TOMB II
130 HISrOIRB DE LA MÉDECINE ARABE. — LIVRE SIXIÈME.
coup musulman, en partie sous Tinspiration de Cothob eddin. Il voulut alors envoyer au sultan d'Egypte, Kalaoun, une ambassade avec une lettre exposant sa profession de foi et en même temps des propositions de paix. Cette lettre longue etremarquablenousa été conservée. Kemal eddin et Cothob eddin faisaient partie de l'ambassade. Ils sont qualifiés dans cette lettre, le premier de Cheikh el Islam et de modèle des savants, et le second de Gadhi des Cadhis, dont la parole est sûre ; d'où nous pouvons conclure que l'onôle et le neveu avaient allié l'étude de la jurisprudence à celle de la médecine. La lettre fut parfaitement accueillie et la paix conclue. C'était Tannée 681 de l'hégire, 1282 de notre ère. (Aboulfarage).
Cothob eddin, c*est lui-même qui nous l'apprend dans sa préface, employa ses loisirs h continuer ses recherches. Il trouva en Egypte trois commentaires complets des généra» lités du Canon, l'un par Ebn Ennefis, le second par Iakoub ben Ishaq Essamiry, le troisième par Ebn el Koff. En même temps il trouva des réponses de Samiry à Nedjem eddin sur certaines parties de l'ouvrage, la clef du Canon par Ebn el Djami et ses réponses aux observations d'Amin Eddoula ebn Ettalmid, enfin des écrits d'Abdellatif en réponse à Ebn Eddjami. Riche de tous ces documents, il se mita la composition de son commentaire, qu'il dédia au vizir Mohammed Sad eddin. Cet ouvrage existe dans plusieurs de nos bibliothèques.
Nous avons aussi un Traité sur les maladies des yeux.
Il existe encore, à Oxford, des commentaires sur le Can-ticum ou Ardjouza d'Avicenno dont Wilstenfeld n'a pas imrlé.
Cothob eddin écrivit encore sur la jurisprudence, la philosophie et surtout sur l'astronomie»
Il mourut en 710 de l'hégire (1311). L'exemplaire de TEscurial porte la date de 707 et fut ainsi traucrit de son vivant.
PEIUE. 131
NAKIIDJIOUANY.
Ahmed beii Abi liekr beii Mohumiue<l Xeiljein eildiu Ennakhdjiouany vivait dans le couraut du XIll** siècle. Aboulfarage en fait mention après Djemal eddin el Kofthy, Tauteur du Kitab el hokama.
C'était, dit-ilt un homme versé dans la philosophie et les sciences antiques. Il quitta son pays natal Nakhdjiouan» ville de TAderbaïdjan, pour se fixer dans le pays ëe lioum (Asie mineure) où il occupades fonctions importantes auprès des Seldjoucides. Préférant la solitude au tracas du monde, il se retira à Alep, où il ne voyait plus que les gens qui venaient le visiter. Il passait pour croire à la métempsychose.
Nakhdjiouany écrivit sur la logique d'Aviceiine et contre les idées du Kachef de Khounedjy.
La Bibliothèque nationale possède, sous le n* 10j3 do Tancien fonds arabe, un écrit de lui, qui porte le titre de Hall Choukoùk el Canoutij ou solution des questions douteuses du commentaire de Fakhr eddin Errazy sur le Canon d'Avicenne. Cet ouvrage est dédié au sultan .Vzz eddin Aboulfateh Kaïcobad ben Kaikosrou bcn Kilidj Arslan, neuvième sultan Seldjoucide d*Iconium, qui régna de Tannée 1211) à Tannée 1237. Le Ms. contient 128 feuilles.
EL KHOUNKDJY.
Ardhal eddin Mohammed ben T^amaouar bcn Ab<l cl Maluk cl Khounedjy vécutjusqu'en 086 (1287) d'après certaines données d*Ebn Abi Ossaïbiah. Wilstenfeld le fait naître en 1191 et mourir en 13^18, après avoir professé au Caire.
irétiiit un des nombreux disciples de Fakhr eddin Errazj'.
Il écrivit un commentaire du Canon dont il existe deux copies au supplément arabe de Paris, n** 1015 et 1017.
