‹ Histoire de la médecine arabe (volume 3)Chapitre 163 sur 165 · ARZACHEL · texte numérisé non relu

ARZACHEL

Abou Ishaq Ibrahim ben Yahya Ennaqqach, dit Ebn Ezzarkala d*o(» nous avons fait Azarchel, natif de Cordoue, observait à Tolède dans la seconde moitié du XI' siècle de notre ère. Malgré sa célébrité, il règne encore un peu d'obscurité sur sa personne. Dans ses Matériaux, M. Sédillot dit qu'on lui attribue à tort les Tables tolédanea, ou Tables de Tolède, et conteste que Géher ben Aflah lui soit postérieur. Depuis, ses opinions se sont modifiées. M. Sédillot cite encore une observation d'Azarchel à la date de 1080. C'était cinq années avant l'entrée des chrétiens dans cette ville.

Les Tables de Tolède nous paraissent bien appartenir à Azarrhcl. On les trouve dans plusieurs Mss. de la B. nationale, ainsi les n"*" 7281, 73:^6 et 7406. Le titre varie. Ainsi on lit : Coctiones tabularum toletxinarum secundum Arzachel, Caiionos tabularum .\zarchelis, Canoncs Asrarchelis super

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tabulas tholetanas. Bien que le catalogue n'eu dise rien, nous croyons qu'elles existent aussi au n* 7198.

Il nous semble que ces expressions secimdum Arzachel, supçr tabulas^ n'invalident pas l'attribution de ces tableâ h, Ar^acbôl, que la première a des analog'ues, et que la seconde implique des tableaux avec un texte explicatif.

Noua n'avons pas rencontré le nom du traducteur. M. Boncompagul cite le n® 1826 du Vatican, qui commence ainsi : Incipiunt Canones Âzarcbells super tabulas astronomie translati a Gerardo Gremonensi. Au n^ 3453 de la Bai^ berine et dans un Ms. d'Oxford, on lit : Canones Azarchelis (Var. Argazelis) in tabulas toletanas a Magistro Gerardo Gremonensi ordinati.

Gérard de Crémone aurait donc traduit le travail d*Arzachel sur les tables de Tolède, que ces tables soient l'expression de ses observations propres on bien que, antérieures à lui, il n'ait fait que les commenter.

Cette traduction ne se trouve pas mentionnée dans la liste bibliographique de Gérard, mais nous y trouvons: Liber tabularum iaberi cum regulis suis.

On pourrait se demander si Géber ben Aflab aurait aus.si fait des Tables de Tolède le sujet d'un livre, ou bien si les Tables dt leur explication lui appartenaient en même temps. Cette dernière manière de voir est la plus plausible.

Arzachel inventa un astrolabe qui porta son nom, et qui, transporté en Orient, fit l'admiration des astronomes. II Ta décrit dans un ouvrage dont la traduction fut faite & Mont^ pellier en 1263, par la collaboration de l'Israélite Profatius, qui rendait en langue vulgaire ce que Jean de Brescla transportait en latin.

Cette traduction existe au n° 7105, et tel est son début : Incipit compositio tabule que Saphea (SaflUa) dicitur, sive astrolabium Arzachelis.

M. Sédillot en a donné un extrait dans son mémoire sur les instruments astronomiques chez les Arabes, p. 185.

Alphonse de Castille fit traduire l'Asa/eha de AzarqueU par le juif Abraham» Fernand de Tolède et Bernard de Burgos.

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GKBEa OU DJABER BEN AFLAH.

Abou Mohammed Djaber ben Aflah de Séville, ne nous est ffuère connu que par ses écrits, et nous avons peu de renseignements sur sa personne. Aucune notice ne nous en a été conservée, pas môme par Casiri, qui l'a méconnu dans la notice de Maimonide. Nous allons essayer de réunir et de contrôler les mentions diverses qui en ont été faites.

Son époque n*est accusée par aucune date personnelle. Nous croyons que MM. Munk et Sédillot l'ont trop reculée. Munk dit qu'il florissait vers la fin du XI" siècle. M. Sédillot, après avoir contesté que Géber fût postérieur à Azarchel, le place ailleurs vers l'année 1120, ce qui vaut déjà mieux; mais nous ne croyons pas devoir nous en tenir à une simple approximation.

