‹ Histoire de la médecine arabe (volume 3)Chapitre 66 sur 165 · C.issiia fistula · texte numérisé non relu

C.issiia fistula

Maniguette.

Siracost.

Citron.

Muse.

Sebeste .

Civette.

Muscade.

Seigle ergoté.

CoQvolvulus nil.

Myrobolans.

Sucre.

CrotOD.

Noii el Kaïa.

Tamarin.

Curcuma.

— métel.

Thabachir.

Bmblic.

— vomiquc.

Turbith.

Oalaoga.

Œgle Mannelus.

Zédoaire.

Girofle.

Orange.

Zérumbeth.

Globulaire.

Pignon d*Inde.

Le Traité de^ simples, connu trop tard en Europe, ne fut malheureusement pas traduit à temps. Alpa^n^s le connut, mais ne s'en servit que pour enrichir son g^lossaire d'Aviccnne. Il traduisit l'article Limon, qui n*est pas d'Ebn el Reithàr mais un emprunt à Ebn el Djami. Guillaume Postel le sigrnala nu monde savant. Hotttngfer exagéra le nombre des articles originaux. Saumaise en usa à peine pour sas homonymies, dont Ebn el lieithâr lui e&t fourni la matière complète. Golius et Hochart y puisèrent largement. D'Herbelot en fait Téloge dans sa Bibliothèque orientale. Galand en fit une traduction réduite. Schultens revint encore sur Ebn el BeitliAr, et Casiri en fit un éloge pompeux.

Au commencement du XIX* siècle, Amon en entreprit une traduction espagnole, qui ne fut pas achevée. A la même époque Sprengel, écrivant l'histoire de la botanique, exprimait le vif regret de ne pouvoir y recourir, alors que de Sacy en utilisait les richesses pour sou Abdellatif. Tout récemment un autre historien de la botanique, Meyer, consacrait un long article à l'auteur du Traité des simples ; mais pour u Savoir pas fait la distinction des aliments et des médicaments, exagérait 1<) chiffre des acquisitions faites par Kbn el Reithûr. Ce n'en était pa^ moins la première étude sérieuse où la valeur d*Ebn el Heith&r était appréciée.

Kii 1H:CJ, Diebc publiait une traduction latine sommaire diM

deux premières lettres, et, en 1840, Sontheimer en publiait une traduction complète en allemand.

Nous dirons un mot de chacune de ces traductions.

La traduction de Galand passa longtemps pour un mythe. On ne s'avisait pas d'aller la chercher au n" 11,221 du fonds latin. Galand passe par dessus les Grecs et les grands écri* vains arabes, jugeant sans doute inutile de les reproduire, de sorte que Ton n'y trouve tout au plus que la moitié de l'original. Malgré les défauts de cette traduction, c*est encore la meilleure de toutes celles dont nous avons à parler. Cependant on voit que Galand n'était pas sur son terrain. Bien des mots techniques sont mal rendus et bien des synonymies font défaut. Il en est màme ainsi des noms d'histoire et de géographie : l'Orient n'était pas encore suffisamment connu. On dirait aussi que Galand écrivait au courant de la plume et ne s'est pas relu.

Le travail de Dietz a plus que le défaut de n'ètio qu'un /* abrégé. Dietz ne connaissait pas assez la botanique, et ne connaissait pas du tout le Magreb, d'où l'absence fréquente de synonymies et des noms propres défigurés ou méconnus. On peut lui reprocher aussi son jugement sévère sur Ebn el Beithâr, qu'il ne connaissait pas assez et qu'il a jugé d'après le Malaiesa.

En 1840 parut la traduction complète eu allemand, par /^ Sontheimer. C'est la plus faible de toutes. Il faut avoir fait une traduction du Traité des simples, celle de Sontheimer en regard, pour croire à la prodigieuse quantité d'incorrections, de fautes, de méprises, de contradictions et d'étourdoriea qu'elle contient. Nous en avons compté plus de deux mille. Nous ne voulons pas en reproduire le détail, l'ayant fait en partie dans le Journal asiatique de 1867. Nous en dirons seulement quelques mots. Â part une connaissance à peu près suffisante de l'arabe, Sontheimer n'avait pas ce qui fait un bon traducteur, en matière scientifique. Sou livre est uu guide infidèle, qui a déjà trompé M. de Candolle et Mcyer, le premier à propos de la Mangue méconnue, et le second à propos d'un Traité d'agriculture attribué à Edris:»y et à Errafequy, etc. Ce qu'on peut dire i\ sa décharge, c'est

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qu'il opérait sur un seul manuscrit: mais il devait opérer vite et probablement sans se relire. Ces défauts ont été aussi si^alés par M. Dozy dans le Journal asiatique allemand.

