Livre VU*. Du traitement des maladies
Nous allons en dire quelques mots.
I*' Livre. Averroès dit qu'il aura souvent à exposer ce qu'il croit la vérité, contradictoirement aux opinions des anciens. Ce qu'il se propose, c'est donner une introduction à ceux qui veulent étudier la médecine et un aide mémoire à tous. La pratique d'un art, dit-il, comporte la connaissance de trois choses : le sujet, le but et las moyens.
II* Livre. Ce livre n'est autre chose que de la physiologie ou l'exposé des fonctions des organes.
A propos de la génération, il nous dit qu'après avoir lu les ouvrages d'Aristote il a pris des informations multiples auprès des femmes et que l'une d'elles lui a juré qu'elle avait conçu par le fait de s'être trouvée dans un bain où des hommes avaient éjaculé.
Ce qu'il dit du cerveau tient autant de la psychologie que de la physiologie. Il y place quatre propriétés : l'imagination, la réflexion, la mémoire et la conservation, cette dernière différant de la précédente en ce que son action est continue tandis que celle de l'autre est intermittente. L'imagination réside dans la partie antérieure du cerveau, la pensée dans le ventricule moyen, la mémoire dans la partie postérieure. Bien que ces facultés n'aient pas d'organe spécial dit-il, elles n'eu sont pas moins localisées : quam vis non habeant membra vel instrumenta, ipsa tamen habent propria loca in cerebro.
III* Livre. Il y est question des causes et des symptômes considérés d'une façon générale au point de vue des propriétés lésées, des organes et appareils.
106 HI8TQIRB DB LK MÉDECINE ATtABE. •* LIVRE CINQUIÈBIE.
iy<* Livre. Des sig^nes de la santé et des maladies.
Il est d'abord question des signes généraux, ainsi des signes de la pléthore, des signes tirés du pouls, de Furine, des jours critiques, des signes favorables et des signes défavorables, enfin des signes tirés de chaque organe en particulier. Il ne croit pas à la fatalité des jours critiques et il oppose à Hippocrate et Galien, Razès et Avenzoar.
Y* Livre. Il a été imprimé à part, à la suite de Sérapion.
Au chapitre XI il est question d*un de ses amis du nom d'Ahuherti Avensufu, où Ton pourrait voir Abou Bekr ebn Badja autrement dit Avenpace.
Au chapitre XXXI il proclame Avenzoar, l'auteur du Teissir, comme le plus grand médecin depuis Galion.
Au chapitre XXXYIII il dit que les eaux du fleuve sont meilleures à Gordoue qu'à Séville où le flux se fait sentir.
Le chapitre XLII est consacré aux médicaments simples dont les noms sont étrangement défigurés.
Il serait à désirer que l'on retrouvât le texte original du CoUiget. Il y a là quelques synonymies données comme latines, d'un certain intérêt, mais on ne sait si elles proviennent du texte ou du traducteur.
Nous trouvons le fer désigné sous le nom de Veffaf.
Ne pourrait-on pas y voir une altération du mot Ouzsal, le fer, en berbère. Ce serait une des rares épaves que le berbère aurait laissées en Espagne.
Au chapitre LYIII il combat les opinions d'El Kendy sur les degrés des médicaments et leurs combinaisons.
YP Livre. Ce livre est consacré à l'hygiène.
Il y parle d'une bière, ccrcDisia, que l'on ne buvait qu'après six mois et quand elle avait acquis la couleur du vin.
YII* Livre. C'est une sorte de traité de thérapeutique générale au point de vue des affections et des moyens de traitement.
A propos des évacuations sanguines il en cite une d'Avenzoar sur son fils âgé de trois ans. '
A propos dos fièvres putrides, il dît que Ton dépayse les malades, de même qu'on envoie les pueumoniques en Ethiopie et en Arabie,
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11 recomniinde le vin dans la syncopeot en excuse remploi.
Daaft le choléra, où se produisent des vomissements et des évacuations, il recommande les astringents, la ligature des membres et le bain.
Le passage relaMf au Teissir, dont nous avons parlé» se trouve écourté dans la traduction latine.
M. Ilenan dit qu'il n'a trouvé aucun renseignement sur la traduction du Colliget : il la croit du milieu du XIII* siècle. Nous pensons qu'elle a été faite en Espagne, vu la présence répétée du G intercalaire. On la donne généralement comme d*Ârmengand et elle fut revue par Alpagus.
B. Ghampier a publié à part les livres II, Yl et Vil sous le titre Très collectaneorum Averrhoi sectionea, et il se donne comme traducteur : Latinitate donavit.