C'est & Munk lui-même que nous emprunterons des ren-* seigrnements pour rectifier son opinion.

D'après le Guide des Egarés, Munk nous rapporte d'une part que Maimonide connut le fils do Géber, et de l'autre qu'il fut son condisciple».

Cette communauté d'études ne dut exister que dans la période où Maimonide fut obligée de pratiquer l'islamisme, du moins extérieurement, en Andalousie, période qui, d'après Munk lui-même, est comprise entre les années 1148 et 1160. Il est probable que Maimonide et le fils de Géber avaient à peu près le même âgre. Or Maimonide naquit en 1135. Si le fils de Géber naquit à la même date, comme les musulmans se marient d'habitude do bonne heure, il est à croire que Géber survécut longtemps encore à la naissance de son fils. On peut donc admettre qu'il entra dans la seconde moitié du XII* siècle. Nous citerons encore un autre fait où il est question de Géber ben Aflah. En 1160 Maimonide quittait TEspag-ne, et en 1105 il abordait en Egrypte. Aboul Hedjadj Yousef le rejoignit, apportant l'astronomie de Géber ben Aflah dont ils devaient ensemble opérer la révision. N'est-il pas naturel de penser que la publication de cet ouvrage était récente, quand Aboul Hedjadj l'apporta de Ceutaf Ne pour-

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rait-on pas admettre qu'il rapporta à son ami à titre de nouveauté ? C'est à propos de ce fait que Gasiri a méconna Géber ben Âflah dans la notice de Maimonide» en donnant son nom sous la forme Ben Phaleg.

Géber est cité plusieurs fois par Al Bitroudjy, vulgairement Alpetragius, dont la mort est implicitement fixée par Munk aux environs de l'année 1217.

On sait que Ton a confondu notre Géber avec son devan* cier l'illustre alchimiste, et que d'aucuns, séduits par la reâsemblance du nom, en ont fait l'inventeur de l'algèbre.

Les écrits de Géber ben Aflah soulèvent aussi des difficultés.

Il en est un sur lequel le doute ne peut exister, c*est celuilà même que corrigèrent Aboul Hedjadj et Maimonide, le traité d'astronomie. L'original existe à l'Escurial eu double expédition, et les recherches de Munk l'ont convaincu que Gasiri s'était trompé en le dédoublant. Les n"*' 905 et 925 de l'Escurial sont deux copies d'un même ouvrage. Get ouvrage fut traduit en latin par Gérard de Crémone : il est désigné dans sa liste sous cette forme : Liber iebri tractatus VIIIL Get ouvrage comprend en effet neuf livres. Il existe des exemplaires manuscrits dans nos bibliothèques, et nous signalerons le n*" 06 de l'Arsenal. Il fut imprimé en 1534, et non en 1533, fait observer M. ]^oncompagni. Manuscrits et imprimés s'accordent à donner comme traducteur Gérard de Crémone. Le fonds de cet ouvrage est l'Almageste.

Il en existe aussi des traductions au fonds hébreu.

Un traité des triangles sphériques existe au n* 7397 sous le nom de Géber. On le retrouve au n" 7406, où il est précédé de ces mots : Geber in libro 30 figurarum.

Les triangles sont traités en quatre livres.

Nous trouvons aux Mss. 15,708 et 16,632 uu traité de l'astrolabe sous les noms de Gerberti et Gileberti, que M. Cousin a cru devoir attribuer à Gerbert (Sylvestre II). Le n* 1258 de la Mazarine le donne sous le couvert de Ptolémée. Nous en avons parlé précédemment.

La Bibliothèque bodléienne, II, 7674, donne un Liber ra^ dicum Geberi. Nous trouvons au n* 1356 de la B, Mazarine

ALDITROUOJY. 521

un Liber radicitm anonyme, qui débute ainsi : Quidam nu-> meri babent radiées et vocantur quadrati. Il commence au f* 33. Au f* 44 on lit : Explicit tradatua de quadratis, et immédiatement : pars quinta de inventione radicum. Au f* 49 on lit: Incipiunt capitula 12 de regulia geumetrie pertinentibu8 et de questionibua algèbre et almucabale.

