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tous les côtés h Rey pour l'entendre, et quand il marchait dans les rues il lui arrivait parfois d'être suivi d'une troupe de trois cents disciples. Il avait aussi des élèves particuliers parmi lesquels Kotob el Misry était en quelque sorte son lieutenant. Il les faisait souvent discuter ensemble et intervenait à propos dans leurs discussions.
Son voyag^e dans le Maouar ennahr ne paraît pas avoir été à son avantagée. Il en fut dédommagée à son passag^e à Saraks» où il reçut une généreuse hospitalité chez un homme capable de l'apprécier, le médecin et philosophe Essarakhsy.
Il fut dignement accueilli par Khouaresm chah prince de Hérat, et il se fixa dans cette ville où il resta jusqu'à la fin de sa carrière arrivée en 606 (1209). (1)
A Hérat, Fakhr eddin compta parfois plusieurs souverains parmi ses auditeurs.
Il avait un frère du nom de Rokn eddin qui apporta quelque légère amertume dans son existence. Ce frère le suivit partout et s'attachait à le contrecarrer, jusqu'à ce qu'enfin Khouaresm chah le fit interner.
Fakr eddin eut deux fils, Dhya eddin et Ghems eddin qui furent dignes de lui. Il disait du second : S'il vit son &ge, il me dépassera. Quand Gengiskhan eut défait Khouaresm chah, le vizir Ala el Malek alla le trouver et en obtint un sauf-conduit pour la famille de Fakhr eddin. Lors du sac de Hérat, la foule s'était portée dans sa maison, mais on massacra tout le monde, hormis les enfants de Fakhr eddin, qui furent adressés à Gengiskhan et accueillis avec lesplusgrands égards.
Aboulfarage nous raconte que Fakhr eddin se fit enterrer danh sa propriété dans la crainte que la foule ne profanât sa tombe, par la raison qu'il passait pour un croyant équivoque. D'autre part Ebn Abi Ossaïbiah nous rapporte qu'il dicta son testament fa ses élèves, à son lit de mort, et que ses pensées étaient toutes en Dieu.
Nous ne pouvons entrer dans le détail de tous les écrits
(1) C-omblé de prédonts, Fuklir eddin laissa en héritage, outre de iiombreu{ii>s propriétés. 80,000 écus d'or.
22 HISTOIRE DE LA MÉDECTNÏ2 ARAIîK. — LIVRE CÎXQUIKMK.
de Fakhr eddin, dont bien peu appartiennent à la médccinr*. Wtistenfeld en enregistre 70, dont un grand nombre nous ont été conservés et se rencontrent dans nos bibliothèques.
Nous nous bornerons h dire que les ouvrages étrangers ti la médecine portent sur le Coran, les dogmes musulmans, la religion, la morale, la philosophie, les doctrines d'Avicenne et de Gazzaly, la physique, la dialectique, sur une sorte d'encyclopédie des sciences, sur les mathématiques, sur Euclide, et même sur la grammaire et sur la divination. Il cultiva aussi l'alchimie, pour laquelle il dépensa beaucoup.
Tels sont les ouvrages relatifs à la médecine.
Un grand traité de médecine, incomplet, dit El Maleky.
Un traité sur le pouls.
Un commentaire sur les généralités du Canon, inachevé.
Un traité des boissons.
Un recueil de questions de médecine.
Quelques-uns de ses ouvrages furent écrits en persan.
ESSARAKHSY.
Abderrahman ben Abderrahim reçut le surnomdo Sarakhsj*, de sa ville natale» dont il était le plus éminent médecin. Tout ce que nous savons sur son compte se réduit à peu près à sa rencontre avec Fahhr eddin Errazy en 580, auquel il offrit une généreuse hospitalité pendant tout le temps de son séjour à Sarakhs.
Pour lui témoigner sa gratitude, Fakhr eddin composa à son intention un commentaire sur les généralités du Canon, le lui dédia, et le fit précéder d'une préface où il faisait l'éloge d'Kssarakhsy.
