‹ Histoire de la médecine arabe (volume 2)Chapitre 97 sur 239 · II. — XV" SIÈCLE · texte numérisé non relu

II. — XV" SIÈCLE

'NEFlS ben aoüadit.

Borlian eddin Nefis beu Aouadhben Hakim el Kermanÿ'j sans doute originaire du Kerman, vivait dans la première j moitié du XVe siècle de notre ère, à Samarcande, cë' qui nous est attesté par ses écrits, et par une courte notice dé' Hadji Khalfa.

Nous connaissons de lui deux ouvrages.

Le premier est un commentaire du Livre des causes dé] Nedjib eddin Samarcandy. Le Livre des causes de Samar-: candy, au dire de Hadji Klialfa, n° 549, gagna de la notoriété par le commentaire de Nefis ben Aouad'h. Il l'achevait1 en 827 à Samarcande, et le dédiait à son souverain, le savant astrw nome OlougBeg (1).

Cet ouvrage existe dans plusieurs collections européennes. Il existe à Paris, n° 1089 de l’ancien fonds arabe, annoté pat- Mohammed bën Ahmed el Adriouny (d’Andrinople) connu sous le nom d’Ebn el Athàr, qui écrivait à Constantinople etf 1568. On lit parfois dans ces gloses : le commentateur a dit dans son commentaire du Moudjiz. Nefis ben Aoüadh, en effet, est l’auteur d’un autre commentaire dont nous allons parler,1

Un des commentaires les plus remarquables que l’on ait faits du Moudjiz el Canoun d’Ebn en NefiSj dit Hadji Klialfô,

(1) M. de Sacy possédait, sous ce titre, un ouvrage où M. Delas grange a vu un commentaire sur Hippocrate, n* 74 du catalogue; Mss.

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n° 13,392, est celui de Nefis ben Aouadh, composé à Samarcande en l’année 1437. Cet écrit nous est aussi parvenu, mais nous croyons que Wüstenfeld a doublé le nombre des copies qui nous en restent soit à Oxford, soit à l’Escurial. Il n’en existe qu’un exemplaire à l’Escurial, n" 861. Casiri a confondu l’auteur avec le commentateur, mais ce manuscrit f ne représente pas moins Nefis ben Aouadh. Quant au n” 826, il représente l’ouvrage commenté, c’est-à-dire le Moudjiz.

Les Bibliothèques de l’Orient possèdent plusieurs exemplaires de ces deux ouvrages. (H. Khalfa, ed. Fluegel, VII).

Le commentaire de Nefis ben Aouadh a été imprimé à Calcutta en 1836 sous ce titre anglais : Shurhool Usbab wul TJlamat, or a treatise on the symptoms, causes and treatementof Local and Constitutional disease, by hukeem Nufees bin Iwuz ; edited by Mouluwee Abdool Mujeed.

Nous rappellerons ici que l’on a également imprimé le Moudjiz d’Ebn en, Nefis, et son commentaire par Sedid el Cazrouny, qui porte le titre de Mor’ny.

EL AMCHATHY.

Mahmoud ben Ahmed el Amcliathy ne nous est connu que par quelques mots de Hadji Khalfa, n" 13,399, où il est question du Moudjiz el Canoun d’Ebn Ennefis.

Il naquit en 1407, et il est qualifié de chef des médecins. Nous ignorons si cette qualification répond bien réellement à une fonction, ou s’il ne faut y voir qu’une formule laudative. Il fit un commentaire du Moudjiz auquel il donna le nom de Moundjiz, auquel, dit Hadji Khalfa, il roulait adjoindre un autre de ses écrits intitulé Tassis essahha fi charh cl lemlia, Fondement de la santé par le commentaire de la Lemha. Le Tassis essahha existe à Paris, et à la Bodléienne, n" 560.

Le commentaire du Moudjiz existe à Paris, n° 1020 du supplément arabe. Nous en avons rencontré deux exemplaires dans les Bibliothèques de l’Qrient. 1

Quant à la Lemha, c’est un ouvrage d’Abou Saïd ben Serour

Essaouy el Israïly, chef des médecins en Egypte, mentionné j par Hadji Khalfa, n° 11,168.

Le commentaire de la Lemha de Paris, n° 1960 du supplément arabe, ne fait pas moins de deux forts volumes in-4". L’auteur y est nolnmé Modhafer eddin Mahmoud, dit el Amchathÿ.

MEHDY, EL AZRAQ,, EL KERMANY. .

Nous avons dû réunir sous un même titre les noms de$SM trois auteurs, afin de faire mieux comprendre les relations! qui existent entre leurs écrits.

Nous consacrerons toutefois un article à chacun d’eux en particulier.

