculistique. Nous avons déjà vu dans une autre notice qu’il fut nommé plus tard inspecteur des oculistes. En même temps il suivait les leçons d’autres méde-1 cins, parmi lesquels le célèbre Maimonides, qui, bien que ne pratiquant guère la médecine, possédait une grande érudition médicale.
Rachid eddin après avoir étudié les mathématiques sous Taky eddin, suivit Djemal eddin et commença par étudier I sous sa direction les livres de Galien. 11 se mit ensuite à I fréquenter les hôpitaux, à observer les malades et les près- 1 criptions des médecins. Il apprit la chirurgie et l’oculistiqueJ sous Nefis eddin ben Zobéïr, qui était chargé d’un service 1 d’ophthalmiques.
Abdellatif, un ami de la famille, se trouvait en ce moment ] au Caire. Rachid eddin l’eut pour professeur de langue et dsl philosophie, et étudia sous d’autres la musique et l’astrono- I
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mie. C’était un homme assidu à l’étude, y consacrant tous [ses instants.
r Cependant, en l’année 1200, le chef de la famille emmena ses enfants à Damas. Rachid eddin se fit alors l’élève d’Erraliaby, ancien ami de son père, et suivit les services de l’hôpital Ennoury. En même temps, il fréquentait les autres médecins, les savants et les littérateurs qui se trouvaient à Damas. En l’année 1208, Rachid eddin et son père furent appelés par le sultan de Balbek, Malek el Amdjad, qui les reçut avec distinction. Sur sa demande, Rachid eddin lui 'composa un Traité d’arithmétique. Malek el Amdjad était , un esprit cultivé, qui se plaisait dans la compagnie des hommes instruits. Il laissa même un divan.
En l’année 1210, Malek elAdel, sultan de Damas, fut affecté d’ophthalmie. Entre tous les médecins qui le soignèrent El Cassem fut le seul qui réussit à lui rendre la vue. Cassem faisait déjà le service des ophthalmiques dans les bâtiments royaux. Cette cure le mit en faveur et Malek el Adel voulut se l’attacher. Il l’emmena avec lui et le garda tout le reste de sa vie. Malek el Mouaddhem,son successeur, en fit autant. Malek Ennacer Daoud, son fils, étant allé à Karak, Cassem resta à Damas, chargé du service de la citadelle, des bâtiments royaux, de la famille de Malek el Adel et de l’hôpital Ennoury. L’habileté d’El Cassem lui attira une clientèle considérable. C’était un homme prudent, qui n’employait les instruments tranchants qu’à défaut des médicaments, suivant en cela, dit son fils, la recommandation de Galien, dans son livre sur l’épreuve du médecin. Là se bornent nos ^renseignements sur son compte. Nous allons revenir à son frère.
Rachid eddin était toujours au service d’El Amdjad, et il y resta jusqu’à l’invasion de Malek el Mouaddhem. Celui-ci se l’attacha, lui accorda la même confiance et les mêmes faveurs et se plaisait en sa compagnie. Rachid eddin fut un instant chargé de l’administration de l’armée, mais ces occupations n’étaient pas de son goût, et il s’en fit exonérer. En 1214, il fit le pèlerinage delà Mekke avec son protecteur. Sentant ses forces s’affaiblir, il retourna à Damas où Malek
el Adel Abou Bekr lui confia le service de la citadelle et de l’hôpital. Alors il se mit à l’enseignement de la médecine et fit de nombreux élèves. En 1219, Malek Essaleli Ismaïl l’invitait à se rendre à Bassora pour y soigner sa mère. Il s’y rendit, la guérit et revint comblé de présents, mais avec une fièvre qui l’enleva à, son retour à Damas. Il n’avait que 38 ans.
Rachid eddin laissa quelques écrits :
Manuel d’arithmétique.
Traité de géométrie.
Traité de médecine.
Traité des maladies lesplus communes et des médicaments les plus faciles à se procurer.
Du pouls et des rapports de son système avec celui de la musique.
Des éléments.
Notes et observations sur lamédecine.
Mouaffeq eddin Abou Mohammed Abdellatif ben Yousouf ben Mohammed ben Ali ben Abi Saïd naquit à Bagdad en l’année 557 de l’hégire (1161).
L’histoire de sa vie, racontée par Ebn Abi Ossaïbiah, n’occupant pas moins d’une vingtaine de pages, nous renverrons pour les détails à sa Description de l’Egypte traduite par M. de Sacy, et nous nous bornerons ici h quelques traits généraux et caractéristiques.
Son père le mit en rapport avec des maîtres éminents dans toutes les sciences. Lui-même eut toujours la plus grande ardeur pour l’étude des sciences et rechercha la société des hommes distingués. Un de ses maîtres fut le fils d’Amin Eddoula, Un moment il fut passionné pour Avicenne, Géber et l’alchimie. C’est lui qui nous l’apprend dans son autobiographie.