Ce commentaire, méconnu par l'auteur du Catalogue du supplément arabe, M. Ileinaud, existe évidenunent sous le n* 1015, !'• partie. Le Ms. est tronqué, mais 1» dédicace est restée : Je Vai placé sous le nom (suivent des appellations élogieuses) iV Abderrahman ben Ahd el Kcrim Essarakhsy.
IL— LMRAK.
La première moitié de ce siècle fut remplie de trouble» et les Khalifes de Bagrdad furent effacés par les SedjoucideB, qui ny remplacèrent pas également les Bouïdes, comme protecteurs des sciences.
Les Khalifes prirent enfin le dessus. Deux d'entre eux, Mostandjeb et Nasser, firent revivre les anciennes traditions et créèrent des mosquées, des écoles, des bibliothèques et des hôpitaux.
Cependant les musulmans ne fournirent que des médecins d*uu ordre inférieur. Les quelques hommes éminents qui punirent à Bagdad étaient des chrétiens et un juif converti, et parmi les noms qui nous ont été conservés, la moitié sont des noms chrétiens. Le plus illustre d'entre eux, Amin Eddoula ebn Ettalmid, nonobstant sa qualité de chrétien, fut attaché à la cour, en grande faveur auprès des Khalifes Moctafi et Mostandjeb, attaché à l'hôpital el Adhedy et élevé à la dignité de chef des médecins. Il semble que ce ne fut pas pour lui une sinécure, car il eut à passer à l'instar de Sinan bcn Tsabet, des examens où se renouvela la même aventure d'un médecin payant de mine et pauvre de science. Un autre m«Mleciu chrétien, éinincnt et respecté, fut Abou Xasr vl MessilîV-
A côté de ces noms il n'en est plus qu'un a placer, celui dWbotil B.irakat Aouhad Ezzcman, qui de juif se fit musul « man, homme d'une grande intelligence, mais caractère am« bitieux et jaloux, ornemi d'Amin Eddoula.
2ï HISTOIRE DE LA MÉDECINE ARABE. — LIVRE CINQUIÈME.
A quelque distance nous placerons encore un éminent médecin musulman Fakhr eddin el Mardiny.
Parmi les événements du siècle nous devons sig^naler une bourrasque de réaction religieuse, où Fou vit des œuvres de philosophie et môme d'astronomie brûlées en place publique, sous l'inspection d'un médecin, Ebn el Marestanya» et au grand étonnement de l'Israélite Yousef Ëssebty.
Nous voyons cependant, outre les médecins chrétiens déjà nommés, Abou R'aleb ben Safya et Ebn el Mouammil attachés à la personne des Khalifes.
ABOU r'aleb ben SAFYA.
C'était un médecin chrétien, qui n'est connu que pour avoir trempé dans la mort du Khalife Abbasside Mostandjed, en l'année 1170. Il était son secrétaire en même temps que son médecin. Le fait est raconté diversement. Voici la version d'Aboulfarage.
Le Khalife l'avait chargé d'écrire à son vizir de faire exécuter le Préfet du Palais et Cothob eddin Kaïmaz. Ebn Safya montra la lettre aux deux intéressés, qui le prièrent de retourner auprès du Khalife et de l'assurer que son ordre était exécuté. Mostandjed était malade et prenait un bain. Les deux coupables l'y surprirent et lui donnèrent la mort.
Ebn Abi Ossaïbiah prétend qu'Ebn Safya avait ordonné le bain, et il ajoute que le Successeur du Khalife lui ayant demandé un poison pour se défaire d'un ennemi, Ebn Safya le lui donna. Mais ce Khalife exigea qu'il en fît lui-même l'épreuve, et Ebn Safya fut obligé de s'exécuter.
Après ce récit Thistorien arabe se borne à dire que les médecins ne doivent pas se mêler des affaires des princes, 6t qu'ils ne doivent pas dépasser l'eau d'orge.
V \ AMIN EDDOULA EBN ETTALMID.
Aboul Hassan Hibat Allah Saad ben Ibrahim, dit aussi MouaflFeq eddin, plus connu sous le nom dWmin Eddoula ebn Ettolmid el Ragdady, nnqnît on 1073, d'un pt'^ro qui
l'irak. 2
était aussi un médecin distingué. Il était chrétien et mêmt; il devint prêtre et chef de ses coreligionnaires.