MEHDY.

Melidy ben Ali ben Ibrahim Essoubounry Iéineny Meli-1 djemy, tel serait le nom complet de cet, auteur d’après- le ! catalogue de Munich, qui eu possède un ouvrage, le Kitab I errahma, ou Livre de la miséricorde, sous le n° 807, D’après 1 Hadji Khalfa, Mehdy serait mort en l’année 815 de l’hégire, j 1412 de J. C. Nous avons d’autres mentions de Mehdy ej du I Kitab errahma, qui fournit à El Azraq> des éléments d’une compilation, mais son nom se trouve. diversement écrit.

Le British Muséum, n“ 454,. cite implicitement la compi- 1 lation d’El Azraq, qu’il dit tirée du Kitab errahma de Malidy I Ettabary.

La compilation d’El Azraq existe aux n05 1048 et 1049 dul supplément arabe de Paris. L’un -donne à Mehdy le surnopi! de Safiry et l’autre celui de Soubounry. L’un et l’autre lui attribuent le Kitab errahma. Un autre exemplaire il’Eli Azraq existe au n° 1082 de l’ancien fonds arabe, et, ici encore,! nous trouvons Mehdy qualifié de Soubounry.

En somme, s’il y a divergence sur un surnom, il y a una- I nirnité pour lui attribuer le Kitab errahma.

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EL KERMANY Oü EL KEMRANY.

Hadji Khalfa, II, 295, citant l’écrit d’El Azraq, dit qu'il lest tiré du Kitab errahma d’une part, et de l’autre du Chefa el Adjesam, ou la guérison des corps, sans nous donner les noms des auteurs de ces deux écrits. Mais nous trouvons le dernier, l’auteur du Chefa, dans les Mss. de Paris précités.

Tel serait eu entier le nom de l’auteur du Chefa : Mohammed ben Abil R’aïts el Kemrany et suivant un manuscrit, El Kermany. Hadji Khalfa, n°7583, cite aussi le Chefa el Adjesam comme étant de Mohammed ben Abil R’aïts el Kermany, et il ajoute qu’on trouve chez lui ce qu’,on ne trouve pas chez ses devanciers. Nous manquons de renseignements sup/l’époque où vécut El Kemrany.

EL AZRAQ.

Nous avons déjà dit qu’il était mentionné par Hadji Khalfa. Il nous donne ainsi son nom au complet : Ibrahim ben Abderrahman ben Abi Rekr el Azraq, et il le dit auteur du Tesh.il el Manafi fittkobb ou el hiltma. Livre qui aide à tirer parti de la médecine et de la science. C’est encore ainsi que nous le trouvons nommé dans les n“ 1082 de l’ancien fünds, et 1048 et 1049 du supplément, qui contiennent chacun un exemplaire du Teshil.

Dans l’introduction, l’auteur nous annonce qu’ayant voulu composer un Traité de médecine, il avait cru devoir prendre pour base deux ouvrages excellents, le Kitab errahma et le Chefa el Adjesam, tout en les complétant. Le premier a le. mérite de la concision, mais en tant qu’abrégé il a des lacunes. Le second, quiparaît s’appuyer sur la tradition, mentionne des remèdes que l’on n’a pas sous la main. El Azraq a voulu suppléer à ces lacunes et à ces défectuosités en puisant dans d’autres bons livres tels que ceux de Soueidy, de Razès, d’Ebn Djouzy, d’Aly ben el Abbas, de Mardiny, tout en se

proposant de ne conseiller que des médicaments connus et facilesdi trouver.

Les divisions de son ouvrage sout exactement celles du Canon, moins le cinquième livre. Le n° 1008 du supplémen contient 150 feuilles in-8". C’est en somme un ouvrage de second ordre. El Azraq parle de l’auteur du Cliefa comme de son maître.

ED MARDINY.

Il existe de lui un Résumé de médecine au n° 1055 du supplément, sous le titre Eddorr el Mandhoum. Il cite él Azraq, l’auteur du Cliefa cl Adjesam qu’il appelle son maître.

-TAICY EDDIN ABOU BEKR EI. BEDRY.

Taky eddin Abou Bekr Abdallah ben Mohammed el; Bedry, Eddimachky, el Misry, naquit à Damas et habita le CajraJ' ainsi que l’indiquent ses surnoms, et une note qui accompli gne un ouvrage dont nous allons parler.

Il vivait dans le courant du XVe siècle, la note susditedéclarant que l’autographe était achevé en 889 (1464).

Nous n’avons pu jusqu’à présent recueillir d’autre renseignement sur son compte.

