‹ Histoire de la médecine arabe (volume 2)Chapitre 90 sur 239 · EBN EL ICOTBY ET LE MA LA IESA · texte numérisé non relu

EBN EL ICOTBY ET LE MA LA IESA

Près d'un siècle s’était écoulé depuis la mort d’Ebn Beithâr, quand son grand Traité des simples fut l’objet d’une refonte. L’auteur de ce travail est Iousef ben Ismaïl el Khouy (ou El Djouiny) Ibn el Kebir, Ibn el Cotby, Echchafey. Il lui donna le nom, sous lequel il est bien connu, de Ma la iesa etthabib djahlouhou, Ce qu’il n’est pas permis à un médecin d’ignorer.

Suivant l’auteur du Ma la iesa, le grand ouvrage d’Ebn Beitliâr a des défectuosités. 11 a des longueurs, des répétitions, des confusions, des omissions, des inégalités, des inexactitudes, etc. Toutefois, il avoueque, dans ses recherches sur les ouvrages de ce genre, il n’a rien trouvé d’aussi utile et d’aussi complet.

On ne saurait nier qu’il y ait des longueurs et quelques répétitions dans l’œuvre d’Ebn Beithâr : c’était une nécessité du plan qu’il avait adopté. Voulant reproduire intégralement les auteurs cités, il était bien difficile, à moins de les mutiler, que les extraits successivement reproduits ne se répétassent pas un peu l’un l’autre. Il y a cependant beaucoup d’art dans la manière dont ces extraits sont groupés. Après la descriptiou, viennent les propriétés et les emplois. Chacun de ces emplois a des citations spéciales et exclusives, de telle sorte qu’un auteur peut être cité plusieurs fois dans le courant d’un chapitre consacré à un seul et même médicament. Ebn Beithâr s’était proposé d’écrire un répertoire complet d’histoire naturelle médicale et de thérapeutique, oii l’on pût trouver tout ce qui concerne les aliments et les médicaments, et il a mis à contribution tous les auteurs ayant traité la matière. Le but de l’auteur du Ma la iesa est tout autre. Il a voulu, comme il nous le dit dans sa préface, faire

un livré qui serait en quelque sorte l’abrégé de celui d’Ebn | Beithâr, sans en avoir les superfluités et les défauts.

Le Ma la iesa, sous un volume moitié moindre, et avec tous les éléments fondus ensemble, pouvait mieux convenir aux praticiens insoucieux de la critique et préférant la science toute faite. Pour nous, le Ma la iesa n’a plus guère de valeur. En admettant même que le choix et la synthèse des matériaux y soient toujours irréprochables, rien ne nous intéresse dans cette compilation que ce qu’elle peut avoir de véritablement neuf. H en est tout autrement pour l’ouvrage d’Ebn Beithâr. Il nous a conservé, d’un grand nombre de médecins dont les écrits ne sont pas parvenus jusqu’à nous, des extraits qui peuvent nous faire connaître la nature et la valeur de leurs écrits. D’un autre côté, bon nombre de questions ont été tranchées dans le Ma la iesa, qui peuvent être reprises plus compétemment par la critique moderne mieux renseignée. Pour l’histoire naturelle de l’Orient, Ebn Beithâr sera toujours consulté avec fruit, et tel détail qui aura paru superflu à l’auteur du Ma la iesa, peut avoir de l’intérêt pour nous.

Les omissions reprochées à Ebn Beithâr sont d’avoir négligé d’indiquer souvent le degré des simples, leurs inconvénients, leurs correctifs, leurs modes d’emploi, leurs doses, leurs succédanés. Ces reproches ne sont pas toujours mérités tant s’en faut, et puis ces indications ne rentraient pas toutes dans le plan de l’auteur.

Quant aux inégalités, c’est-à-dire à ce que certains articles sont trop longs et d’autres écourtés, il ne pouvait guère en être différemment.