Dans ce commentaire il s'inspire des écrits de son maîtrCé Khounedjy écrivit sur la logique un livre intitulé Kachef, qui fut réfnti^ par Xakhdjiouany (Aboulfara^e, :M0).
132 HISTOIRE DU LÀ MÉDECIHE ARABE. — LlVns SIXILHE.
KHODJANDY.
Fakhr eddin el Khodjandy, qualifiéle prince des médecins, Oustad el athibbc^ nous est particulièrement connu par une notice de Hadji Khalfa, n'^ 3680. Un savant éminent, dit Hadji Klialfa, avait rédigé un abrégé du Canon sous le titre El Maknoun. Ce savant n'est autre que Eben Djami, et le titre complet de son livre est El Maknoun fi tanquih el Kanoun. Khodjandy remania ce Maknoun, y fit des retranchements et des additions et le publia sous le titre Tanquih el Maknoun. Il le résuma une seconde fois, y fit de nouvelles additions, et lui donna le titre de Talouih ila Asrar Ettanquih. Dans ses proportions restreintes, cet ouvrage contient des choses que Ton ne trouve pas dans les écrits de longue haleine. Il se divise en cinq livres : !• De l'objet de la médecine et des choses naturelles ; 2^ Des maladies et de leurs causes ; 3*» De la conservation de la santé ; 4* Du traitement des maladies ; 5* Des fièvres. Louftallah el Misry accompagna le Talouih d'un commentaire et donna à son œuvre \ê titre de : Ettesrih ficharh Ettalouih.
Le Talouih existe à Paris sous le n* 1049 de l'ancien fonds. C'est un volume de 100 feuilles. L'auteur est appelé Aboul Fedhaïl Hahram ben Bahman, mais l'identité n'est pas contestable, attendu que le début est tel qu'il est donné par Hadji Khalfa, et que l'on y retrouve aussi, mais in extenso, les renseignements donnés par Hadji Khalfa.
A la dernière page on lit : Chapitre des fièvres.
Hadji Khalfa cite, aun* 846 Les Principes des compositions en médecine par Mohammed ebn el Khodjandy, qui serait peut-être le fils de notre auteur.
Nous n'avons pas de date relative à Khodjandy, mais de l'ensemble des faits nous avons cru devoir le placer ici.
PERS^a Inf'J
RACIIID EDDIN BEX IMAD EDDOUL.V. Xl^
Rachid eddin Aboul kheir Fadlil Allab ben Imad eddonla naquit en Perse vers Tannée 1240 de notre ère, du temps de la domination mongole.
Ses vasteâ connaissances accusent une jeunesse studieuse. Il étudia la médecine et ce fut sans doute son babileté dans son art qui le fit entrer h la cour des Mongols, et lui concilia la faveur des souverains. Mais la médecine ne fut pas l'objet exclusif de ses études. Outre les sciences qui ont avec elle un rapport immédiat, il cultiva Tagriculture, Tarcbitecture, la métaphysique et la théologie.
Il possédait encore à fond plusieurs langues, le persan, Tarabe, 1q mongol, le turc, Thébreu et peut-être le chinois. Ce fut sans doute en raison de ce rare ensemble de connaissances qu'il fut nommé vizir par Gazan Khan, dans les dernières années du XIIP siècle. Oldjaïtou, successeurde (lazan, maintint Rachid eddin dans ses fonctions, conjoiutement yrec Saad eddin.
Ayant passé près d'un demi-siècle à la cour des Mongols, Rachid eddin avait acquis d'immenses richesses. Il en fit un généreux emploi et se plut aies dépenser pour des institutions utiles et des fondations pieuses. A l'instar do Gazau Khan, il fit construire à Tauris tout un faubourg, renfermant une quantité d'édifices d'une régularité et d'une beauté inaccoutumées. D'après les écrivains arabes rien de pareil no se voyait dans l'univers entier. Il avait fait amener les eaux de la Serouroud par un canal percé dans le roc et traversant une montagne. Ce faubourg prit de son nom celui de Raba Rachidy.
