‹ Histoire de la médecine arabe (volume 2)Chapitre 98 sur 239 · EBN IIADJIÏ. AHMED BEN ALI EL ASCALANY · texte numérisé non relu

EBN IIADJIÏ. AHMED BEN ALI EL ASCALANY

A propos des ouvrages qui portent le nom de Chef a, gué-

LES SIÈCLES DE DÉCADENCE, -7- XVe SIÈCLE. 207

rison, Hadji Klialfa le cite comme auteur d’un ouvrage de pathologie intitulé Çhefa el r’alal filjeyan çl Mal. Il mourut en 1448.

EL BISTHAMY.

Abderrahman ben Mohammed ben Ali ben Ahmed el Bisthamy mérite à peine l’honneur d’être cité, sa Inédécine étant essentiellement superstitieuse. Hadji Khalfa cité de lui, n° 350, un choix de médicaments éprouvés pour la peste (1) et n° 541 un secret des lettres, ouvrage de théurgie composé en 1444. Le n° 1087 de l’ancien fonds est un ouvrage de Bistliamy, intitulé Eddorrat ellama, la Perle brillante. C’est un ouvrage où les- recettes et les pratiques superstitieuses et les prières sont mêlées aux médicaments. A côté des noms des grands médecins grecs, 41 cite le Prophète, El Bouny et Abdelcader el Djilany.

On trouve chez d’Herbelot un livre, intitulé : AcLab el marid ou el aid. Devoirs du malade et de celui qui le visite, par Abou Chodja el Bastliamy, probablement différent du premier. ,

MOHAMMED BEN ALI DJEMAL EDDIN ECHCIIEIIBEBY EL MEICKY.

C’est encore ici un de ces savants protégés par la petite souveraineté de l’Yémen, mais c’en est le dernier; les Rassoulides devaient bientôt disparaître pour faire place aux Thaherides.

Mohammed naquit en 1307 et mourut en 1433. Il dédia un livre intitulé Kitdb el imtitsal, ou Livre de l’obéissance, au prince Malek Ennacer Ahmed ben el Achraf. Nous en ignorons le contenu. Il publia aussi une suite à la Vie des animaux de Damiry (Eben Chohba dans Wiistenfeld).

(1) Cet ouvrage existe au supplément arabe, n. 1052. L’auteur y donne la date de quelques grandes pestes.

298 HISTOIRE DE LA MÉDECINE ARABE. — LIVRE SEt'I

LE CHÊS1F ËSSAKALY.

La Bibliothèque de Leyde possède sous le n° 1372un écrit d’ Ahmed ben Abdessalem Ichcherif Essakaly, intitulé Kitab el athibba, livre des médecins.

Cet ouvrage est dédié au Sultan de Tunis Aboufarez, ami des sciences, mort en 827 de l’hégire, 1433 de notre ère. •>‘1

Le Chérif adressa au sultan un autre Ouvrage intitulé Kitab hafedh essaliha, Livre de la conservation de la santé.

Notre auteur serait probablement un de ces descendants dm Chérif el EdrisSy, que Léon l’Africain nous dit habiter Tuni de son temps.

Aboul Fadhl Abderrahman ben Abi Becr ben Mohammed Djelal eddin Essouyouthy , originaire de Syouth, naquit en 1445 et mourut en 1505 de notre ère. C’est l’écrivain le plus fécond de ces dérniers temps, au point que Casiri ni pas craint de dire qu’il avait plus écrit que d’autres n’ont lu. Il embrassa toutes les branches des sciences. Pour les musulmans il est surtout recommandable comme théologien e|j commentateur du Coran. Aux orientalistes, il offre de précieux documents sur l’histoire et la géographie de l’Égypte. Comme tous les polygraphes, il s’occupa aussi de médecine. Une semblable fécondité nous paraît accuser une grande activité intellectuelle dans le milieu où elle se produisit. ^

Nous nous occuperons seulement des ouvrages ayant trait à la médecine et aux sciences naturelles.

Dans une notice donnée par M. Audiffret à la Biographie Michaud, où il relate une soixantaine d’écrits de Souyouthy; nous avons remarqué un traité sur la peste qui désola le Caire en 909 de l’hégire (1), un traité sur le café et deux traités sur les sciences.

(1) M. de Sacy possédait un autre opuscule sur la peste, extrait d’El Ascalany, n° 78,

Fluegel a écrit une biographie de Souyouthy, citée par W fis» tenfeld, où nous relèverons les titres suivants : Des noms des animaux, deux traités sur les fièvres et un traité sur les menstrues.

On en rencontre d’autres dans Hadji Khalfa,, dont quelques» uns nous ont été conservés.

Au n° 7951 Hadji Khalfa cite un traité sur l’utilité des puces, et au n° 8400 un traité sur l’organisation de l’homme.

Aun° 4603 parmi les abréviateurs de Damiry, il cite Souyoutliy, qui aurait publié son abrégé sous le titre de Dioucm el liayouan ou Recueil sur les animaux. Bien que ce titre ne soit pas reproduit, nous croyons qu’il répond à celui dont nous connaissons une traduction latine, et qui fut publié en 1647 par Abraham Echeilensis sous ce titre : De proprietatibus et virtutibus medicis animalium, auctore Habdarrahmano asiutensi Egyptio, petit in-8° de 180 pages. Cet opuscule contient 45 chapitres et 444 paragraphes. Les animaux, l’homme en tête, sont simplement nommés, et leurs propriétés médicales exposées. Ces propriétés sont généralement superstitieuses et ne comportent pas la critique. On ne s’explique pas comment l’idée de cette traduction vint à l’auteur, quand on lit dans sa préface qu’il venait de recevoir de l’Orient une centaine de manuscrits arabes, parmi lesquels il pouvait faire un meilleur choix. Il nous donne du reste la mesure de sa crédulité.

