‹ Histoire de la médecine arabe (volume 3)Chapitre 164 sur 165 · COUP-D*(KU< SUR LES TRADUCTIONS LATINES · texte numérisé non relu

COUP-D*(KU< SUR LES TRADUCTIONS LATINES

Coup-d'œil sur les Traductions Latines.

Nous avons fait le recensement des traductions de l*arabe en latin, et nous n'en avons pas trouvé moins de trots cents, et encore avons-nous laissé de côté celles des alchimistes de profession.

Une masse aussi prodigieuse de documents nouveaux, répandus à travers TEurope dans le courant du XII* et du XIIP siècles, dut combler bien des vides et provoquer une recru* descence dans les études. Il ne faut donc pas s*étonner de la ferveur scientifique du XIII' sièle où se produisirent tant triiommes éminents, qui s'empressèrent de mettre à profit la science des Arabes. Que serait-il arrivé si Gérard de Crémone, né un siècle plus tôt, avait livré ses 80 traductions à l'illustre Abélard ?

La majorité de ces traductions reproduisent les œuvres des savants les plus éminents d'entre les Grecs et les Arabes, pbilosophes, mathématiciens^ astronomes et médecins.

Parlons d'abord des Grecs. Sur le terrain de la philosophie, dans laquelle nous ferons entrer les travaux relatifs aux sciences physiques et naturelles, nous voyons d'abord Aristote, représenté par une trentaine de traductions. Sur celui des sciences mathématiques et astronomiques, nous rencontrons Euclide, Archimède, Apollonius de Perge, Théodose, Menelatls, Hypsiclès et Ptolémée.

La médecine grecque est représentée par quatre ouvrages d'Hippocrate et vingt-cinq de Galien.

La Grèce en somme est représentée par une centaine de traductions portant sur l'élite de ses savants.

Nous comptons également des noms illustres chez les Arabes. Ainsi parmi les philosophes Alkendy, Costa ben Luca, Alfaraby, Avicennc, Gazzaly, Averroès et Avicebron , parmi les mathématiciens et astronomes Tsabet ben Corra, les fils de Moussa ben Chaker, El Khouarezmy, Eben el Ileitsam (Alhacen), Alfargany, Albatany, Géber ben Aflah, Albitroudjy, etc., enfin parmi les médecins les Sérapion, les

Mésué, Razès, Isaac, Ebn Eddjezzàr, Abulcasis, Ali beu Abbas, Avicenne, Aveozoar, etc. Ajoutons que plusieurs comptent parmi toutes ces catégories, et que les pins émiuents comptent une masse considérable de traductions.

Si nous divisons l'ensemble des traductions par catégories, nous en trouvons 90 pour les sciences philosophique», physiques et naturelles, 70 pour les sciences mathématiques et astronomiques, 00 pour la médecine, et une quarantaine pour Vastrologrie et l'alchimie, ne comptant parmi cette dernière catégorie que celles qui proviennent de Razès, d'Alfaraby et d* Avicenne.

En présence de ces faits on peut comprendre quelle agitation intellectuelle suscitèrent en Occident le travail des traductions de l'arabe en latin et leur mise à profit par les savants.

On a parlé des traductions ayant passé par l'hébreu. Xouâ n'en avons compté qu'une dizaine sur trois cents !

Pour un peu moins d'un tiers des traductions, nous ignorons les noms des traducteurs.

Les traductions dont nous venons de retracer l'histoire forment un groupe naturel et sont rattachées par un lien commun, la pénurie latine au moyen âge. Quant h celles qui leur ont succédé, et qui se continuent de nos jours dans toutes les langues, elles n'ont plus le même but, mais procè* dent de la curiosité scientifique. Elles n'ont plus guère qu'une importance historique, tandis que les premières étaient essentiellement un instrument de progrès, une expansion de la science arabe, encore vivace, du côté de l'Occident. Les traductions contemporaines, quel que soit leur intérêt, ne rentraient pas dans le plan que nous nous sommes tracé. Maintenant, si l'on jette un regard en arrière, et que l'on parcoure la période de plusieurs siècles dont les traductions de Bagdad sont le premier terme et celles de Tolède le second, on verra que les Arabes ont joué dans les annales des progrès scientifiques un rôle plus important que celui qui leur est communément assigné.

FIN ntJ DEtTXliME BT DBRNIBR VOLVUË*

TAJBUm I3ES M:A.TrKRES

Page 1