On ne nous mentionne parmi les maîtres sous lesquels il étudia que Saïd ben Hibat Allah ; mais ses écrits sont une preuve qu'il s'était formé par la lecture des grands médecins grecs et arabes.
Il voyagea d'abord en Perse avant de se fixer à Bagdad. Ce fut sans doute à ses voyages qu'il dut de connaître nonseulement l'arabe, mais aussi le syriaque et le persan.
Les honneurs, les dignités et la fortune devaient être la récompense d*une noble et longue existence. L'auteur du Kitab el hokama, Djemal eddin, fait les plus grands éloges de son intelligence et de son caractère, éloges répétés par Âbdellatif, Ebn Âbi Ossaïbiah et Âboulfarage. Il passa pour le plus éminent médecin de son temps.
Nous le voyons d'abord attaché au célèbre hôpital fondé par Adhad Eddoula.
Il fit aus^i du service à la cour de Bagdad et jouit de la plus grande considération auprès des Khalifes Moctafy et Mostandjeb. Celui-ci lui faisait rendre une propriété qu'avait confisquée son vizir et l'agrandissait ; celui-là le faisait asseoir en sa présence, par respect pour son caractère et son âge.
Amin Eddoula cependant se prêtait difficilement au service des grands. Il fut un jour indiqué à un prince des environs comme le seul homme auquel il pût se confier dans sa maladie, mais sur l'observation qu'on lui fit qu' Amin Eddoula se refusait au déplacement, il vint lui-même se constituer 8on hôte. Amin Eddoula le soigna et le guérit. Le prince, de retour dans sa province, lui envoya 4,000 dinars, des esclaves et des chevaux. Amin Eddoula les refusa, prétextant qu'il avait fait serment de ne rien recevoir.
Il avait à la cour un ennemi dans Aboul Barakat le juif converti h l'Islamisme. Celui-ci écrivit au Khalife contre Amin Eddoula, mais ses machinations tournèrent contre luimême. .Aboul Barakat, dit l'historien de la médecine, était plus versé dans la philosophie, mais Amin Eddoula était un ra^illeur praticien.
Amin Eddoula fut nommé chef des médecins de Bagdad, et nous pouvons constater une seconde fois que cette dignité n'était pas une sinécure, mais qu'elle comportait un contrûle de la profession.
Les historiens rapportent une anecdote, qui rappelle celle de Tsabet ben Sinan, qui le premier procéda à l'examen des médecins de Bagdad. Un jour que des médecins s'étaient rendus chez Âmin Eddoula, pour être examinés par lui, dans le nombre se trouva un vieillard d'un extérieur recommandable. Il fut reçu avec certains égards* Amin Eddoula lui demanda sous quels maîtres il avait étudié. — Il y a longtemps qu'ils sont morts, lui répondit le médecin. Amin Eddoula reprit : Ce que je te demande, j 'ai coutume de le demander à tous. — A notre âge, monseigneur, répondit le vieillard, on devrait plutôt demander quels écrits as-tu composés.
Puis prenant à part Amin Eddoula il lui avoua qu'il avait très peu de connaissances pratiques, mais qu'il avait une famille à nourrir, et qu'il espérait qu'on y aurait égard. — A une condition, répondit Amin Eddoula, c'est que tu t'abstiendras toujours dans les maladies que tu ne connais pas.
On nous a conservé un fait de la pratique d'Amin Eddoula. Un homme lui vint un jour en été, suant le sang. Il le présenta à ses élèves, qui étaient au nombre d'une cinquantaine, et aucun d'eux ne sut que dire. Amin Eddoula le nourrit pendant quelques jours avec du pain d'orge et de l'aubergine et le malade guérit. Cet homme, dit-il à ses élèves, avait le sang atténué et les pores dilatés ; je lui ai donné des aliments qui ont rendu le sang plus épais et les pores plus serrés.
On lui prête aussi ce propos, qui nous prouve qu'il n'était pas chirurgien : je ne voudrais pas retirer une épine implantée dans le ventre et à moitié saillante, dans la crainte de la rompre. Ce propos nous est donné comme une preuve de .sa circonspection.