Malgré toutes ses recherches, à l’époque où vivait Ebn Beithâr et malgré son séjour en Égypte, en Syrie, pays de bibliothèques, il était bien difficile de posséder tout ce qui avait été écrit sur la matière, et Ebn Beithâr ne voulait produire que des documents sûrs, ou le résultat de son expérience. Telle est l’explication de ses quelques lacunes.

On lui reproche des infidélités de reproduction. Pour le constater, nous manquons de documents. Cependant nous pouvons affirmer que hes citations du Canon et du Traité

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des correctifs de Razès sont fidèles et conformes à l’original.

Le Ma la iesa mérite quelques-uns de ces reproches. Il donne assez souvent des étymologies grecques qui sont tout autre chose, ainsi pour l’Ardjiqua, l’Amdryan, etc.

Ses déterminations ne sont pas toujours sûres et les éléments de la discussion font défaut. Il tombe aussi dans des erreurs relevées par Ebn Beithâr, ainsi à propos du succin qu’il admet comme un produit du peuplier. Il a aussi ses répétitions et ses confusions, ainsi à propos de l’holosteum, etc.

Quelques articles d’Ebn Beithâr ne se rencontrent pas chez lui, ainsi le Zerneb, le Serrent, etc.

Par contre il en a une dizaine peut-être de nouveaux, ainsi le rhinocéros, le perroquet, la gomme élémi, etc. Nous ■citerons encore chez lui, comme provenance, les Bulgares et les Russes : il dit. notamment que le peuplier est commun chez eux.

Si nous appuyons nos reproches d’exemples à l’appui, nous ajouterons que le Ma la iesa n’en agit pas de même pour Ebn Beithâr.

En somme si ce livre était un travail avantageux pour les étudiants et les praticiens, il n’a pour nous qu’un faible mérite. Les documents y sont fondus ensemble, quelle que soit leur provenance et nous 11e pouvons de la sorte y puiser que des renseignements douteux, tandis que chez Ebn Beithâr,7 chacun porte son étiquette et se produit avec sa valeur propre. Enfin avec Ebn Beithâr nous pouvons reconstituer les travaux des différents médecins, et faire le bilan des acquisitions que l’histoire naturelle médicale doit aux Arabes.

Ce livre cependant nous a rendu quelques services. Il nous a fourni de temps en temps quelques éléments de contrôle, autant que sa forme le permet, pour les passages et les transcriptions douteuses.

Nous lisons à la fin de la première partie, consacrée aux médicaments simples, que l’auteur se propose d'en faire une seconde consacrée aux médicaments composés, et qu’il finissait d’écrire cette première partie à la date de 711 de l’hé-

gire. C’est à peu près là tout ce que nous savons sur l’auteur. Hadji Khalla ne nous en apprend pas davantage. A l’article 12,623 où il parle des simples d’Ebn Beithâr, il reproduit sommairement l'appréciation qu’en a faite l’auteur du Ma la iesa. Au n° 1L278, il ne donne que le titre du livre et le nom de l’auteur, avec la date 711. La Bibliothèque de Paris possède un bel exemplaire du Ma la iesa. Ce manuscrit, coté n° 1072 est un in-4“ de 304 feuillets, bien conservé, d’uu beau papier, bien écrit, à 25 lignes à la page, d’une écriture unique, fine, très serrée, exigeant parfois un peu d’attention, ' Les caractères sont orientaux. Les noms des simples sont écrits en caractères rouges plus gros.

Les prolégomènes occupent les 15 premières pages.

D’après une note de Celsius, on a voulu voir son Aboulfadhl comme l’auteur du Ma la iesa. Nous n’avons rencontré nulle part Aboulfadhl dans la nomenclature des noms d’Ebn el Iiotby. D’autre part, Sprengel place l’Aboulfadhl de Celsius au Xe siècle et le qualifie de Cliirasy ou Cliierzy. Nous n’en avons non plus trouvé de trace. L’ Aboulfadhl de Celsius pourrait être celui dont parle Hadji Klialfa, n° 361.

