DÉCADENCE
à peu de choses. Quelques-uns de ses ouvrages ont été composés au Caire et à Damas, de l’année 740 de l’hégire (1339) à l’année 743 (1342). Il n’est dônc pas mort en l’année 740, ainsi que l’avance le catalogue de la Bibliothèque Bodléienne.
Après avoir observé que d’Herbelot fait mal à propos deux personnages différents de Djeldeky, de Sacy donne la liste de ses ouvrages, d’après Hadji Khalfa.
Trois traités intitulés Beclr el Moanir, lune brillante; Derr el Mentour, perles répandues ; Kechf essotour, écartement des voiles, ne sont que des commentaires d’un ouvrage d’Ali ben Moussa el Andaloussy, intitulé Chodhour , qui paraît être un traité d’histoire naturelle et d’alchimie. Lé Derr el Mentour fut composé en 743.
Viennent ensuite des Traités de la pierre philosophale : le Boughiat el Khabir, désir de l’habile ; le Chems el Mou nir, soleil éclatant, qui ont le même objet.
Le Nehaïat el Mathléb, terme de la question, est un commentaire d’un Traité d’alchimie d’Aboulcassem El Iraquy intitulé Modasseb eddehébya (existe à Vienne, 1495).
Ce sont ensuite des traités du même genre : le Tacrib fi Asrar el Kimia, introduction aux secrets de l’alchimie ; le R’ayat essorour, l'excellence des secrets ; le Kenz el ikhtissas, le trésor propre ; le Misbah fi ilm el Miftah, flambeau de la science ou la clef ; le Borhan fi ilm el Mizân, démonstration de la science de la balance. Ce dernier titre est celui d’un livre de Géber, le maître de la science hermétique.
Dans la préface du Misbah, Djeldeky rapporte que Géber a composé 3,000 volumes, desquels il a recueilli la matière de cinq volumes dont le Misbah est le résumé.
L’Alborhan fi Asrar ilm el Mizan, dit de Sacy, est un ouvrage très étendu, divisé en quatre parties, dans lequel l’auteur a réuni un grand nombre de matières d’histoire naturelle et de théologie. Il consiste en préfaces, traités élémentaires de divers auteurs et commentaires. On y trouve le livre de Bolinas (Apollonius de Tyane) sur les sept corps et le livre des corps de Géber. Il y a fait entrer aussi la plus grande partie des livres des Balances de Géber.
Il existe aussi dans nos bibliothèques un commentaire de Djeldeky sur des ouvrages d’alchimie de Mohammed ben Ali Ettemimy.
Unepartie des ouvrages deDjeldekinousont été conservés?! Djeldeki n’a pas été inconnu de nos chimistes du moyenâge et -son nom figure dans la Bibliothèque hermétique de Langlet Dufresnoy.
EBEN BATODTAH.
Nous devons un mot à cet illustre voyageur, qui n’a pas seulement enrichi la géographie, mais fourni des renseigne^ ments à l’histoire naturelle.
Né à Tanger, en 1304, il partit en 1325 pour le pèlerinage, mais son humeur l’emporta en Arabie, en Syrie, en MésSpoS tamie, en Perse, au Zanguebar, en Asie mineure, à Constantinople, en Russie, en Boukliarie, dans l’AfganisM;1*! l’Inde, la Chine, l’archipel indien et l’ile de Ceylan.
En 1349, à peine rentré dans sa patrie, il partit pour Grenade, puis pour le Soudan et atteignit Tombouctou.
Le récit de ce voyage a été publié récemment par la Société asiastique, texte et traduction de MM. Defrémery et Sanguinetti, 4 volumes et un Index. On peut voir dans cet index combien se trouvent de renseignements sur l’histoire naturelle. Déjà en 1847, M. Dulaurier a publié, dans lé 1 Journal asiatique, un fragment sur l’Archipel indien, avec des notes concernant les produits naturels de ces contrées;
2" Espagne.
Issa ben Mohammed el Amoury fut attaché comme médecin à la personne du roi. Il publia un excellent ouvrage de i médecine en plusieurs tomes, intitulé la Clef du traitement, et mourut à Grenade en 1327.
Mohammed ben Ibrahim ben Abdallah ben Roübil, dit Ebn Esserradj, naquit à Grenade en 1256.
■ C’était un liomme d’une grande érudition et même un I poète, en même temps qu’un médecin habile.
I II s’acquit une telle réputation par sa pratique et ses J écrits que le roi Mohammed ben Mohammed le choisit pour son médecin. Non-seulement il avait du plaisir à soigner ’ les pauvres, mais il subvenait à leurs besoins et leur abandonnait le tiers de son revenu. Il apprit la médecine à l’école d’Abou Djafar Errakouty de Murcie, médecin très renom- I mé de son temps.