A l’article hyène, Dahaba, dont il n’a pas donné l’équivalent latin, il nous raconte en note que cet animal est très sensible à la musique, que c’est aux sons des instruments que les chasseurs s’en rendent maîtres, et que ce fait a probablement donné naissance à la fable d’Orphée. L’homme occupe une large place. En lisant certains paragraphes, on éprouve le même dégoût qu’éprouvait Galien à propos de Xénocrate et d’Atlieuristi. On recommandejusqu’à ses excréments. En somme, cès propriétés des animaux ne font pas plus d’honneur à leur auteur qu’à leur traducteur et éditeur.

Après les animaux vient un petit traité de VII articles sur la pistache, ia noix et les fruits analogues.

Un troisième traité, en V chapitres, parle de quelques

pierres précieuses. Le traducteur l’a fait suivre de quelques :j annotations. A propos du corail, il exposa ce qu’il a vu sur les côtes barbaresques et il conclut que , le- corail n’est pas une plante.

Au n° 7877, parmi plusieurs écrits intitulés Médecine chi.i prophète, Hadji Klialfa en cite un de Souyouthy. On sait, et nous l’avons déjà dit, que les traités ainsi nommés ne sont autre chose que des recueils des Hadits ou propos de Mahomet relatifs à la médecine. Celui de Souyouthy ne nous est! pas parvenu, mais il y a une quinzaine d’années la Gazette médicale de l’Algérie a publié une traduction d’un écrit de;, ce genre par M. Perron, qui peut nous en donner uneidée.

Sous le n° 988 le musée britannique mentionne de Souyou-i tliy un traité sur les avantages du mariage, ou tout au moins] de la cohabitation, Fouaïd en Nïkah.

Un autre ouvrage de Souyouthy, très commun, est le Kitab errahma fitthob ou el Hïkma, Livre de. la miséricorde sur là] médecine et la sagesse. Il est très répandu en Algérie et nous " en avons trouvé de plusieurs dimensions. Nous en possédons un, d’une transcription toute récente, qui ne contient pas moins de 165 feuilles et 195 chapitres. L’ordonnance est celle de tous ces abrégés de médecine, celle du Canon. Seulement nous avons, à la fin, des chapitres consacrés à des préparations pharmaceutiques et industrielles. Cet ouvrage est un', vrai type de la médecine populaire, telle qu’elle se pratique aujourd’hui, ainsi que l’indique, du reste, le mot Eikma\ les ‘ pratiques superstitieuses figurant à côté de l’emploi des médicaments. Presque à chaque page, à côté des moyens thérapeutiques naturels, on nous recommande les amulettes. Parfois on nous donne ces derniers moyens après avoir parlé des autres, ou réciproquement. Ainsi le chapitre 127 traite des moyens surnaturels pour dénouer l’aiguillette, et le suivant expose le traitement par le médicament. Ainsi qu’il arrive dans ces sortes d’ouvrages, la question des aphrodisiaques occupe une assez large place. Des chapitres donnent les moyens de grandir certains organes et de rétrécir les autres. Notre exemplaire nous paraît augmenté. Nous lisons

parfois le mot Zyada, addition. Certains mots nous semblent aussi d’origine algérienne, ainsi Bôutellis, le cauchemar.

La Gazette médicale de l’Algérie a donné une traduction du Kitab errahma de Souyouthy.

XVI% XVIIe ET XVIIIe SIÈCLES.

TAICY EDDIN ECHGHIRAZY.

t Nous ne le connaissons que par une mention de Hadji Ivlialfa, n» 1440. Il nous est donné comme disciple de R’aïat eddin Mansour, et contemporain de l’empereur turc Soleil man Khan, vulgairement dit Soleiman le grand. Il composa un ouvrage intitulé Anis cl Athibba, oü le Compagnon1 des médecins, qui nous est donné comme un excellent oii-j vrage, basé sur l’expérience (1).

EL ASCALANY EL MISRY.

Aboul Abbas Alimed ben Mohammed el Ascalany el Misrtt sans doute originaire d’Ascalon et habitant l’Égypte, est cité par d’Herbelot comme auteur d’un traité de prophylactique intitulé Nef aïs el anfas fissahha. L’auteur mourut en 1517.

ËBN EL AYMAR.

Mohammed ben Ahmed el Adriouuy {tl’Andrlnoqde) dit

(1) A propos de R’aïat eddin Mansour, on lit dans la Bibliothèque» Bodléienne d’Ury, nb 453 :

Spéculum mundum representans, auctore scheik Ghyàd eddin 1 Mansur, exstat arabice et latine, A. Echellense autore. Cet ouvrai est compris dans ceux d’astronomie.

La B. deLeyde possède sous le n-*1037j un ouvragede Ghyad eddin Mansour ben Mohammed cl Hosaini, un traité d’arithmétique intitulé : El Iiefaia fil Ilissab.

LES SIÈCLES DE DÉCADENCE. — XVIe, XVIIe, XVIIIe SIÈCLES. 303

Ebn el Atthar écrivait à Constantinople, 976 de l’hégire, 1568 de notre ère, des Observations sur un commentaire de Nefis ben Iouadh sur les Causes et les signes de Samarcandy. Cet ouvrage se trouve au n" 1089 de l’ancien fonds.

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