KEMAL EDDIN EL HOMSY
Kemal eddiu Abou Mansour cl Moudhafer, dit El Homsy, du nom de la ville de Homs ou Emèse, étudia la médecine sous plusieurs maîtres. 11 eut d'abord Radhy eddin Errahaby, puis Boha eddin Mahmoud ben Abil Fadhl qui se trouvait alors en résidence h Damas, et qui, en l'année 608 (1211), s'en alla voyaj^er dans l'Asie mineure.
Uoha eddin prit le Canon d'Avicenne pour base de son enseignement. II enseigna aussi à Kemal eddin un traitement particulier de la dyssenterie. Tadj eddin el Kendy lui enseigna les humanités.
Kemal eddin se livrait avec plaisir au commerce, cherchant h y trouver exclusivement ses moyens de subsistance.
et ne trouvant pas convenable de tiref profit de Texercice de la médecine.
Les souverains et les grands personnages le recherchèrent en raison de sa ^ande réputation, mais il ne voulut jamais s'attacher à leur personne. C*est ainsi qu'entre autres il refusa Abou Bekr ben Aïoub.
Il resta longrtemps attaché au grand hôpital de Damas.
Il écrivit plusieurs ouvrages.
Traité du coït.
Commentaire du livre des Signes et des Accidents de Galien.
Traité des médicaments purgatifs.
Abrégé du Canon d'Avicenne, qu'il n'acheva pas.
Notes sur les généralités du Canon.
Abrégé des questions de Honein.
Notes sur la médecine.
Notes sur l'urine ; composé en 603 (1200).
OMRAN EL ISRAILY.
Aouhad eddiu Umran ben Sadaka el Israïly naquit à Da«* mas en 1165, d'un père qui était aussi un médecin renommé. Il suivit les leçons de Itadhy eddin Errahaby, et devint un médecin savant et un habile praticien. Les princes le recherchaient et voulaient se l'attacher, mais il ne voulut jamais aliéner son indépendance et il se borna h répondre à leurs invitations quand ils étaient malades, prolongeant du reste son séjour jusqu'à la guérison. C'est ainsi qu'il refusa Malek el Adel et Malek Ennacer Daoud prince de Karak. Ce dernier le fit appeler de Damas. Omran vint et resta jusqu'à ce que le priuce fut guéri. On lui oflfrit en vain pour prolonger son séjour d'une année et demie une pension mensuelle de 1500 drachmes et une somme de 27,000 dinars.
Malek el Adel lui faisait une pension considérable à Damas, où il était chargé des établissements royaux et de la citadelle. Malek el Mouaddhem lui conserva la même position.
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Omran se trouva chargé de service au grand hôpital de Damas en même temps qu'Ebn Dakhouar et le vieux Radhy eddin Errahaby. Le concours, dit Ebn Abi Ossaïbiah, de ces trois médecins, fut pour les malades une bénédiction, ainsi que je Tai constaté et que je l'ai consigné dans mon livre des Expériences.
Omran avait la passion des livres, et il s'était composé une bibliothèque sans pareille on ouvrages de médecine et d'autres sciences.
Il mourut eu 1239 h la cour de Homs, où il avait été appelé pour soigner le prince.
lAKOUn BEN SAKLAN.
Mouaffeq eddin Iakoub ben Saklan était un médecin chrétien de Jérusalem, dont le surnom s'écrit aussi ben Siclab. Cette dernière lecture est celle de Reiske et de Wttstenfeld, et le Ms. de Paris d'Ebn Abi Ossaïbiah est conforme, tandis qu*on lit ben Saklan dans les Mss. du Kitab el hokama de Paris et de l'Escurial, aussi bien que dans Aboulfarage.
Nous n'avons pas la date de sa naissance» mais nous allons voir qu'il dût naître vers le milieu de la seconde moitié du XII* siècle de notre ère, probablement vers l'année 1170. Il appartenait, dit le Kitab el hokama, à cette classe de chrétiens dits orientaux, parce qu'ils viennent de l'Orient de cette ville, et y habitent un canton particulier.
En l'année 118i, se trouvait à Jérusalem un savant chrétien du nom de Théodore, connu sous le nom de philosophe d'Antioche parce qu'il avait fait ses études dans cette ville, et qui avait fait de sa maison une sorte d'église et d'école. Ce fut lui qui enseigna la philosophie et la médecine à Iakoub, qui suivit aussi les leçons d'un autre médecin chré* tien du nom d'Abou Mansour.
Iakoub fut chargé de service h l'hdpital de Jérusalem et il conserva ces fonctions jusqu'au règne de Mouaddhem. On
170 Hunroms db la icjêdbouia arabe. — lîvbe sixiÈtfB.
sait que Saladin avait repris Jérusalem aux Croisés en l'année 1187.
£1 Mouaddhem prit Iakoub à son service et l'emmena dans ses expéditions, l'admit dans son intimité, et le combla de bienfaits et d'honneurs, position qu'il conserva sous son successeur Malek Ennacer. Avec Mouaddhem, Iakoub quitta Jérusalem pour Damas.
Là il établit, dans une des salles du Palais, des conférences où assistait souvent Mohaddeb eddin ben Dakhouar. Tous deux y prenaient la parole. Mohaddeb eddin était plus disert. Iakoub était plus sobre et on eiit dit que Galien parlait par sa bouche.