Mais ce fut surtout pour ses écrits qu'il fit des dt^tenses extraordinaires. Il dépensa 00,000 dinars OK)0,000 francs; pour la transcription, la reliure, le;) vignettes et les carti*s de ses diffërens ouvrages. lien fit faire des copies et dé])oser un exemplaire en grand format dans l'édifice qui devait iiii siTvir de sépulture. Sur les revenus affectés à hi fondalio
134 mSTOIIlE DE LA ^lËDFXitK ARARE. — LIVRE SIXIÈME.
OU devait en transcrire des exemplaires qui devaient être envoyés aux grandes villes de Tlslam.
Cependant Rachid eddin eut des ennemis qui parvinrent à l'évincer en Tannée 717 (1317). Il quitta la cour et se retira à Tauris. On lui fit ensuite des offres, qu*il eut le malheur d'accepter. Ses ennemis recommencèrent leurs attaques et Taccusèrent d'avoir causé la mort du sultan Oldjaïtou en lui donnant un breuvage empoisonné. On fit venir Djemal eddin, qui avait été médecin d'Oldjaïtou et on l'interrogea sur la mort de ce prince. Sa réponse est une page curieuse de l'histoire de la médecine. « Le sultan, dit-il, était affecté d'une violente indigestion, accompagnée d'une diarrhée extraordinaire et de fréquents vomissements. Ayant été appelé et consulté sur le traitement que la circonstance exigeait, je conclus avec tous les autres médecins qu'il fallait faire prendre au prince des astringents qui puissent donner du ton à l'estomac et aux entrailles. Rachid eddin lui seul fut d'un avis opposé.
« Il prétendit que cette indisposition provenait de plénitude et qu'il fallait encore des évacuations. Eu conséquence nous fîmes prendre au sultan un remède purgatif qui augmenta la diarrhée et conduisit le malade au tombeau. >
Rachid eddin étant convenu du fait, fut déclaré coupable et condamné à mort. On l'exécuta, en même temps que sou fils Ibrahim, en l'année 1318.
Entre autres ouvrages Rachid eddin laissa un grand recueil d'Annales, Djami ettouarikhj et le livre des Vivants et monuments, qui n'est autre chose qu'un traité complet d'agriculture dont nous connaissons l'ordonnance, mais qui n« nous est pas parvenu.
M. Quatremère a traduit son Histoire des Mongols, de Perse, qui fait partie de la Collection orientale, et c'est do la préface de cet ouvrage que nous avons tiré nos renseignements sur Rachid eddin.
La B. de Copenhague possède de lui, sous le n* XXXVI, un traité de l'utilité et des inconvénients des alimenta, l)oirtsons et vôtements, écrit par ordre d'Argoun Khan.
PEU4E. lii"
K\zor;i\v,
Zakar^^a ben Mohammed, dit El Kazouiuy de la ville do Kazouin ou Gasbin, en Perse, naquit au commencemeut du douzième siècle, d'une famille de légistes, et mourut en 1283.
On lui a donné le titre de Pline des Arabes. On peut le lui conserver à la rlg^ueur, si Ton entend seulement par là que, tout comme Pline, il a traité dans un seul corps d*ouvrag:c la cosmographie, l'histoire naturelle et la géographie, et que son ouvrage est dans son genre ce que les Arabes nous ont laissé de plus complet et de plus approchant de Thistoire naturelle de Pline ; mais il ne faut pas entendre que le naturalisée arabe a le mérite du naturaliste latin. Kazouiny n'a pas Tampleur et l'élévation de Pline, malgré qu'il lui soit supérieur en certaines parties, telles que l'astronomie.
L'ouvrage de Kazouiny porte le titre de Adjaib clMakhlou-qat oua Reraîb el Moudjoudat, c'est-àr-dire Merveilles de la nature et Curiosités de la création.
De même que l'ouvrage de Pline, il porte le cachet de la compilation. On peut le diviser en deux parties: la première comprenant la cosmographie et l'histoire naturelle, et la seconde la géographie.
Il débute par l'astronomie, qui occupe une place assez importante. Il y est question des corps célestes, les uns après les autres ; les éclipses et les constellations y sont représentées par des figures. C'est \h qu'Ideler a puisé pour ses travaux sur l'astronomie orientale.
Après avoir parlé des anges, Kazouiny s'occupe du temps et de ses divisions.