Cet opuscule, tant par la forme que par le fond^, nous paraît de provenance arabe.

Au f^ 65 on lit : Incipiunt régule algèbre.

Il est encore un ouvragée de Géber ben Aflab mentionné de la sorte dans la liste de Gérard de Crémone: Liber tabu-» larum iaberi cum regulia suis. Comme nous Tavons déjà dit ailleurs, nous n*avons pas rencontré de Tables annoncées au nom de Géber ben Aflab. D'autre part nous connaissons des Tables tolétanes données avec le nom d*Azarchel, Gérard de Crémone traducteur. S'agirait-il ici de ces Tables commentées par Géber ben Aflab, ou bien s'agirait-il de Tables originales et de son crû, que les écrivains auraient oublié de mentionner ? C'est que nous ne sommes pas en état de décider.

ALBITROUDJT (aLPETRAQIUS).

Nour eddin, dit El Bitroudjy^ sans doute du lieu de sa naissance, et El Achbily^ le Sévillan, du lieu de sa résidence, est resté longtemps dans l'ombre. Casiri nous apprend bien qu'il passa du christianisme à l'Islamisme, et qu'il composa un traité d'astronomie, où il s'écarta des doctrines de Ptolémée, pour se rapprocher de celles d'Arzachel et de Géber, mais il ne se doute pas de son identité avec Alpetragius. Jourdain s'est félicité d'avoir le premier proclamé cette iden * tité. Munk nous a donné des rensignements plus étendus et plus positifs sur Albitroudjy. 11 nous apprend qu'il fut le disciple d'Eben Tofaïl et qu'il dut vivre jusque vers l'année 1217. Muuk nous apprend aussi qu'Ai Bitroudjy fut plus qu'un imitateur d'Arzachel et de Géber et qu'il se fit un système à lui ; système tombé depuis dans un profond oubli, dit M. Se-

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dillot, mais qui décèle une heureuse tendance à se àégnger des fausses hypothèses de l'antiquité.

Le traité d'astronomie d'Al Bitroudjy existe à l'Escurial sous le n"" 058. Nous en connaissons déjà la traduction qui fut exécutée par Michel Scot, et qui existe au n* 7350 de la Bibliothèque nationale. Jourdain en a reproduit le curieux prologrue. On peut reprocher & Jourdain d'avoir appelé ce livre : Astrologie d'Alpetragius. C'est bien un traité d'astronomie» Hya,lQt Jourdain est le seul qui y ait vu de l'astrologie. Ce mot, au moyen ftgfe, signifiait ce que signifie aujourd'hui le mot astronomie, et c'est ainsi qu'il figure en tète des ouvrages d'astronomie dans la liste de Gérard où l'astrologie n'a rien à voir.

Gasiri nous parle de la conversion d'Al Bitroudjy du christianisme h l'Islamisme. Le traité d'astronomie fut nécessaiment composé dans la première période, nous en trouvons la preuve dans le prologue. Il débute ainsi: In nomine do* mini nostri Jesu Ghisti omnipotentis.

Nous trouvons encore dans ce prologue les vestiges d'une éducation chrétienne : Sed a pueritia quando inspexi in qua» drivio ad partem motus celestis, etc.

La traduction de Michel Scot fut exécutée en I22I date de la mort de l'auteur d'après Munk. Eben Tofaïl mourut en 1185, c'esl^à-dire 36 ans avant Albitroudjy. Ge fut sans doute après sa conversion qu' Albitroudjy se fit l'élève d'Ebn Tofaïl.

Nous avons découvert un nouvel écrit qui appartient sans doute à cette seconde phase, et dont jusqu'à présent noua n*avons rencontré mention nulle part.

Il s'agit d'un traité de perspective qui existe au n* 10,264, Le prologue en est curieux. Il nous rappelle encore la première phase de l'auteur par des souvenirs, et il nous donne quelques renseignements que nous ne saurions passer sous silence, attendu qu'ils ont une valeur historique. Nous en donnerons un extrait.