On ne nous dit pas qu'il fut attaché à l'hôpital de Damas. Cela est probable pourtant, car on nous parle de sa grande expérience des hôpitaux. Iakoub ne put cependant se mettre à l'abri des infirmités. Sur ses vieux jours il fut pris d'une goutte qui lui interdit tout déplacement. Quand Mouaddhem avait besoin de lui, il fallait porter Iakoub à ses consultations. Il mourut quelque temps après Mouaddhem, en l'année 1228 ou 1229.
L'historien de la médecine fait le plus grand éloge d'Iakoub. Il vante son érudition en même temps que son habileté pratique, tandis que le Kitab el hokama et après lui Aboulfarage ne lui accordent que cette dernière qualité. Il nous semble que les affirmations d'Ebn Abi Ossan)iah sont trop positives et trop nettes pour qu'on puisse les mettre en doute, d'autant plus qu'il était en position de mieux apprécier Iakoub que l'auteur du Kitab el hokama. Il fut eu effet le compagnon de guerre et l'élève d'Iakoub. Il nous apprend que lui-même et son père se trouvaient dans les armées de Mouaddhem en même temps que Iakoub, et qu'il apprit aussi la médecine à son école. » C'était, dit-il, le médecin do son temps qui connaissait le mieux tialien. Galien était son oracle, il en citait les paroles mêmes à toutes les questions qui lui étaient posées. Il citait même le livre et la page de la copie qu'il possédait, tant les ouvrages de Galien lui étaient familiers. Il en faisait de même pour Hippocrate, commenté par Galien, et j'ai vérifié qu*il eu reproduisait
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les expressions, les développant, mais ne les altérant pas. Il avait Aussi des ouvrages de ftalieu en grec. Il connaissait cette langue et il en fit des traductions en arabe. »
Il nous semble que ces assertions ont un cachet de vérité qui doit nous les faire préférer aux assertions contraires de l'auteur du Kitab el hokama. Il n'était pas savant, dit Djemal eddin; mais il avait une grande expérience des hôpitaux et il était heureux dans sa pratique.
La grande expérience d'Iakoub, les succès de sa pratique sont pareillement signalés par Ebn Abi Ossalbiah. S'inspirant toujours de Galien, dit-il, Iakoub observait scrupuleusement tous les symptômes, ne laissant échapper aucune de leurs indications, et instituant parfaitement son traitement. C^était, ajoute-t-il, un homme accompli, intelligent et judicieux. Il laissa un fils, dont le nom suit.
SEDID EDDIN ABOU MANSOUR BEN lAKOCB.
Abou Mansour ben Iakoub embrassa la profession de son père et devint un bon médecin. A l'époque où écrivait Ebn Abi Ussaïbiah, il se trouvait à Karak, au service de Malek Ennacer.
RACHID EDDIN BEN E8S0URY. Vm'i
Uachid eddin Mansour ben Abil Fadhl ebn Essoury, le plus original de tous les botanistes arabes, naquit à Sour en 573 (1177). Une fojs sorti de l'enfance, il se rendit à Damas où il apprit la médecine à l'école de Mouaffeq eddin Abd el Aziz Essalmy et d'Abd Sllatif. Il habita aussi Jérusalem et fut attaché à l'hôpital de cette ville. Un de ses amis, Aboul Abbas el Ilayany, homme savant et homme do bien, versé dans la connaissance des simples, lui inspira peut-être le goût de la botanique. En l'année 1215, il quitta Jérusalem -^ et suivit en Egypte Malek el Mouaddhem qu'il accompagna dans plusieurs rencontres avec les Francs débarqués sur le rivage de Damiette. A la mort de Mouaddhem, il servit
Ennacer qui lui conféra la dignité de chef des médecins. Ennacer étant allé à Karak, Rachid eddin alla 6e fixer à Damas, oii il s'occupa d'enseigner la médecine, de préparer la thériaque, en même temps qu'il se livrait à l'étude des plantes. Ebn Abi Ossaïbiah le fait vivre jusqu'en 039 (1241) et Hadji Khalfa jusqu'en 641 (1243).
Rachid eddin est une âgrure à part entre tous les botanistes arabes. Sa passion pour la botanique doit le faire placer à côté des deux grands botanistes Aboul Abbas Ennabaty et Ebn el Beithâr, ses contemporains. Malheureusement, ses travaux ne nous ont pas été conservés, mais ce qui nous en est rapporté suffit pour nous en faire apprécier l'importance et en regretter la perte.
Rachid eddin fut non-seulement un amateur passionné de -^ la botanique, mais un novateur ; il fit plus que décrire les plantes dans son ouvrage, il les peignit. 11 voyagea partout où il espérait les trouver et parcourut notamment les montagnes du Liban, se faisant accompagner d'un peintre et faisant représenter les plantes avec leurs couleurs et tous leurs organes, feuilles, branches et racines, les représentant même dans leurs divers états de développement, h leur état complet et au moment de la fructification. Il fit plus encore, il les représenta à leur état de dessication, au moment où elles sont aptes aux emplois médicaux.
C'est la première fols que nous rencontrons chez les Arabes un cas de livre illustré, comme nous disons aujourd'hui, car ceci est autre chose que la simple représentation des instruments de chirurgie que l'on rencontre dans Abulcasis et dans plusieurs autres écrivains de l'école espagnole. Noub n'en connaissons, en fait de botanique, qu'un autre exemple, un fragment de Dioscorides avec figures qui se trouve & la Bibliothèque de Paris, n^ 068, ancien fonds, et que l'on a pris à tort pour le travail d'un certain Abou Zaher qui aurait vécu au VIII* siècle de notre ère.
Il existe aussi un Dioscorides illustré à la Bibliothèque bodléienne. Mais il y a ici une différence. L'illustration du livre entrait essentiellement dans la conception de Rachid