E DÉCADENCE
ABOULFÉDA.
Imad. eddin Ismaïl, bien connu sousle surnom <T Aboulféda, naquit h Damas en 1273, d’une famille qui descendait d’un frère de Saladin et qui était souveraine de Hama. Eu 1220, à la mort du prince de Hama, ses états retournèrent à l’Égypte. Aboulféda passa sa jeunesse à guerroyer contre les Croisés et les Mongols, mais en même temps il s’occupait de science et de littérature. En 1312, Aboulféda fut définitivement investi de la principauté de Hama, reçut même plus tard le titre de sultan, et jouit d’un grand crédit à la cour d’Égypte. C’est alors qu’il s’occupa de la composition de scs deux grands ouvrages, son histoire universelle et sa géographie. M. Reinaud. à qui nous avons emprunté les éléments de cette notice, lui attribue aussi un Traité de médecine en trois volumes, qui ne nous est pas connu d’autre part. Aboulféda mourut en 1331.
EBN ED DOREIHIM.
Aboulfateli Ali ben Mohammed ebn ed Doreihim Tadj eddin el Mously vivait au XIVe siècle de notre ère ; originaire de Mossoul, il mourut à Bagdad en l’année 1361.
De tous ses ouvrages le plus intéressant pour nous est celui qui porte le titre Utilités des Animaux, Manafi el hayouan. Il se trouve à l’Escurial sous le n» 893. Casiri en a donné quelques échantillons qui semblent prouver que l’auteur s’est abstenu des divagations de Damiry. L’ouvrage est divisé en quatre parties : quadrupèdes, oiseaux, poissons et insectes. Nous ignorons à quel mot arabe correspond le mot insecte: il serait possible que Casiri ait écrit insecte où il fallait reptile.
Parmi les autres ouvrages cités par Hadji Khalfa, nous signalerons un Traité sur le Nil et un autre sur les carrés magiques, ce qui accuse un esprit superstitieux,
DAMIRY.
Mohammed ben Moussa bon Issa beu Ali el Remal Aboifi-. baka, vulgairement comiu sous la nom de Damiry, naquit au Caire en l’année 742 de l’hégire, 1341 de notre ère. Il étudia sous des maîtres nombreux et excella dans la science des traditions, la jurisprudence, la langue, les humanités,, etc. Il [composa divers écrits et commentaires, professa au Caire et y mourut en 808 (ou 1405 de J.-C.).
Ce qui l’a rendu célèbre c’est son ouvrage qui porte le titre de Hayet el Ilaïomn, ou Vie des animaux.
Damiry est le plus grand, zoologiste qu’aient produit les Arabes ; c’est du moins celui qui a parlé le plus longuement des animaux. Il faut dire cependant qu’il en a parlé en littérateur autant et plus qu’en naturaliste. S’il est supérieur à Kazouiny comme étendue de renseignements, il lui est incontestablement inférieur comme méthode. L’ordonnance de son livre est alphabétique, ce qui exclut les groupements et les vues d’ensemble. Mais il y a d’autres défauts !
Damiry a bien sa méthode, et tous ses articles sont traités sur le même plan, mais cette méthode est vicieuse.
Après avoir énuméré les noms sous lesquels tel animal est connu, ses espèces, ses mœurs, enfin son histoire plus ou moins complète, il ajoute constamment ses propriétés, généralement fabuleuses, sa légalité comme aliment, la signification des songes où il intervient et les proverbes auxquels il a donné lieu. Puis sous le moindre prétexte il se lance dans des digressions à perte de vue. A propos d’une monture de Mahomet et encore d’une monture fabuleuse, il nous donne la série chronologique des événements qui ont marqué son existence. A propos d’une citation de Djahidh, il nous retracera tout au long l’histoire de sa maladie. À propos de l’âne, il nous parlera de Jésus ; à propos de l’oie, il fera une longue digression sur Abou Naouas qui l’a bien décrite.
Ce qui met le comble à ces défectuosités, c’est qu’il est
aussi traité d'animaux ou d’êtres fabuleux, ou fantastiques, tels que la jument Boraq, qui porta le prophète dans les eieux, les nasnas, les fées, les génies, etc.