La traduction des simples restait donc encore à faire pour répondre & un vœu si souvent exprimé, et c'est la tâche que nous avons entreprise. Préparé par les traductions de Daoud e) Antaky et d'Avicenne, sans compter cinq ou six autres traductions d'ouvrages moins étendus, accompagnées toutes de notes critiques, nous avions l'avantage déposséder un bon manuscrit. Nous avons en outre consulté ceux de Paris et même de l'Escurial. De plus, nous nous sommes mis au courant de tout ce qu'avaient écrit les commentateurs, les botanistes et les voyageurs en Orient. Notre séjour en Algérie nous avait familiarisé avec les expressions berbères qui se produisent dans Ebn el Beithâr. L'impression de cette traduction a été commencée sous les auspices de l'Académie des inscriptions.

Un autre ouvrage impor tant d'Ebn el Beithâr est le Afor'ni/, ou le Livre suffisant. Il s'agit encore ici des simples, non plus au point de vue de l'histoire naturelle, mais au point de vue d(* la thérapeutique seulement. C'est par exception et comme complément que l'auteur s'écarte de cette voie et donne des renseignements descriptifs. On pourrait dire que le Mor'ny est le Traité des simples retourné.

L'un part de l'histoire naturelle, et l'autre de la thérapeutique. Il faut dire cependant que le Mor'ny, d'une rédaction postérieure à celle du Traité des simples, contient un bon nombre de documents nouveaux.

Le Mor'ny existe dans plusieurs de nos collections, notamment il l'aris, n* 1008 de l'ancien fonds et n* 1029 du supplément arabe. Apn>s avoir rappelé le défunt roi Malek el Kamel, l'auteur dédie son livre k Malek Essalek Nedjemeddin, son successeur. L'ouvrage se divise en 20 chapitres, dont nous donnerons les premiers et les derniers.

1* Des simples qui conviennent au traitement des maladies de la tète.

2* Des simples employés pour les maladies d^oreille.

a* D(*s simples employés pour les maladies dos yeux.

230 HISTOIRE DE I.A MÉDEOINR ARABE. — LIVRE SIXU'lME.

17* Des simples employé.-? pour la cosmétique.

18* Des simples employés contre les fièvres et les altérations de l'athmosphère.

19* Des simples qui sont des contre-poisons.

20* Des médicaments les plus employés en médecine.

Le Mor'ny n'est autre chose qu'un mémorial de thérapeutique. Les autorités y sont pareillement citées.

C'est ainsi que nous voyons plus fréquemment apparaître que dans le Traité des simples, Aboul Cassem Khalaf hen Abbas Ezzahraouy, vulgairement Abulcasis.

L'auteur y prend aussi la parole et nous donne parfois des renseignements sommaires sur des médicaments qu'il a particulièrement observés. Nous citerons une de ses observations sur la variole. < Dès que les boutons apparaissent chez un enfant, il faut lui faire des embrocations à la plante des pieds avec du henné : on est sûr dès lors qu'il n'en sortira pas aux yeux, ainsi que je l'ai plusieurs fois constaté. «

Le Mor'ny est aussi sobre de détails pathologiques que de détails relatifs k l'histoire naturelle. Sur ce dernier terrain cependant on trouve plusieurs faits qui ne se rencontrent pas dans le Traité des simples, et c'est dans le Mor'ny que nous avons pris les dates qui nous ont servi à reconstituer la vie d'Ebn el Beithàr.

Un autre ouvrage d'Ebn el Beithâr est l'Exposition des erreurs contenues dans le Meuhadj d'Ebn ed Djezla.

Le Menhadj e.st un ouvrage dans le genre de celui d'Ebn el Beith&r, excepté qu'il y est aussi question des médicaments et aliments composés. Nous en avons parlé en son lieu.

Ebn el Beithâr composa des commentaires sur les simples contenus dans Dioscorides.