Il parle ensuite des éléments, des météores, des mers, des Iles et de leurs produits. Avec les mers il traite des animaux marins. A propos de la mer de Zendj ou du Zanguebar, il dit que ceux qui voyagent dans ces parages n'aperroivent plus le pôle nord et ne voient plus que le pôle sud.
Vientensuite la description de la terre proprement dite, de ses montagnes, de ses cours d'eaux et de ses sources.
1 '^0 HISTOIRE DE LA MÉDECIKK AUABE. — LIVRE SIXIÈSE.
Après ce sont les minéraux et les pierres et Ton voit £ré*qiicmment apparaître le nom d*Âristote. Alors déjà le port de la Galle, Mers el Kharez, était renommé pour la pâche du corail.
Ce sont ensuite les végétaux, à commencer par les arbres.
Après les plantes, viennent les animaux, l'homme en tète, dont Tanatomie est assez largement exposée et qui est considéré tant au moral qu'au physique. Ici nous rencontrctas rhistoire de Satan, et la fin de la première partie.
Nous avons déjà dit que la deuxième partie traite de la géographie. La terre est divisée en sept climats et dans chaque climat les villes sont disposées par ordre alphabétique. Outre la description des localités on rencontre souvent la biographie des hommes remarquables qui y sont nés.
L'ouvrage de Kazouiny, tout comme celui de Pline, porte parfois le cachet de la crédulité. C'est ainsi qu'on le voit très souvent citer Balinas dont nous avons établi l'identité avec Apollonius de Tyane. Nous avons déjà dit que son autorité la plus constante pour les minéraux c'est Aristote. Cour les plantes, ce sont le plus souvent Avicenne et l'agriculture nabathéenne. Pour les animaux, c'est Djahidh, qui fut plutôt un compilateur qu'un naturaliste observateur.
La patrie de l'auteur est accusée par un assez grand nombre de synonymies techniques en langue persane (1).
Nous avons déjà dit que l'astronomie était bien traitée. On peut en dire autant de la géographie. Çà et là on trouve quelques faits à relever. Ainsi il nous parle de chutes d'aérolithes dont une avait le poids de cinquante mines.
Chézy avait fait un choix intéressant de passages extraits de Kazouiny, qui ont paru dans la Chrestomathie arabe de M. de Sacy.
(1) Kazouiny nous apprend qu'il était à Damas en Tannée GdO de l'hégire. Il nous apprend aussi qu'il eut pour maître Ben Amr el Abhary, lequel, malgré son rare savoir, ne put résoudre une question de mathématique proposée par les Francs, à savoir la construction d'un carré égal à un segment de cercle, solution donnée par Kcmal eddin ben Youncs.
Dans ces derniers temps le texte de Kazouiny a été publié par Wilstenfeld, en deux volumes.
NASSIR EDDIN ETTHOCSSY. XMI
Nassir eddin Etthoussy est peut-^tre la plus {jurande existence de rOrient au XIII* siècle. Il intéresse faiblement la médecine, mais ses fonctions et Timpulsion qu'il communiqua à la culture des sciences ne nous permettent pas de le passer sous silence.
Plusieurs questions s*ag:itent autour de lui, dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer, ainsi la date de sa mort, les motifs qui le déterminèrent à quitter Bagdad et à se réfugrier chez les Mongols, son rôle de traducteur. Il reste une bonne étude à faire sur cet homme célèbre, après celle que Jourdain a donnée dans son mémoire sur Tobservatoire de Méraga.
Nassir eddin Etthoussy, dit aussi le Khodja, naquit à Siouah, ati commencement du XIII* siècle ; on donne même la date de G07 de Thégire (lâOO-1, de notre ère).
Son surnom de Thoussy, vient de ce qu'il fut élevé à Thous.
Jourdain rapporte d'une part qu'il encourut la disgrâce du Khalife Mostaasem à propos d'une pièce de vers qu'il lui dédia, mais dont l'adresse ne parut pas convenable, ce qui rappelle une aventure analogue d'Averroès. Mis en prison, il s'échappa et se réfugia auprès de Houlagou le Mongol. D'autre part, Jourdain rapporte que Nassir eddin, traité injustement par le gouverneur du Kouhistan, s'enfuit dans l'Irak Adjemy, d'od sou nom parvint à Mangou Khan, qui se le fit envoyer par son frère Houlagou. On dit même que les renseignements fournis par Nassir eddin aidèrent les Mongols à s'emparer de Bagdad.