. SEDID EL CAZROUNY.

Il ne nous est connu que par un commentaire du Moudjiz el Canoun d’Ebn Ennefis, intitulé el Mor'ny ficharh cl Moudjiz, ou le Livre qui suffit par le commentaire du Moudjiz. Parmi les commentaires du Moudjiz, celui de Sedid est un de ceux qui ont le plus de vogue. Il nous en est parvenu plusieurs exemplaires. Il en existe à Oxford, à Munich, et à Paris, sous les n0! 1004, 1005 et 1006 de l’ancien fonds, et 1034 du supplément. Les bibliothèques de l’Orient en possèdent une demi douzaine.

Il semblerait que l’auteur fut un des disciples de Cothob eddin Echchirazy, d’après ce qu’on lit dans son introduction. dont nous reproduirons le résumé.

« Pénétré, dit-il, de l’excellence delà médecine, je me

suis adonné à la lecture et attaché au service des médecins de diverses contrées, jusqu’à ce que je compris le mérite du Ganon, qui est la quintessence d’Hippocrate et de Galien et de leurs commentateurs. J’étudiai les commentaires du Canon de notre maître, Moulena, Cothob eddin Echchirazy et d’Ebn Ennefis connu sous le nom de Moudjiz. Je me proposai de compléter ce livre et je l’ai enrichi de ce que j’ai gagné aux leçons de mon maître el Abery Hiny. »

Le Mor’ny est mentionné simplement par Hadji Khalfa, n° 13,399, et il ne nous apprend rien sur la personnalité de l’auteur.

De même que le Moudjiz, le Mor’ny a eu les honneurs de l’impression. Il parut à Calcutta en 1832, sous ce titre anglais: Ashshurh ool Moognee, commentatio àbsoluta, a commentary to the Moodjiz ool Qanoon, Known by the name of the s udeedee, compilcd by the celebrated physician Moulana Sudeed Càzroonee, on the theory and practice ofphysic and the materia medica.

EL aksaraï..

Djemal eddin Mohammed ben Mohammed dit El Aksaraï, du nom d’une ville de l’Asie mineure, fit aussi un commentaire du Moudjiz d’Ebn Ennefis, auquel il donna le titre de Hall el Moudjiz, ou l’Ouverture, la Clef du Moudjiz. La Bibliothèque Bodléienrie en possède deux exemplaires, sous les nos 606 et 635. Nous en avons trouvé six dans les bibliothèques de l’Orient.

Hadji Khalfa, n° 13,399, cite Aksaraï et dit qu’il naquit en 714 de l’hégire, et mourut en 800 (1377). Ce commentaire existe à Leyde, n° 1322.

ABOU SAÏD BEN ABI SEROUR ESSAODY EL ISRAÏLY.

■ Ce médecin juif ne nous est connu que par une simple mention de Hadji Khalfa au n° 11,168. Il le dit auteur d’uu livre intitulé Ellemha Fitthebbi, l’Éclair médical. Nous savons d’autre part qu’un des commentateurs du Moudjiz, El

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Amchaty , voulut annexer ou fondre, avec son commentaire, la Lemha, ce qui fait penser que cet ouvrage avait quelque mérite. El Amchathy vivait au XVe siècle, et c’est pour cette raison que nous avons placé l’auteur de la Lemlia au XIVe.

La Lemha et le commentaire d’El Amchaty existent dans les bibliothèques de l’Orient.

Ajoutons que Iiadji Khalfa qualifie AbouSaïd de chef des médecins, Cheikh el athibba.

THABARISTANY.

Abou Iahya Issa ben Omar Étthabaristany est auteur d’un traité d’alchimie intitulé Destour ettedjarib, ou la Règle des expériences. Cet ouvrage existe à la Bibliothèque médicéenne de Florence. L’auteur nous est dit un philosophe et un médecin éminent du VIIIe siècle de l’hégire. ,

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