Amin Eddoula cultivait aussi la poésie, mais ne se lançait jamais dans les grandes compositions, et son historien ne connaît pas une cassîda de lui. Il mou rut presque centenn ire.
en llC'l, le plus .savant de ses contemporains, et Thonneur do son siècle, dit Aboulfaraffe.
Il laissa un fils, qui ne marcha pas sur ses traces et embrassa rislaraisme. Un jour on le trouva étrang-lé dans sa maison. La bibliothèque de son père fut enlevée et fit la matière de douze transports.
Tels sont les écrits d'Amin Eddoula.
Deux formulaires des hôpitaux, l'un en treize et l'autre en vingt chapitres.
L'Ammt/a, traité des médicaments officinaux.
Un traité sur la saignée.
Divers extraits des commentaires de Galien sur les Aphorîsmes d'Hippocrate, sur les Pronostics.
Des commentaires sur les Questions de Houein.
Un complément des recueils des Alexandrins sur le livre de Tart de guérir.
Un commentaire des Hadits relatifs à la médecine.
Des observations sur le Canon d'Avicenne.
Un extrait du continent de Ilazès.
Un extrait du livre de Meskouih sur les boissons.
Notes sur le Maïa d'El Messihy.
Notes sur le Menhadj.
Un recueil de lettres.
Le formulaire d'Amin Eddoula détrôna celui de Sahl bon Sabour, qui avait jusque-là régné dans les hôpitaux. Aboul* kheir et Mohammed ben Abderrahman Al^dessalem el Mardiny furent ses élèves.
AUOULFARADJ LUIYA BEN ETTALMID.
Tout ce que nous en savons c'est qu'il était un médecin distingué de Bagdad, versé dans la philosophie. C'était l'on* rie dWmin Eddoula ebnEttalmid. Cette famille, dit Ebn Abi Os.saïbiah, compta beaucoup d'hommes éminents.
FAKIIR EDDIN EL MARDINY.
Abou Abdallah Mohammed ben Abdessalam ben Abderraliman ben Abdessator el Ansary nnquit en 512 à Mardin,
28 mSTOIRB DE LA MÉDECI>«B ARABE. — LIVRE CINQUIP:MB.
OÙ son ijère était juge, mais sa famille était originaire de Jérusalem, d'où le surnom de Mocadessy, qui lui fut aussi donné. C'était, dit Ebn Abi Ossaïbiah, un savant^qui n'avait pas son pareil pour la connaissance de la philosophie et de la médecine. En même temps c'était un homme de bien.
Il étudia la médecine à Bagdad, sous Amin Eddoula, prenant le Canon d'Avicenne pour base de ses études. En même temps il donnait à son maître des leçons de dialectique. Il enseigna aussi la philosophie à. Sohraouardy.
En 587 de Thégire il était à Damas, enseignant le Canon au Cheikh Mohaddeb eddin ben el Hadjib. Celui-ci voulut le retenir, lui offrant trois cents drachmes par mois. El Mardiny refusa, disant que la science n'avait pas de prix. Cependant comme il se rendait à Mardin il passa par Alep et y fut retenu deux ans par le sultan Malek Eddaher qui le combla d'honneurs et de présents. En quittant Alep il s'arrêta dans la ville d'Amide, où il mourut en 594 (1197) âgé de 82 ans. Il légua par testament sa bibliothèque & la ville de Mardin.
Tout savant qu'il était, dît Aboulfarage, il n'écrivit pas, et ne laissa qu'un commentaire sur un poème d'Avicenne.
LES ATHREDY.
Nous trouvons sous ce nom un groupe de trois médecins, d'un renom modeste, il est vrai, mais qui ne méritent pas moins d'être réunis comme un exemple ajouté àtant d'autres de la science perpétuée dans les familles.
ALI BEN ATHREDY.
Aboul Hassan Ali ben Hibat Allah ben Athredy était un médecin en renom, savant et habile praticien, d'un pronostic sftr. Il écrivit la Défense des médecins, à l'adresse d' Aboul 01a ben Mahfoud ben el Messihy, médecin lui-même.