IV.— ÉGYPTE
Bien que le Caire fut éclipsé par Damas, le mouvement scientifique n’en fut jiîas moins accusé en Égypte.
Les princes aïouMtes descendants de Saladin, marchèrent' sur les traces de leur père, le fondateur de l’hôpital Ennasj cery. L’un d’eux voulut retenir Aboul Abbas Ennabaty, l’antre fut plus heureux à l’endroit d’Ebn el Beithâr. Il faut remarquer encore que bon nombre de médecins, qui appartiennent plus spécialement. à la Syrie, firent en Egypte une partie de leurs études et même y furent attachés à l’hôpital Ennacery.
Ainsi en est-il pour toute la famille d’Ebn Abi Ossaïbiah^ pour Abdellatif, pour El Mohendes, pour Errahaby, pour Iousef Essebty. Ebn Eddakhouar fut nommé médecin eü chef de l’Égypte et de la Syrie, les deux sultanies s’étant trouvées réunies sous le même sceptre.
Du reste, on compte encore en Égypte quelques médecins!! éminents, tels que Sedid eddin ben Abil Bayan, Cohen el ■ Attar, Djemal eddin ben Abi Haouaffer, Nefis eddin ben Zobéir. Ces deux derniers médecins furent nommés en chef en Égypte.
Le nom le plus éminent est celui d’Ebn el Beithâr, le plus grand botaniste des Arabes, qui réunit seul l’érudition à l’observation directe de la nature. Il fut nommé chef des 1 herboristes en Égypte, et suivant une autre version chef des médecins.
Sur la fin du siècle une dynastie nouvelle, celle des Mamelouks se montra aussi favorable aux sciences. Kalaouu '
ÉGYPTE
; restaurait l’hôpital .connu sous le nom de Moristan, et son premier écuyer, Abou Bekr ben Beclr, lui dédiait un précieux traité d’hippologie et d’hippiatrique.
COHEN EL ATTHAK.
[ Aboul Mena ben Abi Nasr ben Haffahd, plus connu sous [ le nom de Cohen el Atthar, le prêtre pharmacien,' et dit aussi el Israïly, el Harouny, de sa religion et de sa descendance, vivait au Caire dans le courant du XIIIe siècle. Nous savons par ses écrits qu’il composait en l’année 1259 de notre ère. Hadji IChalfa, qui lui a consacré une courte notice, ne donne pas d’autre date (n° 13,230 de l’édition Fluegel).-
Nous avons de lui un traité de pharmacie qui porte le titre de Menhadj Eddokhân, ou Manuel de l’officine, un des meilleurs qui nous soient restés sur la matière, tant pour le fonds que pour la forme et l’esprit suivant lequel il est composé.
Comme il arrive généralement en pareil cas, il nous dit dans sa préface qu’il a été déterminé par les imperfections des écrits antérieurs. C’est ainsi que tout en citant avec éloge le Destour el Marestany d’ Aboul Baïan Essedid, il fait observer qu’il est trop sommaire et qu’il s’adresse surtout aux médecins.
Pour lui c’est aux pharmaciens qu’il s’adresse. La pharmacie, Sanaat Essiâla, dite aussi de son temps l’art des drogues et des boissons, est la plus noble des sciences après la médecine.
Le pharmacien doit être dirigé dans sa marche, il doit être dans la position d’un maître vis-à-vis d’un élève. Il a donc eu recours à des autorités sûres et incontestées.
L’importance de cet ouvrage autorisera les détails dans lesquels nous allons entrer. C’est un des meilleurs spécimens que nous puissions donner.
Le livre est divisé en XXV chapitres :