Son biographe cite aussi un livre des propriétés rares et extraordinaires.

On ne trouve mentionnés que ces cinq ouvrages dans la notice de Makkary, empruntée tant à Ebn EssaYd qu'à Ebn Abi Ossaïbiah.

On lit dans Ebn Abi Ossaïbiah que le Traité des simple.^ est un livre excellent, Kitab AdjcU qui n est inférieur à aucun autre. Dietz a vu malencontreusement dans ces mots Kiiab

ÉGVi'TK. *î{T

ykdjel, le titre «l'un autre livre qu'il appelle le Livre des Causes. Il s'est encore mépris en désignant ainsi le Mor'ny : De U8U medicamentorum simplicium,

Hadji Khalfa, sous le n^ 2770, cite aussi d'Ebn el Beithàr un Tcdkirat ou Mémorial de thérapeutique.

On lui attribue un Traité des poids et mesures, qui existerait à Leyde et à Madrid.

Dietz assure qu'il existe aussi à Madrid un Traité de mé dccinc vétérinaire (1).

Le catalogfue de Paris, n*1037, ancien fonds, donne comme d'Ebn el Beithâr une pratique des officines. Or, cette pratique des officines n*est autre chose que le Menhadj Ëddokkan de Cohen el Atthar.

Il existe, au n* 105G du supplément, un volume contenant plusieurs ouvrages. Le premier, qui porte le titre de Tohfat el Arib, présent à l'homme intelligfent, nous est donné comme d'Ebn el Beithâr. Cet opuscule de 80 feuilles serait en quelque sorte le complément du Mor'ny, en ce sens qu'il est aussi un mémorial de thérapeutique, mais où les maladies sont traitées par des médicaments composés. Ce qui nous rend cette attribution suspecte, ce sont d'abord les proportions exiguës de l'ouvrage, puis une notice d'un caractère étrange, placée en tète. On y lit que Ebn el BeithAr composa environ cinquante ouvrages et qu'il mourut a l'àgo de 114 ou 1:M) ans.

Les cattilogues des Bibliothèques de l'Orient donnés par Fluëgely dans son édition de Hadji Khalfa, citent encore de notre auteur un ouvrage intitulé Moualdjat ebn el Beithâr, les traitements d'Ebn el Beithar. Il est cité deux fois.

TiKAcnv.

Ahoul Abbns Ahmed bon Yotiscf ben Mohammed Ettifacliy, cl Quissy (2), est Tautcur d'un Trait»A des pierres pré-

,]} Il est probable qua Dietz aura vu, dans un ouvra^^e do vctcriaairc, lo nom de notre auteur.

• *Ji II porto aussi le surnom d'Ël Abtindjv.

cieuses intitulé Kitab el Azhar fi marfet cl Ahadjar^ c'estèMlire Livre de fleurs sur la connaissance des pierres.

Nous ne connaissons ni la date de sa naissance ni celle de sa mort. Ce qui ressort de ses écrits, c'est qu'il habita rÉgypte, etvivaitencoreversle milieu du troisième siècle de l'ère chrétienne (1). Au chapitre de la Topaze, Zeberdjed, il nous apprend qu'il écrivait en l'année 040 de l'hégire» qui correspond à l'année 1248 do notre ère.

Dans la préface de son livre il nous dit qu'il a pour but d'exposer l'état natif des pierres, leur gisement, leur appréciation en tant que bonnes, mauvaises, naturelles ou sophis* tiquées, leurs propriétés et leur valeur. Il indique aussi leur emploi dans la médecine.

A côté des faits d'expérlence^et de pratique, on trouve dans le livre de Tifachy quelques idées théoriques touchant à l'alchimie, à savoir les états divers que subissent les métaux, passant à l'état d'or dans la série de leurs évolutions avant de revêtir leur état définitif. Ces idées qui reviennent asses souvent sont empruntées au mystérieux Balinous, que l'on retrouve autre part sous la forme Balinas et particulièrement dans Kazouiny, et dont nous avons démontré l'identité avec Apollonius de Tyane.

Plusieurs autres auteurs sont encore mis à contribution, ainsi Aristote pour son livre des Pierres, Ebn Eddjezzar pour un livre touchant le même sujet, El Kendy, Mésué, etc. Nous n'avons rencontré qu'une seule fois le nom de Théophraste, et encore est-il un peu mutilé. C'est à propos du crystal, mais nous avons en vain cherché le passage en question dans l'original grec.