Taky eddin composa sur le hachich et sur le vin un ouvrage qui existe à la Bibliothèque nationale, n° 1038 du* supplément arabe. Il porte ee titre : Rahat al arouah fi cl lmchich ou errah. Le repos des esprits sur le hachich et le vin, et contient 150 feuilles.

Le hachich et le vin sont moins considérés ici au point de vue de la médecine qu’au point de vue de l’histoire, de laj morale et de la légalité. Il y a là toutefois quelques rensei-j gnement historiques qui méritent d’être mis en lumière, le hachich ayant une certaine importance dans la vie de .l'Orient.

L’auteur débute ainsi : Louange à Dieu qui a défendu ù ses serviteurs l’usage des substances enivrantes.

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Il commence par le hachich, dont il recherche d’abord l'origine. On n’est pas d’accord sur la date de son apparition lans le monde musulman. Plusieurs dates sont données.

Elles portent en somme sûr le XIII0 siècle de notre ère avec des oscillations d’un siècle. Quelques-uns le rattachent à l’invasion1 des ïatares ou Mongols. ■

Deux derouiches nous sont donnés comme en ayant propagé l’usage, le cheikh Kalendar et le cheikh Khider. On ne dit rien de particulier sur le premier.

[■ Quant au cheikh Khider, c’était un saint homme qui vivait retiré dans les environs de Nisabour. Il découvrit les f, propriétés de cette pLante et en recommanda l’ usage à ses disciples. A sa mort, arrivée en 618 (1221), ses disciples en semèrent sur sa tombe.

D’autre part on dit que cette plante était depuis longtemps connue dans l’Inde, son pays natal, et que de là elle se répandit dans les diverses contrées de l’Asie. Elle aurait pénétré dans l’Irak par Ormouz, en l’année 628 (1230).

L’auteur cite ensuite une foule d’écrivains qui ont parlé du chanvre, depuis Hippocrate jusqu’à Ebn el Beithâr, sans nous donner de son crû rien d’original. 11 donne une foule de synonymies suivant les pays. '

En somme cet écrit est une1 compilation qui a surtout un intérêt historique.

La deuxième partie, relative au vin, se produit dans les mêmes conditions.

Ce sont d’abord des synonymies et des étymologies plus ou moins rationnelles. Nous rencontrons ensuite une série de citations de médecins depuis Hippocrate et Galien, relatives au vin et à ses propriétés, puis des1 anecdotes, des sentences, etc. Après une digression sur les chansons et la musique, nous trouvons plusieurs hadits ou propos de Mahomet relatifs au vin. L’un d’eux adresse au vin dix reproches: il cause du trouble, il détourne du service de Dieu, il est la source de tout péché, etc.

De tous les renseignements que les écrivains arabes nous . ont laissés sur le hachich, les plus complets Sont encore ceux donnés par Ebn el Beithâr, qui mourut en 1248 de notre ère.

~0(j HISTOIRE DÉ ® MÉDECINE ARABE. — LIVRE SEPTIÈME. 1

On sait qu’il voyagéa; cependant il dit n’en avoir vu nuOè part qu’en Egypte, ce' qùi indique un‘é introduction récente, sinon une culture récente. Il a vu les fakirs l’employer sous toutes les formes et il en a constaté les déplorables résultats, ■ l’altération de l’intelligence, les convulsions et quelquefoisla mort. Les mômes faits, et' l’impuissance en plus, ont été observés en Algérie, où l’usage du haehich, dit aussi Eifet Tekrouri, a pris de l’extension de longue date. Il existe à Constantine une sorte de confrérie de fumeurs de hachicfy dits Rachchéchya.

Abou Abdallah Mohammed ben Yousef ben Amr Es'senoussy naquit à Tlemcen en 1428. Intelligent et avide de science, il étudia toutes les branches des connaissances humaines, mais s’adonna surtout à la jurisprudencè et à la théologie. Ses doctrines et ses mœurs étaient d’un soufi. Qu’est le Paradis avec ses houris, disait-il ; rien pour le véritable ami de Dieu qui ne lui donnerait pas Un Seul regard. On connaît dé lui une quarantaine d’oùvrages, et il professa pendant un demi-siècle. Il connut la Bible et soutint lü laineuse thèse du Paraclet. Il écrivit quelques ouvrages de médecine, ainsi un commentaire sur Avicenne et un Traité des secrets de la médecine, qui existe au musée Britannique, n° 461. Il mourut en 1490 et fut enterré k Tlemcen (Brosselard, Revue africaine, 1858-61).

CIIEMS EDDIN MOHAMMED BEN AHMED BEN EL ÔOSSÉïS ENNOUAJDJY.

Hadji Khalfa le cite au n° 7612 comme auteur d’un livre sur le traitement des règles. Il mourut en 1454.

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