Commentaire de VArdjouza (Gantlcumi d'Âvicenne).
Cet abrégé de médecine en vers est dit Ardjouza^ du mètre employé, le mètre Bedjez. On lui donne aussi le nom de Mendhouma, poème, composition rythmée. C'est ce que les traductions latines ont rendu par Canticum. Cette double appellation a été la cause d'erreurs : d'un ouvrage on en a fait deux. C'est ainsi que Wûstenfeld s'est laissé tromper par Casiri ; ce qu'il indique au n^ 4 est identique avec le n* 2.
Le n* 858 de l'Escurial, aujourd'hui 803, n'est pas autre chose que l'Ârdjouza d'Avicenne, commenté par Averroès. Ce Ms. d'une belle exécution, mais fatigué, porte des traces du fanatisme : on a biffé le Bismillah et couvert d'encre le nom de Mahomet. C'est du reste une profanation commune dans la Bibliothèque de l'Escurial, ainsi que nous l'avons dit dans le Récit de notre excursion. L'ouvrage est suivi d'un supplément relatif aux fièvres et aux tumeurs, qui se laissent désirer dans VArdjouza, et cela, est-il dit, à titre de complément, ala djihet ettetmim ou ettekmil. Ce supplément, exécuté dans la forme de l'Ardjouza, est l'œuvre du Cheikh Haroun ben Ishaq l'israélite, revue par Mohammed ben Abdessalem. Un double de cet ouvrage existe au n* 82(3 et Casiri a pris le supplément pour un autre poème d'Avicenne, et les auteurs de ce supplément il les a pris pour des commentateurs.
lOS HISTOIRB DE J.k MÉDECINE ARABE. «- LEVRE C1NQUIÊ>MB.
L'ArdJouza commenté par Averroès existe dans plusieurs bibliothèques européennes. Nous en avons rencontré deux exemplaires en Algérie.
La Bibliothèque de Paris en possède un exemplaire incom* plet, de quarante-huit feuilles, sous le n* 1056, ancien fonds. Le texte va jusqu'aux crachats nummulaircs. t^'est le sixième n* du Recueil et il va de la feuille 106 à la feuille 154 inclusivement.
Le commentaire du n* 1022, supplément, n'est pas d'Averroès, comme nous l'avons déjà dit. Nous lisons à la fin qu'Abou Merouan Ebu Zohr faisait grand cas de l'Ardjouza et disait qu'il valait mieux que plusieurs livres. On sait qu'il n'avait pas une telle estime pour le Canon.
Nous nous bornerons à citer un passage du commentaire qui atteste l'esprit observateur d'Averroès.
Avicenne parle de l'influence des vents sur la constitution de l'air et il dit : L'air sera épais si le vent souffle de l'Ouest, et il sera subtil si le vent souffle de l'Est.
Averroès fait cette observation : < Il en est autrement en diverses contrées. C'est ainsi que dans notre presqu'île andalouse, dans la moitié occidentale, il pleut par un vent d'Ouest et il fait beau par un vent d'Est, tandis que dans la moitié orientale c'est le contraire, il pleut par un vent d'Est et il fait beau par un vent d'Ouest. »
En 1284 Armengand, médecin de Montpellier, traduisit, ou plutôt fit traduircj dit M. Renan, le commentaire sur le poème médical d' Avicenne. On voit cependant des éditions données comme d' Armengand et corrigées' par Alpagus. Nous reviendrons sur cette question quand nous aurons h parler des traductions arabes latines au moyen &ge.
Traité du tempérament.
Traité des fièvres périodiques.
Traité des fièvres putrides.
Traité de la thériaque.
Du tempérament pondéré.
Le traité des fièvres et celui delà thériaque ont été traduits en latin et imprimés.
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Commentaire» sur les ouvrages suivants de Galien :
Les Éléments.
Les Tempéraments.
Les Facultés naturelles.
Les Ganses et le* symptômes.
Les Lieux aflkctés.
Le Livre des fièvres.
Le Livre des simples.
L*Art de guérir.
Citons enfin les Règles pour Tadministration des médicaments laxatifs» traduits d*abord en hébreu, puis en latin à Toulouse, en 1304, sousletitreCanonesAverroys quasdebent observari in dandis medicinis laxativis, ainsi que nous rapprenons par une curieuse annotation du n* 0940 du fonds latin de Paris.
Nous aurons à revenir plus tard sur les questions que soulèvent les tradiq^otions latines d'Âverroès.