On doit ainsi naturellement s’attendre à beaucoup de crédulité et à des fables. C’est ainsi que nous trouvons rapporté que l’hyène, aussi bieiV que le lièvre, est mâle une année et femelle l’autre, que l’éléphant porte sept ans, etc.
Les autorités les plus sérieuses sur lesquelles s’appuie Damiry sont Aristote, Kazouiny, Ebn él Beithàr, Bakhtichou, Abou Hamid qui ne dédaigne pas le merveilleux, Avenzoar aussi crédule que Pline, etc. "
A propos des songes, nous voyons fréquemment le nom d’Artémidore, et parfois celui d’Ebn Sirin.
En dépouillant Damiry de ses fables, de sés 'chiites, de feës anecdotes, de ses renseignements biographiques, etc., on pourrait éneore constituer un ensemble intéressant dé faits relatifs à l’histoire des animaux.
Le fonds arabe de Paris possède plusieurs copies complètes ou abrégées de Damiry. Nous donnerons une idée dé l’étendue de son œuvre en disant que de deux volumes qui en contiennent chacun une moitié, l’un le n° 870 du supplément a 332 feuilles (1) in-f° à 29 lignes à la page, l’autre en a 487 à 19 lignes.
On sait le parti que Bochart a tiré de Damiry pour son Hierozoïcon. M. Perron en a tiré parti pour le Nacery. La Viedes animaux aété remaniée et dépouillée de ses longueurs : il y a aussi la moyenne et la petite.
Hadji Khalfa juge bien l’œuvre de Damiry qu’il dit inégale. L’auteur était jurisconsulte et pas plus homme du métier que Djahidh. Son œuvre n’est autre chose qu’une œuvre de compilateur.
EBN EL OÜARDY.
Zein eddin Abou Hafs Omar ben el Moudliaffer, vulgairement connu sous le nom d’Ebn el Ouardy, étudia d’abord
(1) Le n° 873 complet en un volume, est un in-folio d’environ 500 feuilles à 33 lignes.
la jurisprudence à Hama.sous Cherf eddin el Barizy. Il fut ensuite substitut du Cadhy Chems eddin ebn Ennaked, à Alep, où il mourut eu 1348, à l’âge de soixante ans.
Ebn el Ouardy écrivit plusieurs ouvrages sur la jurisprudence. la grammaire, l’histoire et l’interprétation des songes. Il laissa aussi, des poésies et même des traités en vers.
Un seul de ces ouvrages, qui lui a fait quelque temps chez nous une certaine notoriété, présente un certain intérêt. JNous voulons parler de la Perle des merveilles, Kharridat el Adjaïb. C’est un traité sommaire de géographie et d’histoire naturelle, d’une médiocre valeur, produit d’un esprit crédule et qui n’est lu, dit Hadji Khalfa, que par les gens d école, d un esprit borné. Il rappelle les Merveilles de la création de Kazouiny, sous des proportions plus restreintes. Les matières sont aussi traitées dans un ordre différent. Il commence par la géographie et termine par l’histoire naturelle. Ce qu’il rapporte des minéraux, des végétaux et des animaux et de leurs propriétés est très sommaire. La citation de nombreux hadits relatifs aux vertus des simples montre assez 1 esprit dans lequel est conçu ce livre.
Depuis un siècle, on lui a fait de nombreux emprunts, on en a même imprimé des fragments, alors sans doute que les éditeurs n’avaient rien de mieux sous la main. Cet ouvrage se trouve assez communément dans nos bibliothèques. Nous en possédons un.
De Guignes a consacré une notice à Ebn el üuardy et à ses ouvrages dans le II« volume des Notices et extraits.
DJEI.DEKY.
Azz eddin Eidemir ben Ali ben Abdallah Eidemir Eldjeldeky est, dans ces derniers temps, le plus notable représentant de la science hermétique. Nous en dirons quelques mots d’après une notice de de Sacy, dans le IVe volume des Notices et extraits.
Tout ce qu’il a pu recueillir de renseignements se réduit