La mort du roi fut pour Ebn Esserradj l’occasion d’une grave mésaventure. Le prince était à l’article de la mort, quand le médecin fut interrogé sur l’alimentation qu’il avait prescrite. La réponse fut ironique, Ebn Esserradj se doutant que les serviteurs du prince lui avaient administré des aliments empoisonnés, avec la connivence de son successeur. Là-dessus le médecin fut jeté en prison et, au bout de trois ans, il n’en sortit qu’avec l’exil et la confiscation de ses biens. Il put cependant plus tard rentrer dans sa patrie, où il mourut en l’année 1329. Il avait publié plusieurs ouvrages relatifs à la médecine et à la botanique.
Mohammed ben Ahmed ben Faradj ben Ciiokral, philosophe, jurisconsulte et médecin, après avoir été libraire et pharmacien, fut chargé de la bibliothèque du roi h Grenade. Il mourut disgracié à Bône en 1331.
Mohammed ben Ahmed, dit El Marakchy, d’Alméria, jeune homme d’une grande beauté et de grandes espérances, déjà médecin habile en même temps que passionné pour l’alchimie, mourut en 1336.
Ga-leb ben Ali ben Mohammed el Ascoury, dit aussi Abou Temam, né à Grenade, se rendit, jeune encore, au Caire où il s’adonna tout entier à l’étude de la médecine. De retour dans sa patrie, il fut nommé chef, des médecins. Plus tard il fut chargé par le roi de Fez du prélèvement des impôts. Il mourut à Ceuta, en 1350, après avoir laissé plusieurs ouvrages de médecine très estimés.
284 HISTOIRE DE LA MÉDECINE ARABE. — LIVRE SEPTIÈME. j
Othman ben Iahya el Caisy naquit à Malag'a d’une famille illustre, originaire de Séville. C’était, dit son biographe, un homme incomparable et de grandes connaissances. 11 professa la philosophie, la jurisprudence etlamédecineàMalaga et mourut en 1334,.
Mohammed ben Ibrahim ben Mohammed el Ansari, dit Elsenna, do la secte des Soufis, s’adonna passionnément $'( l’alchimie et mourut en 1348.
Mohammed ben Ali ben Iousef Essekouny, ditEBN el Loulou, de Comarès, fut poète et médecin et succomba à la peste en 1349.
Abou Zaicarya Iahya ben Ahmed ben HAZiL,de Grenade et d’une illustre famille, se distinguait comme poète, orateur, philosophe, astronome, médecin et jurisconsulte.
Parmi ses écrits on cite : Du choix des médicaments, De la crise des maladies, Observations de médecine. Il mourut en
Mohammed ben Cassem el Karchy, de Malaga, vint habiter Grenade, puis se rendit à Fez où il exerça la médecine et devint directeur de l’hôpital de cette ville. C’était un homme éloquent et un poète. Né en 1303, il mourut à, Fez en 1356.
Abou Amrou Mohammed ben Abdallah ben Ibrahim Ennemahiry, vulgairement dit Ebn el Hedjadj, naquit à Grenade. C’était un orateur, un poète, un médecin et un mathématicien distingué. Il s’acquitta avantageusement de missions auprès des souverains de Tunis et de l’Égypte. Il vivait encore en 1358.
Aboul Cassem Mohammed ben Iahya el Arfy de Ceuta, dont il fut gouverneur, vint habiter Grenade. C’était un homme versé dans la littérature et la médecine, ainsi que l’attestent ses écrits. Il florissait en 1363.
Mohammed ben Ali ben Abdallah Ellakhmy dit Echchegoury, dé" Segora sa patrie, naquit en 1320, d’une famille opulente. Il s’adonna à l’étude de la médecine avec tant de succès que le roi de Grenadé le choisit pour son médecin.
Il publia plusieurs ouvrages, parmi lesquels : un traité de .médecine, intitulé Présent fait aux postulants; un traité d’expériences, intitulé Le grand souci; un traité très savant sur les erreurs des médecins, intitulé le Juif dompté.
EBtf EL KHATIB.
Mohammed ben Abdallah ben Saïd Lessan eddin ebn cl Khatib naquit à Grenade, en 1313- Sa famille, originaire de Syrie, s’était en dernier lieu fixée à Grenade. Elle produisit plusieurs hommes distingués dans les lettres, ainsi que dans les emplois civils et militaires. Son aïeul commandait la cavalerie, et son père fut gouverneur de Grenade, où il mourut, regretté de ses concitoyens, en l’année 1340.
Ebn el Khatib gagna la faveur du roi de Grenade Ebn el Haddjadj, et devint son secrétaire intime et l’intendant de sa maison.
Sa jeunesse fut studieuse et plusieurs maîtres lui enseignèrent la philosophie, les mathématiques,' la médecine et la jurisprudence. Il excella dans toutes ces sciences, mais particulièrement dans la connaissance de 1 histoire.
Son crédit se maintint sous plusieurs princes de Grenade et il fut investi des plus hauts emplois, mais sur la fin de1 sa carrière il connut l’infortune.
Accusé de trahison par le prince Ebn el Ahmar, il futjeté en prison où il ne tarda pas à subir la peine capitale, en l’année 1374.
