‹ Histoire de la médecine arabe (volume 3)Chapitre 90 sur 165 · MOHAMMED BEN YOUSEF EL HARAOUY · texte numérisé non relu

MOHAMMED BEN YOUSEF EL HARAOUY

Si nous ignorons son époque, nous savons quMl était natif de Hérat. Il existe de lui, au n» 312 du supplément, un dictionnaire de médecine. L'auteur dit qu'il n'a rien trouvé de complet dans ce genre et il indique les sources où il a puisé : le Canon et ses commentaires, le Kamous, le Continent, le Moudjiz et ses commentaires, le Menhadj, le Djami (d'Ebn el Beithâr), etc. Il comprend dans son cadre, non-seulement la technologie mais la biographie des médecins et des savants. Ainsi nous trouvons mentionnés Euclide, Archimède, Ptolémée, Balinas, etc., à côté de Galien, etc.

Il donne la définition et la description. Nous trouvons là des termes de toute provenance, arabes, berbères, grecs et persans, ainsi athrilal, paritharouu (péritoine), etc.

Malheureusement l'ouvrage finit au ^ 03, sur le mot Khafaqan, palpitation.

G^est donc à tortque le catalogue définit cet écrit un traité des substances naturelles particulièrement employées en médecine.

Il ne faut pas confondre cet auteur avec le suivant.

YOOSEF BEN MOHAMMED ETTHABIB.

Yousef est peut-être le fils du précédent.

La Bibliothèque de Leydo possède de lui trois écrit \ sous les u- 1307, 08 et 00.

Le premier est intitulé Riadh cl adouyai, et se compose d'une introduction, de deux chapitres et d'une conclusion.

Le deuxième est un poème sur l'hygiène.

Le troisième est intitulé Iladj el amradh. Traitement des maladies.

Ce dernier existe aussi à Paris, n" 17 de l'ancien fonds.

C'est un compendium de médecine. Une date porte bien le chiffre 60, mais le n"" du siècle est absent.

Un autre opuscule du même auteur se trouve aussi dans le même manuscrit.

Il en existe également un dans le n^ 153, Â. F. qui n'est pas mentionné dans le catalog^ue.

ABOU SAID EL HOSSEIN EL lAHOUDY.

Le n* 152 de l'ancien fonds contient de lui un abrégé de médecine où l'on trouve d'abord de la pathologie, puis les médicaments simples et composés.

Cet écrit est probablement le même qui existe à Leyde sous les n"» 1380-7-8-9.

Nous ignorons l'époque où vécut l'auteur.

RAÏAH BEN MOHAMMED EL ISFAHANY.

On a de lui, au n* 345 du supplément, un traité sommaire de médecine, dont il embrasse toutes les parties, sous le titre Marat essahha.

KEFAIAT ETTHOBB.

Sous ce titre, qui signifie : Ce qui est suffisant en médecine, il existe au n^ 145 de l'ancien fonds un compendium de médecine sous forme de tableaux synoptiques, dont nous ignorons l'auteur.

BEN DJEMALY.

Nous avons sous ce nom, qui est celui d'Abou Bekr ben Mathar ben Djcrnaly,* un traité d'histoire naturelle médicale,

LbS rilKCLErf Ï»K DÉCADBKOE» — LA HKliSK. Vù\7

qui uous paraît exister aux a"* 140, 100 et 101 de rancieu fonds. Il est divisé en XVI livres, mais les manuscrits précités sont en partie incomplets. Cet ouvrage porterait aussi le titre de Khaouas el achia^ Propriétés des choses, et de Ferahnameh Djemaly.

Il ne faut pas confondre ce Djemali avec le titre d*un livre dédié au sultan Abou Ishaq, roi de Perse, dont nous avons parlé ci-devant.

Merveilles de la Nature, illustrées.

Cet ouvrage dout le titre rappelle celui de Gazouiny, ni.ii.s dont il diffère, se trouve au n* 3:i2 du supplément persan.

C'est un bel in-folio de 249 pages, d'une écriture large et magistrale. On lit dans une note finale qu'il fut transcrit pour la Bibliothèque du sultan Ahmed Khan, qui régnait à Bagdad eu 71K) de Thégire, 13SS de notre ère, par Ahmed Merouy.

Ce sultan Ahmed n'est autre que Ahmed ben Avis, sur lequel ou peut consulter d'Herbelut, page 149.