Il habita tour à tour Damas, où il enseigna la médecine, Jérusalem, le Caire et Alep, et séjourna quelque temps en
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Asie mineure. Il se trouvait au siège (le Jérusalem avec Saladin, qui lui fit une pension. Au Caire, il rencontra Maimonides, dont le livre intitulé le Guide des égarés lui parut un mauvais livre. A Damas, il exerça et professa la médecine avec distinction. Etant de séjour à Alep, il entretenait une correspondance avec Ebn Abi Ossaïbiah, dont le père fut aussi l’ami d’Abdellatif. Il mourut à Bagdad en l’année 629 de l’hégire, 1231 de l’ère chrétienne.
Abdellatif écrivit beaucoup, et mous avons les titres de plus d’une centaine d’ouvrages de, sa composition. La plupart ont trait à la médecine et un grand nombre ne sont que des abrégés d’auteurs anciens ou modernes, ou des commentaires. Il en est plusieurs qui ont trait à la matière médicale. Ainsi : Des principes des médicaments simples (dont le Ms. existe à la Bibliothèque de Paris) ; des Traités sur la rhubarbe, le scinque, le froment, la vigne et le vin, la thériaque ; des Abrégés des Traités des médicaments simples d’Eben Ouafed et d’Ebn Samadjoun ; des doses des médicaments composés, etc.
Ce ne sont là que des œuvres de compilation, mais Abdellatif a prouvé dans sa description de l’Egypte qu’il savait unir le talent d’observation à l’étude des anciens. Le IIe livre est consacré à la description des produits végétaux de l’Egypte, ünyremarque d’abordun long article sur leLebakh, le Persea des anciens, qui a donné lieu à tant de commentaires, et qu’ Abdellatif nous dit devenu rare de son temps. Nous citerons encore les articles du sycomore, du baumier, de la colocasie et surtout celui du bananier. A propos de la colocasie, M. de Sacy a fait remarquer qu’Abdellatif lui appliquait ce que Dioscorides avait dit de la fève égyptienne. Le 11° livre de la description de l’Egypte a été de la part de M. de Sacy l’objet de longs et savants commentaires, que l’on peut citer comme un rare modèle du genre, et qui sont un des documents les plus indispensables à consulter pour quiconque veut connaître l’histoire naturelle de l’Egypte. On ne sait ce qu’on doit le plus admirer dans ce travail, de l’immense érudition ou de l’esprit judicieux qui la met en
œuvre.
184 HISTOIRE DE LA mAdECM» ARABE. — LIVRE SIXIÈME. 1
Dans la description de l'Egypte, nous devons signaleEencore quelques-uns des derniers chapitres. Celui consacré aux mets particuliers à l’Egypte et ceux consacrés au récit de la famine et de la peste qui ravagèrent l’Egypte dans les premières années du XIIIe siècle. La mortalité fut effrayante (1). L’auteur estime qu’un monceau de squelettes, sur lesquels il fit de curieuses observations anatomiques, en contenait environ 20,000.
Il y a là un passage curieux, que nous croyons devoir transcrire en entier.
« Plusieurs personnes du nombre de celles qui me fréquentaient assidûment pour conférer avec moi de médecine, étant parvenues au Traité d’ Anatomie (de Galien), avaient peine à me comprendre, et moi à me faire entendre d’elles, parce qu’il y a une grande différence entre une description verbale et l’inspection même des choses. Ayant donc appris qu’il y avait à Maks une colline sur laquelle étaient accumulés des ossements humains en grande quantité, nous nous y rendîmes, et nous vîmes un monticule d’une étendue consirable composé de débris de cadavres humains; il y en avait plus que de terre, et l’on pouvait estimer à vingt mille cadavres et plus la quantité que les yeux apercevaient. Ils se distinguaient en diverses classes, à raison de leur plus ou moins de vétusté.
En considérant ces cadavres, nous y avons recueilli sur la figure des os, leurs jointures, leurs emboîtures, leurs proportions respectives et leurs positions, des lumières que les livres ne nous auraient jamais procurées ; soit parce qu’on a omis d’en parler, soit parce que les expressions dans lesquelles on en a parlé ne présentent pas la chose d’une manière assez précise pour que l’on s’en forme une juste idée, soit enfin parce que l’idée qu’ils en donnent est contraire à ce que nous avons reconnu par l’inspection ; car les preuves qui tombent sous les sens, sont bien supérieures à celles qui ne sont fondées que sur l’autorité. En effet, quoi que Galien
(1) Il faut lire dans M. de Sacy le récit effrayant de l’antropophagie qui fut la suite de cette famine.
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ait apporté la plus scrupuleuse exactitude, et le soin le plus attentif à tout ce qu’il a fait et à tout ce qu’il a rapporté, cependant le témoignage des sens mérite d’ètre cru préférablement au sien, cë qui n’empêche pas qu’on ne puisse ensuite chercher, s’il est possible, un moyen d’expliquer ses paroles de manière à y trouver un sens qui le justifie, fci -Une des remarques que nous avons faites a pour objet l’os de la mâchoire inférieure. Tous les anatomistes s’accordent à dire que cette mâchoire est composée de deux os qui sont fermement réunis vers le menton : quand je dis tous les anatomistes, c’est comme si je disais Galien tout seul ; car c’est lui seul qui a pratiqué personnellement les opérations anatomiques, qui en a fait l’objet particulier de son étude et de ses recherches, et qui a composé sur cette matière plusieurs ouvrages, dont nous possédons les principaux, les autres n’ont pas été traduits en arabe.