Il semblerait que ce traité fît partie d'un ensemble d'^ crits : < Liber tertius Alpetragii in quo tractât de perpectiva. Postquam manifestavi mathematice potestatem aspiravi

A8TR0L00IB. *- ALFADOHL DE MERESai. oi^i

ad perspective dig^nitatom. Ideoprosecutus sum hanc scieutiafa diligfentius quam précédentes et precipue quia non so-» lum a vulgo latinorum sed a sapientibus multis ignoratur propter sui novitatem et mirabilem profunditatem. Et prop* ter Iioc decrevi quod noPâ imitarer unum auctorem sed ab omnibus eligerem electiores scientias. Nam licet perspectiva Albacen sit in usu aliquorum sapientum latinorum, tamen paucioribus est perspectiva Ptolomei precogrnita, etc. »

Nous voyons l'Optique d*El Ilacen connue des Latins ; ce ne pouvait être que par la traduction de Gérard de Crémone.

Alpetragius ajoute qu'il a puisé aussi dans les écrits d'El Kindy, deTideus personnagcénigmatique traduit par Gérard, d'Euclide, et d'autres encore.

Astrologie.

Nous terminerons la revue des mathématiciens et astronomes par quelques astrologues.

L'astrologie fut en vogue au moyen &ge, et l'on a trop généralement reproché cette vogue aux Arabes. Il fallait aire aussi peser cette responsabilité sur les Juifs et les Grecs eux-mêmes, car Ptoléraée fut le plus grand coupable. Ce travers eut au moins pour résultat d'entretenir les études astronomiques. Il est encore un fait que nous devons rappeer, et qui a contribué à grossir la troupe des astrologues. Le mot astrologie, ainsi que nous l'avons déjà dit précédemment, n'eut pas au moyen &ge, du moins à une certaine époque, le sens que nous lui donnons aujourd'hui. Il signifiait simplement la science des astres. Dans la liste bibliographique de Gérard de Crémone, ses traductions relatives h l'astronomie sont données sons la rubrique De a$trologia. C'est à tort que Jourdain a donné au traité d'astronomie d Alpetroudjy le titre d'astrologie sans explication.

ALFADOHL DE MEREMOI.

II existe au n"* 7:123 un traité d'astrologie, contenant 144

réponses, dont l'auteur est dit Alfadhol de Merengi, « Sarrasin de Galdée, fils de Sedbel et d'une mère Caldéenne. • Jusqu'à présent nous n'avons pu retrouver ce nom dans les écrivains arabes. S'ag*irait-il d'une traduction qui est donné vers la fin de la liste de Gérard ?

Le n° 7323 est richement illustré et porte les armes de Mi— lai.

ABD EL ÂZIZ DIT ALCHABITIUS.

Nous avons sous ce nom un traité d'astrologfie dédié à Seîf eddoula sultan d'Âlep^ que nous avons déjà cité comme vi-* vaut au milieu des lettres et des savants. Il en existe plusieurâ exemplaires à la Bibliothèque nationale. Tel est l'explicit du n° 7282 : Perfectus est liber introductorius Abdil Aziz, id est servi gloriosi dei, qui dicitur Alkabitius, ad magristerium judiciorum astrorum. Ce livre fut plusieurs fois imprimé. L'édition de 1485 porte le titre susdit, à part le début Liber ysagogicus.

Une édition avait déjà paru en 1473. Le traducteur est Jean de Séville.

ALI BEN RADJBL.

Aboul Hassen Ali ben Abi Erradjel, vulgairement dit AU ben Radjel, vivait dans le courant du XI* siècle, originaire de Cordoue. Il composa un traité d'astrologie, qui fut traduit, à l'invitation d'Alfonse, par Juda fils de Moyse et Egidius de Tebaldis. On l'imprima plusieurs fois, sous divers titres. Nous trouvons une édition de Bàle indiquée par Delalande, 1551, avec cette indication: Interprète Antoniu Stupa.

Nous trouvons à la même source : De cometârum siguifi* cationibus, Norimberg 1563, et De revolutionibus nativitatum, 1534.

Il existe de lui, à l'Escurial, un poème astrologique.

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