Tifachy traite de vingt-cinq pierres précieuses, et il remplit assez bien le programme qu'il s'est tracé dans sa préface.

A propos du corail, il nous dit qu'on le trouve à Merz cl Khares, qui répond à La Calle de nos jours, et que la livre du Magreb se vend de cinq à sept dinars, le dinar valant dix drachmes.

(1) Il dit avoir vu, sur le marche du Caire, des Rubis colorés artificiellement.

Il est cité trois fois dans Ebn el Beithâr. La première fois c'est à propos du gainier, et ce passage serait tiré d'un autre ouvrage de Tifachy sur Texcellence des bois. Les deux autres citations ont trait à la turquoise et au bézoard. Cette dernière se retrouve dans Sérapion, mais le nom de Tauteur y a été singulièrement défiguré sous la forme Hahamed cbn Ririfus, où nous reconnaissons Âbmed ben Yousef.

£n 1784, Kavius a publié un travail sur Tifaohy, travail assez étendu et diffus, où il donne par extraits le sommaire des sept premiers chapitres. Nous relèverons en passant une erreur de Ravius, qui a vu Pline dans Balinous.

En 1818, une édition complète de Tifacliy a été donnée par Raiueri.

Nous citerons encore le mémoire de M. Clément MuUet sur les pierres chez les Orientaux, mémoire où nécessairement il est fréquemment question de Tifachy.

Nous signalerons aussi une méprise de Rossi, qui dans son dictionnaire biographique, a donné deux articles écourtés sur Tifachy, sans se douter qu'il s'agissait du même auteur.

V,— ESPAGNE ET MAGREB.

L^Espagne musulmane semblait avoir jeté toute sa sève au XIP siècle, et ne pouvait que décroître.

D'autre part l'invasion Almohade fut bientôt refoulée sur l'autre rive du détroit, les musulmans furent déplus en plut» pressés par les chrétiens et ne surent pas rester unis contre l'ennemi commun. Cordoue et Se ville tombèrent au pouvoir des chrétiens, et les Arabes furent bientôt réduits au petit royaume de Grenade.

Tant que dura la domination des Almohades, nous voyons encore un certain nombre de médecins qui s'étaient formés dans les iècle précédent, attachés à la personne des souverains, la plupart les suivant à Maroc, et y terminant leurs jours, quelquefois après y avoir enseigné la médecine. Le Maroc bénéficia ainsi des infortunes de l'Espagne. Il en fut de même du Magreb moyen, notre moderne Algérie. Quelques médecins allèrent se réfugier h Bougie, qui fut pendant le treizième siècle un petit centre de lumières.

Un seul nom domine la foule des quelques médecins andalous, c'est celui d'Aboul Abbas Ennabaty, le plus grand botaniste observateur des Arabes, et qui aurait égalé son disciple, Ebn el Beithdr, s'il en avait eu l'érudition.

A côté de lui, nous citerons Abdallah ben Saleh, un autre botaniste, qui fut aussi le maître d'Ebn el Beithar, et qui fit des études sur les deux rives du détroit.

Le plus éminent des médecins de cette époque fut Âboul Hedjadj ben Mouratir.

Ajoutons que les derniers représentants de la famille

KBPAOMB RT MAGRBfi. ^1

d*Avenzoar, dont nous avons parlé au siècle précédent, soutenaient encore dignement au XIII* siècle la vieille réputation de la famille.

En somme, si l'Espagne musalmane avait perdu ces grands hommes du siècle précédent, il lui restait encore bon nombre de savants de second ordre. Alphonse les attirait à sa cour. Avec eux il cultivait l'astronomie et rédigeait les tables alphonsines, qui lui assurent un impérissable souvenir.

ABOUL HEDJADJ BE.N MOURATIR.

Aboul Hedjadj Yousef ben Mouratir nous est donné comme médecin éminent, d'un jugement sûr et bon praticien. Il était aussi versé dans la jurisprudence et les traditions et composait des poésies. Il servit d'abord le Khalife Abou lousef Iakoub el Mansour auprès duquel il était en crédit et dans rintimité, puis Ennacer qu'il accompagna à Tunis, puis Mostancer sous le règne duquel il mourut à Maroc, dans un âge avancé.

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