Or l’inspection de cette partie des cadavres nous a convaincus que l’os de la mâchoire inférieure est unique ; qu’il n’y a ni jointure ni suture.
Nous en avons réitéré l’observation un grand nombre de fois, sur plus de deux cents têtes ; nous avons employé toute sorte de moyens pour nous assurer de la vérité, et nous n’y avons jamais reconnu qu’un seul os. Nous nous sommes aidés de différentes personnes, qui ont répété en leur particulier le même examen, tant en notre absence que sous nos yeux ; et elles n’y ont jamais vu, comme nous, qu’un seul os, ainsi que nous, l’avons dit. Nous avons fait de pareilles observations sur divers autres articles ; et si la providence favorise notre projet, nous composerons sur cette matière un traité dans lequel nous rapporterons ce que nous avons vu, en le comparant avec ce que nous avons appris dans les livres de Galien. J’ai encore examiné ce même os dans les anciens sépulcres de Bousir, et j’ai toujours trouvé qu’il n’y avait ni jointure ni suture. On sait que, par un grand laps de temps, les sutures les plus imperceptibles et les jointures les plus solides deviennent sensibles et se séparent; mais pour l’os de la mâchoire inférieure dont il s’agit, dans tous les cas on le trouve d’une seule pièce.
Suivant Galien, l’os sacrum et le coccyx réunis sont composés de six os. Pour moi j’ai trouvé que le tout ne faisait qu’un seul os, et après avoir examiné la cliose de toutes les manières, j’ai toujours obtenu le même résultat. Ayant ensuite fait le même examen sur un autre cadavre, j’ai reconnu que cette pièce osseuse y était composé de six os, comme l’a dit Galien ; et la totalité des cadavres que j’ai observés depuis m’a présenté constamment le même phénomène, à l’exception de deux seulement, où ces parties ne formaient qu’un seul et même os; mais dans tous j’ai trouvé ces os joints trèssolidement.
Au surplus, je ne suis pas aussi certain de ceci que de ce que j’ai dit en avançant, relativement à la mâchoire inférieure, qu’elle n’est formée que d’un seul os * Trad. de M. de Sacy, Abdellatif, 418.
Tels sont les écrits d’ Abdellatif sur la médecine en général :
Commentaire sur les Aphorismes.
Sur le commentaire des maladies aiguës d’Hippocrate par Galien.
Abrégé des Fonctions des organes de Galien.
Abrégé des Opinions d’Hippocrate et de Platon.
Abrégé du Livre du fœtus.
Abrégé du Livre de la voix.
Abrégé du Livre du sperme.
Abrégé du Livre de la respiration.
Abrégé des espèces de fièvres.
Abrégé du Livre des fièvres d’Israïly.
Abrégé du Livre des urines, du même.
De l’eau. De la soif.
Des origines de la médecine.
Du traitement par les contraires.
Du diabète et de son traitement.
Des tempéraments.
Des crises.
Traité d’anatomie.
Réponse à Aliben Rodhouan sur les divergences d’Aristote et de Platon.
P; . Réponse à Ebn el Khatliib sur son commentaire des Généralités du Canon, dédié à Rachid eddin, oncle d’Ebn Abi Ossaïbiah.
Sur les gloses d’Ebn Eddjami sur le Canon. i Des sens.
tf .De la parole, de la voix et de la respiration.
Abrégé de l’hygiène de Galien.
De l’objet de la médecine.
De la pbrénésie.
■ De l’hypochondrie.
Abrégé de la Colique d’Ebn Abil Achats.
Abrégé du Livre des animaux, du même.
Abrég'é'des Animaax d’Aristote.
, Livre sur les animaux, en 100 cahiers.
Abdellatif écrivit divers ouvrages sur la philosophie, soit originaux soit en forme d’abrégés, ou de paraphrase, ou de commentaires. Plusieurs ont trait à la philosophie d’Aristote, ainsi que d’Avicenne et d’El Faraby.
Nous citerons les. suivants :
Sur le livre des tendances des philosophes (de Gazzaly),
De la substance et de l’accident.
Des sciences nuisibles.
Avis aux médecins et aux philosophes, b Réponse à Ebn Heitsam sur le lieu.
Abrégé de métaphysique.
De l’origine des langues.
Réponse aux juifs et aux chrétiens.
De la politique.
De l’art de la guerre, adressé à des princes contemporains.
Sur les minéraux et la vanité de l’alchimie.
Enfin il écrivit aussi sur les traditions.
EBN ABI OSSAÏBIAII.
Aboul Abbas Ahmed ben el Cassem ben Khalifa -Mouaffeq eddin el Khazradjy, plus connu sous le nom d’Ebn Abi Ossaïbiah, ne fut pas simplement l’historien de la médecine,