Les fonctions d’Ebn el Khatib ne l’empêchèrent pas de consacrer ses veilles ù l’étude et à la composition. Il écrivit une quarantaine d’ouvrages, sur toutes sortes de matières. Nous citerons lès’ principaux, réservant pour la fin les ouvrages relatifs à la médecine.
Ouvrages historiques.
Histoire des rois de Grenade.
Des sultans et des rois de l’Espagne.
Des hommes de l’Espagne célèbres par leur science et leur piété.
Histoire de Grenade.
Histoire encyclopédique de Grenade. C’est cet ouvrage désigné par Casiri sous le titre de Bibliotheca Arabicohispana , duquel il a tiré de nombreuses notices biographie ques(l).
De l’utilité de l’histoire. De la monarchie.
Philosophie et belles-lettres.
Divers recueils de poésie.
Du vizirat.
De l'excellence des lois. ' i,
Do l’art militaire.
De la musique, etc.
Ouvrages de médecine.
De la peste.
Questions de médecine.
De la confection de la thériaque.
Traité de médecine dit El Iousefy.
Des graines.
De l’art vétérinaire et de l’excellence des chevaux.
De la génération du fœtus.
Des moyens de conserver la santé, suivant les saisons de 1 année.
Poème sur la médecine. . 1
Poème sur les aliments.
(Casiri, II, 72).
On trouve aussi notre auteur désigné sous les noms de Lessan eddin el Corthoby, la ville de Cordoue ayant été une des stations de sa famille, avant qu’elle se fixât définitivement à Grenade.
(1) Cet ouvrage est i
l’Escurial ne possède que les VII, VIII, IX, X L’ordre est alphabétique et les Mss. commencent
onze parties. La bibliothèque, de
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la rubrique
On peut lire de longs détails sur la vie publique d’Ebn el Khatib, notamment dans l’bistoire des Berbères d’Ebn Khaldoun traduite par Mi de Slane, IV, 390, et dans Makkary.
[ Wüstenfeld n’a pas reconnu Ebn el Khatib, au ri° 257.
Dans la liste bibliographique donnée' par Casiri nous n’avons pas nettement distingué un ouvrage d’Ebn el Khatib qui existe à la Bibliothèque nationale, n° 1070 de l’ancien fonds. Il n’y aurait guère que le Traité de médecine qui pût lui correspondre : un médecin l’eût sans doute désigné plus . catégoriquement, mais la liste de Casiri est empruntée à un , historien.
Quoi qu’il en soit le Ms. n” 1070 mérite d’être signalé.
L’ouvrage qu’il contient porte le titre : Amel etthobb lifnen Ahabb, Traité de la médecine à ceux qui l’aiment.
Cet ouvrage ne contient pas moins de 103 feuilles. Il est dédié à un prince mérinide et fut composé en 1359.
Il se divise en deux parties.
Dans la première nous trouvons de la pathologie générale et spéciale. Chaque énoncé de maladie est suivi de sa définition, des distinctions ou diagnostic différentiel, des causes, des symptômes, du traitement, des médicaments et des aliments ; le tout sommaire et concis, mais méthodique et complet dans son cadre.
La deuxième partie contient les fièvres, la chirurgie, la cosmétique, les aphrodisiaques et ce qui a trait aux fonctions génitales et à l’enfance.
Le dernier chapitre s’occupe des questions délicates de la médecine, des choses défendues par la loi et de celles que la pudeur ne permet guère de traiter librement.
Quant au vin, l’auteur s’excuse d’en traiter par la raison que l’on peut avoir à son service’ des juifs ou des chrétiens. Les abortifs lui paraissent permis en certains cas où l’étroitesse des parties peut entraîner la mort chez lês femmes enceintes. Quant aux aphrodisiaques, il s’excuse .en ce que ce sont des moyens de rapprocher les sexes et de multiplier le genre humain.
En somme cet ouvrage accuse un bon esprit et des connais-
sances étendues, telles que les lui attribue l’historien cité par Casiri. Nous signalerons sa riche nomenclature des affections de l’œil.
ISHAQ BEN IIAROUN CHELMOUN.
Il existe de lui à l’Escurial, n° 865, un Mémorial des propriétés des aliments. Le manuscrit date de 1425. I
KJEMAL EDDIN EL RARNATHY.
Djemal eddin Iousef ben Ahmed de Grenade est donné par] Hadji Khalfa, n» 1526, comme auteur d’un résumé de médecine intitulé El Idjaz Fitthobb.
Il peut être identique avec un Djemal eddin Abouî Mahas-j sen de Grenade mentionné par Casiri sous le n» 975, et qui vivait au VIH0 siècle de l’hégire. Il existe de lui à l’Escurial j un traité de médecine en grande partie superstitieuse, sous ! le titre Kabas el Anouar, Foyer de lumières. Il est aussi question dans ce livre, de charmes, de sortilèges et d’al-