‹ Histoire de la médecine arabe (volume 2)Chapitre 71 sur 239 · XXV. Epreuve des médicaments simples et composés · texte numérisé non relu

XXV. Epreuve des médicaments simples et composés

Le premier chapitre est de la déontologie. Le pharmacien ;

doit être un homme probe et religieux, craignant Dieu d’abord, puis les hommes. Nous verrons plus loin, dans un autre chapitre, des conseils du même genre.

Dans le courant du livre l’auteur met fréquemment à profit ses devanciers. Il donne fréquemment des notes de nature privée, de la main des auteurs et en dehors de leurs écrits, ainsi d’Ebn el Baïan et du Cadhy Fateh eddin. Il fut en] rapport direct avec Ebn el Beitliâr, dont il reproduit quelques communications.

Disons aussi que,iparmi les nombreux auteurs auxquels il fait des emprunts se trouve Averroès, ce qui prouve que l’il-1 lustre philosophe n’était pas aussi ignoré en Orient qu’on l’a dit quelquefois.

Nous allons signaler sommairement les quelques parties qui nous ont paru le mériter.

ÉGYPTE

i A l’article Zerneb, on voit que cette substance était déjà de son temps un objet de controverse, ou que plusieurs •substances étaient données sous le même nom.

L’auteur s’est assuré dé ses yeux que la Mashaqounya, qui fut aussi controversée, n’est autre chose que de la scorie provenant de la fabrication du verre.

Un chapitre intéressant est celui de la confection des sirops.

Il est question du fameux sirop de Cadhy, Pandanus, ce spécifique indien de la variole dont il est question dans Razès, et qui avait été méconnu jusqu’à nous. L’auteur dit qu’il porte aussi le nom de sirop de Cadar, et qu’il se confectionne avec le bois du végétal.

II donne de longs détails sur la récolte des simples et sur les récipients de diverse nature qui conviennent à leur conservation, ainsi qu’à celle des composés.

Il indique aussi les moyens de reconnaître les sophistications, le moment où l’on doit employer les préparations-, celui où elles perdent leurs propriétés, ainsi que les correctifs.

Le chapitre de la vérification des médicaments donne parfois de curieux détails sur leur provenance. Ainsi, à propos du safran, il parle de l’espèce franque ou génoise, dont une variété paraît avoir reçu de l’huile ou du miel. Nous signa- ' lerons aussi un long et curieux article sur les Cardamômes.

Outre des conseils de morale, le chapitre XXIII contient des conseils professionnels. Le pharmacien doit peser ses paroles et surtout ses écrits, car l’écrit est la pensée scellée du sceau de son auteur. Les conseils professionnels sont relatifs à la manière de procéder aux diverses compositions, suivant leur nature.

En somme le Menhadj estun des plus précieux monuments que la pharmacie arabe nous ait légués.

L’auteur nous dit qu’il se proposait d’écrire un traité spécial sur les simples.

EL AICBARY OU EL ABIRY.

Abou Abdallah Mohammed ben Ahmed el Akbary (ou el Abiry) ne nous est connu que par un manuscrit de Paris, (A. F. n” 1068} qui porte le titre Ennetaïdj el aqlyat, que nous rendrons par : les Conclusions rationnelles.

ün y trouve de la médecine, mais surtout de la pharmacie; ce qui nous a engagé à le rapprocher duMenhadj, qu’il rappelle en certains points, n’ayant pu trouver aucun indice | sur l’époque où vivait l’auteur.

Ce manuscrit, confusément relié, contient 130 feuilles. Nous trouvons d’abord la déontologie. Le pharmacien doit se pénétrer de l’importance de ses fonctions,' apporter le plus grand soin dans le choix des substances et de leurs récipients.

Il ne doit pas se proposer d’amasser des richesses, ni s’immiscer dans la pratique de la médecine, mais déclarer son ignorance. Il doit éviter les mauvaises compagnies et les médecins ignorants, avoir une tenue correcte, être réfléchi et plein de courtoisie, particulièrement envers les malades pauvres, et ne pas leur refuser des médicaments en disant qu’il ne les possède pas.