Nassir eddin entra dans les faveurs et dans l'intimité des nouveaux souverains de l'Asie. Abouifarage rapporte qu'il fut chargé de l'administration des revenus de toutes les écoles de l'empire Mongol.
Son crédit profita particulièrement & l'astronomie, au point qu'on lui fit construire un observatoire.
Aussitôt après la prise de Bag'dad, des livres furent recueillis, de nombreux savants convoqués, et on se mît à construire un observatoire sur le sommet d'une montagne près de Mérag*a.
« L'édifice fut disposé de manière que tous les matins les rayons du soleil étaient reçus par un trou pratiqué h la coupole et se projetaient sur le mur.
On connaissait parla les degrés et les minutes du mouvement moyen du soleil, sa hauteur dans les quatre saisons de l'année et la quantité des heures.
On voyait dans l'intérieur du bâtiment les figures des sphères, des épicycles, des déférents, des cercles destinés u représenter les mouvements des douze signes du zodiaque. Enfin la forme de la terre, la division en sept climats, la longueur des jours, la latitude des pays, la forme des îles et des mers y étaient marquées bien distinctement. Les instruments y étaient en grand nombre, v Jourdain.
Nassir eddiu corrigea plusieurs instruments anciens et en inventa de nouveaux. Jourdain en décrit cinq.
« Nassir eddin, aidé dans ses opérations par Mouaycd eddin el Oredhy de Damas, Fakhr eddin el Khelathy de Tiflis, Nedjem eddin ben Debiran de Cazouin, Fakhr eddin el Meraghy de Mossoul, Mohyeddin el Magreby, etc., termina en douze années un travail qui, d'après les premiers calculs, devait en exiger trente.
On sait maintenant qu'il se contenta de reproduire la Table hakémite d'Ebu lounis, en y introduisant un petii nombre de modifications utiles ; mais il n'en est pas moins vrai qu'on se livra dès lors avec une nouvelle vivacité aux observations. » Sédillot.
Le travail de Nassir eddin porte le nom de Tables Ilkha^ niennea^ ou impériales, Houlagou portant le nom lïllkhan.
c Les Mongols de la Perse rendaient donc à l'école arabe une partie de son ancien éclat: d'un autre côté Kublal Khan, frère de Houlagou. achevait la conquête delà Chine et trans-
P£KSE. 130
portait dans le Céleste Empire les traités des savants de Bagdad et du Caire. » Sédillot.
La mort de Nassir eddin est généralement fixée à la date de 1274.
Jourdain donne la nomenclature de viugt->trois ouvrages de Nassir eddin. Quelques-uns ont trait à la philosophie, mais la plupart aux sciences mathématiques et astronomiques.
Cette liste n'est pas complète. On n'y trouve pas les commentaires sur quelques ouvrages d'Euclide et sur les sections coniques d'Apollonius de Perge.
Jourdain mentionne la traduction des Ascensions d'Hypsiclèst mais il ne dit pas si c'est du grec ou de l'arabe. De son temps, l'histoire des traductions n'était pas encore bien connue, et on admettait indûment certaines traductions du grec.
Nassir eddin traduisit en persan le Tetrabiblon de Ptolémée, nécessairement d'après l'arabe.
L'ouvrage de Nassir eddin qui a fait le plus de bruit chez nous, est son commentaire des Éléments d'Euclide. Il a été imprimé à Rome en 1504, et donné à fort à titre de traduction, ex traditione Nassir eddini Tusii,
Dans la liste bibliographique donnée par Jourdain, nous trouvons deux ouvrages qui doivent trouver place ici : l'un a trait h l'histoire naturelle, et l'autre & la médecine.
En somme, si l'on peut reprocher à Nassir eddin d'avoir concouru a la prise de Bagdad, il faut lui savoir gré d'avoir fait adopter la science aux Barbares, que son abstention n'eftt pas sans doute emp«^ch«'s d'abattre le Khalifut chancehiut.