XV) RODOLPHE DE BRUGES
Nous avons déjà vu que la traduction du Planisphère de Ptolémée, appartient à Hermann Dalmate, et non pas à Rodolphe de Bruges auquel on l'attribue grénéralement (1).
Cette confusion en a naturellement entraîné une autre. Nous ne connaissons guère ces personnages que par les ren** seignements consignés dans leurs écrits. On a donc transporté à Rodolphe de Bruges, ceux que nous trouvons consignés dans la traduction du Planisphère. G*est ce qu*a firtt l'Histoire littéraire, qui donne pour maître à Rodolphe ce Thierry ou Théodoric, auquel l'ouvrage d'Hermann est dédié.
Nous allons faire connaître un traité de l'Astrolabe, qui appartient bien réellement à Rodolphe de Bruges.
On lit encore dans l'Histoire littéraire : t Dans la Bibliothèque Gottonienne on a un Ms. qui porte ce titre : Descriptio cujusdam instrumenti cujus est usus in metiendis stellarum cursibus per Rodolphum Brugensem Hermanni secundi discipulum.
C'est apparemment la description de l'astrolabe, dont on at* tribue l'invention à Hermann Contract, écrivain du XI* siècle, duquel Rodolphe est dit ici le disciple, parce qu'il suivit sa méthode dans l'astronomie. >
Avant d'aller plus loin, nous relèverons ce qu'il y a d'erroné dans ce passage. Rodolphe ne peut pas être dit le disciple d'Hermann Contract, ni même de son école, puisque l'Hermann dont il s'agit ici est qualifié de Secundtts, Hermann Contract ayant été naturellement pris comme le premier.
Nous relèverons encore une autre erreur de l'Histoire lit* téraire : < Hermann mit en latin le Planisphère de Ptolémée sur la ve^^sion arabe de Meslem. » Nous savons maintenant à quoi nous en tenir sur les versions arabes, question qui n'était pas encore connue il y a bien peu de temps.
(1) Voyoz Huet, de Interpretatione.
KooOLPUtt DE imuGi^a. 133
L*ouvragpe de la Bibliothèque Gottonienne est sans doute le même qui existe à la Bibliothèque nationale, sous le n* 10,552, ancien 1750, et qui avait été déjà sigrnalé par Jourdain. 11 est contenu du T 24 au f* 28.
Telle est la dédicace : « Cum celestium sphœrarum diver* sam rationem, stellarum diverses ortus diversosque casus mundo inferiori ministrare sit manifestum, hujusque varietatis descriptio ut in piano representetur sit possibile, prout Ptolomeo ejusque sequaci Meslem qui dictus est Abou Ka^ rechita? visum est, propoâsc suo hujus iustrumenti formulam dilectus dilectissimo domino suo Johanni Rodulfus Bru* geusis Hermanni secundi discipulus scribit. »
Disons d'abord que nous no connaissons pas ce Jean, et que la qualification de Meslem (Moslema), est une énigme pour nous (1).
L'auteur commence par la description de Tastrolube. A la feuille 27 on lit : Perfecta astrolabii fabrica, uunc de utilitate ejusquns necessaria sunt subjung'amus. L'ouvrage finit à la feuille 28 sans explicit, sur ces paroles: In eodem prr çul dubio solem esse recognosces.
Que cet ouvrage soit une traduction ou bien une compilation, c'est ce qui n'est pas expressément énoncé. La qualification que prend Rodolphe, de disciple d Hermanu le second, semblerait accuser chez lui la connaissance de l'arabe. Cette connaissance ne nous paraît pas être la conséquence forcée de la citation de Moslema, qui a effectivement composé un traité de l'astrolabe, qui existe à l'Ëscurial, n"* 1)67. On pourrait, il est vrai, admettre avec l'Histoire littéraire que Rodolphe habita l'Espagne, mais Moslema put lui venir par une autre voie. Pour trancher la question de traduction il faudrait comparer l'ouvrage de Rodolphe avec le manuscrit de l'Ëscurial. En attendant, il faut se rappeler que Rodolphe cite simplement Moslema côte à côte avec Ptolémée, ce qui, nous l'avouons, n'exclurait pas la question de traduction, mais ce qui pourrait être plus explicite, même dans une dédicace.
(1) Moaiftina est dit aussi Àboui Canem. En aurions-nous une al* tcration?
TOUX a 3S
4o4 HISTOIRE DE LA MÉDECINE AIlABE. — LIVRE HUITIÈME.
Il u*en reste pas moins hors de doute que le traité de Tas^ trolabe de Moslema fut connu des Latins.
DANIEL DE MORLAY.
Daniel, né en Angleterre, fit de bonnes études à Oxford, puis à Paris. Plus tard, dit Pits, il s'abandonna h des futilités. Avide de connaître les mathématiques, il conçut le projet d'aller chez les Arabes pour les étudier h la source. Ayant appris qu'on les enseignait pareillement à Tolède, il s'y rendit, travailla avec ardeur, puis revint dans son pays, où il publia de savants ouvrages. On cite: De principiis rerum. De superiore mundo. De inferiore mundo. Il florissait en
Bien qu'on ne nous parle pas de ses traductions, Daniel dut apprendre l'arabe et y puiser les éléments de ses écrits. C'est à ce titre que nous avons cru devoir le mentionner.