Il ne doit pas faire ses préparations dans des vases en cuijjj vre. Chaque instrument, vase, récipient ou ustensile, doit ■ être d’une matière appropriée,' bois, fer, argent, verre, ar- I gile, etc.

Viennent ensuite des détails sur les médicaments et leur. \ conservation, la durée de leurs propriétés, etc.

La partie relative à la médecine est trop écourtée pour j offrir de l’intérêt.

SEDID EDDIN BEN ABIL BAYAN.

Sedid eddin Aboul Fadhl Daoud ben Abil Bayan, juif caraïte, naquit au Caire en l’année 568. Il dut vivre longtemps, car il vivait encore à l’époque où Ebn Abi Ossaïbiah écrivait son histoire.

Il eut pour maîtres Ebn Eddjami et Aboul Fedhaïl ebn Ennaked, et il devint un des plus éminents médecins de son siècle. Il passait pour celui qui connut le mieux la composition des médicaments, leurs doses et leurs propriétés. Ebn Abi Ossaïbiab fut en même temps que lui chargé d’un service à l’hôpital Ennacery. J’ai pu, dit-il, observer son attention à suivre les préceptes de Galien, la sûreté de son diagnostic et l’habileté de son traitement. Il fut médecin du sultan Malek el Adel. Il laissa : un Formulaire en douze livres, dont on nous fait l’éloge, où il traite des médicaments employés dans les hôpitaux et dans lqs officines en Égypte, en Syrie et dans l’Irak ; des notes sur le livre des causes et des accidents de Galien.

Là Bibliothèque bodléienne possède de lui un recueil d’observations.

DJEMAL EDDIN BEN ABIL HAOUAFER.

Djemal eddin Otsman ben ILibat Allah ben Abil Haouafer el Kissy naquit à Damas et apprit la médecine à l’école de Mohaddeb eddin ben Naqqâch et de Radhy eddin ben Ralmby . Il suivit Malek el Aziz en Egypte, cm il fut nommé chef des ■médecins. Après la mort de Malek el Aziz il resta au Caire . et servit Malek el Kamel.

II. avait da réputation d’être aussi habile dans la pratique de la médecine que savant dans la théorie. C’était un homme généreux et vertueux, s’occupant aussi de morale et de poésie.

FATEH EDDIN AHMED EL QUISS Y.

Fateh eddin Ahmed ben (Djemal eddin) Otsman ben Hibat Allah ben Ahmed ben Akil el Kissy est bien pour nous le fils du précédent. Reiske et Wüstenfeld nous donnent simplement Fateh eddin à la suite et comme fils de Djemal eddin. La liste supplémentaire du musée britannique donne Fateh eddin fils de Djemal eddin fils d’Abiï Haouafer comme ayant vécu au Caire sous le règne de Malek Essaleh.

D’autre part, il existe à Paris, sous le n° 1043 du supplément! arabe, un ouvrage dont l’auteur porte la série de noms que nous avons donnés plus liaut, à part Djemal eddin, que, l’on j a sans doute oublié. L’auteur de cet écrit est bien celui que l mentionnent les listes d’Ebn Abi Ossaïbiab dont nous avons] parlé.

Dans cet écrit, composé sur l’invitation de Malek EssalelJ Nedjem eddin, l’auteur est qualifié de chef des médecins. Cela ouvrage est un traité d’oculistique intitulé Netidjat eÙ fekri fi iladj amradh el basri, Conclusions réfléchies sur le.] traitement des maladies de la vue. Il contient 90 feuilles..*

La Netidja se divise en 15 chapitres. Les procédés opéra-. . toires sont indiqués 'aussi bien que les médicaments. C’est, en somme, un ouvrage de valeur moyenne. Nous n’y trouvons aucune citation de ses devanciers.

A propos des maladies du nerf optique, l’auteur donne un petit tableau de la densité et de la raréfaction de l’esprit visuel en rapport avec la vision de loin ou de près, c’est-àdire avec le presbitisme ou la myopie.

C’est peut-être là ques’est inspiré Salah eddin dans leNour el Ouyoun, qui reproduit un tableau du même genre et qui cite quelquefois la Netidja.

La Netidja se trouve dans les Bibliothèques de l’Orient (Hadji Khalfa, édition Fluegeî, VIL)

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