V. — ESPAGNE ET MAGREB
L’Espagne musulmane semblait avoir jeté toute sa sève au XII” siècle, et ne pouvait que décroître.
D’autre part l’invasion Almohade fut bientôt refoulée sur l’autre rive du détroit, les musulmans furent déplus en plus pressés par les chrétiens et ne surent pas rester unis contre l’ennemi commun. Cordoue et Séville tombèrent au pouvoir des chrétiens, et les Arabes furent bientôt réduits au petit royaume de Grenade.
Tant que dura la domination des Almohades, nous voyons encore un certain nombre de médecins qui s’étaient formés dans le siècle précédent, attachés à la personne des souverains, la plupart les suivant à Maroc, et y terminant leurs jours, quelquefois après y avoir enseigné la médecine. Le Maroc bénéficia ainsi des infortunes de l’Espagne. Il en fut de même du Magreb moyen, notre moderne Algérie. Quelques médecins allèrent se réfugier à Bougie, qui fut pendant le treizième siècle un petit centre de lumières.
Un seul nom domine la foule des quelques médecins andalous, c’est celui d’Aboul Abbas Ennabaty, le plus grand botaniste observateur des Arabes, et qui aurait égalé son disciple, Ebn el Beitliâr, s’il en avait eu l’érudition.
A côté de lui, nous citerons Abdallah ben Saleh, un autre botaniste, qui fut aussi le maître d’Ebn el Beithâr, et qui fit des études sur les deux rives du détroit.
Le plus éminent des médecins de cette époque fut Aboul Hedjadj ben Mouratir.
Ajoutons que les derniers représentants de la famille
ESPAGNE ET MAGREB.
td’Avenzoar, dont nous avons parlé au siècle précédent, soutenaient encore dignement au XIII0 siècle la vieille réputation de la famille.
En somme, si l’Espagne musulmane avait perdu ces grands hommes du siècle précédent, il lui restait encore bon nombre de savants de second ordre. Alphonse les attirait à sa cour. Avec eux il cultivait l’astronomie et rédigeait les tables alphonsines, qui lui assurent un impérissable souvenir.
ABOUL ÎIEDJADJ BEN MOURATIR.
Aboul Hedjadj Yousef ben Mouratir nous est donné comme médecin éminent, d’un jugement sûr et bon praticien. Il était aussi versé dans la jurisprudence et les traditions et composait des poésies. Il servit d’abord le Khalife Abou Iousef Iakoub el Mansour auprès duquel il était en crédit et dans l’intimité, puis Ennacer qu’il accompagna à Tunis, puis Mostancer sous le règne duquel il mourut à Maroc, dans un âge avancé.