Cet ouvrage est farci d'illustrations, pour nous servir d'une expression moderne. Il n'est presque pas de feuille, et parfois de page où l'on n'en rencontre. Leur caractère, aussi bien que leur nombre, lui confèrent un véritable intérêt.

Les Merveilles sont divisées en dix classes, et nous pas* sons des merveilles des cieux aux merveilles de la terre, de l'homme, des génies et des animaux.

Dans les merveilles célestes nous voyons d'abord figurer des anges, ainsi Mikaïl ou Michel avec sa balance. Un ange ailé et diadème tient un cercle où sont fixées les rênes de deux chevaux, et nous lisons à côté : figure du soleil.

Viennent ensuite les astres. Au f* 23, une femme jouant de la guitare sous une treille, est accompagnée d'une femme à droite et à gauche, avec la légende Vénus.

Plus loin ce sont les signes du Zodiaque. Une des meilleures figures est celle du Sagittaire, lançant une flèche comme un Parthe, contre un gros serpent dresse*.

TOMK U. TJ

338 HISTOIRE DE la' MÉDECINE ARABE. — LIVRE SEPTIÈME.

Au f* 80 est un homme adorant le feu.

Nous trouvons ensuite les mers avec des sortes de cartes grossières. Au f* 51 est figurée la mer de Contantînople.

Ce sont ensuite les forteresses ou châteaux. Au f 94 on croit lire : Château de Paris, eu Europe.

Au P 09 est représenté David debout avec sa fronde, et Goliath renversé.

Nous trouvons d'autres cartes, ainsi de la Syrie et de la Palestine, du Maouarennahr, etc.

A propos de l'Inde, au f* 127, on voit un cavalier perçant un homme monté sur un éléphant.

Au f* 137, on voit Salomon sur une estrade supportée par deux lions, et la reine de Saba, Balkis, qui lui est apportée par un génie.

Nous passons bientôt aux végétaux. A côté de la récolte du poivre, nous voyons des arbres portant des fruits à tête d'hommes et d'animaux.

Au f 165, deux hommes regardent une statue brisée, qui est probablement une idole.

Au f» 170, deux hommes bêchent la terre.

Au P 195, trois sauvages nus, dont une femme, sont poursuivis par quatre civilisés.

Au n* 200, est un liomme enlacé par un serpent à tète humaine.

Le f* 208 représente un homme à figure de lion.

Au f^ 212, le recto représente un homme qui se penche sur son épée, et le verso deux hommes emportant un cadavre,

A propos des oiseaux, au f* 220, nous voyons figurer le combiit des Grues et des Pygmées.

Plus loin ce sont des quadrupèdes, puis des poissons. Le P 241 représente Ti^^nture de Jouas.

Parmi les figures humaines nous avons remarqué deux types plus particulièrement accusés, le type persan et le type mongol, ayant également des coiflTures caractéristiques. Le type mongol est frappant dans une figure du f* 192.

Il nous a semblé que ces figures humaines seraient, pouf uu ethnographe, un sujet d'étude très intéressant.

Le n* 333 contient rhîstoîre de» animaux de Pamîry, pa-

LES SIÈCLES DE DÉCADENCE. «« LÀ PERSE

reilleineut illustrée. Mais les figures ne sont pas aussi bonnes, rares et petites généralement. Nous n'en avons guère remarqué que deux, celle de la jument lîoraq et celle d'un cavalier au galop.

Les Merveilles de la nature, de Kazouiny, se trouvent également illustrées dans le fonds persan.

État actuel de la Médecine en Perse.

La Perse vient de prendre part au mouvement qui entraînait déjà depuis quelque temps la Turquie, TEgypte et Tlnde. Son isolement explique son retard. Aujourd'hui même encore rimprimerie n'y paraît pas naturalisée, et Ton n'emploie que la lithographie. Et cependant la Perse avait contribué à la rénovation médicale dans l'Inde, où la dynastie mongole avait importé le persan. Depuis la fin du siècle dernier jus^ qu'à nos jours, on a imprimé dans l'Inde un certain nombre d'écrits en langue persane^ concurremment avec des ouvrages arabes (1).

Nous avons déjà dit ce que nous pensions de ce retour ma* ladroit aux traditions du passé, qui ne devrait plus avoir qu'une importance historique.

La Perse a suivi des procédés qui lui sont propres. Elle a fait appel aux hommes plutôt qu'aux livres. Si nous ne connaissons pas d'ouvrages traduits des langues européennes, ainsi qu'on l'a fait ailleurs, nous connaissons un nombre déjà considérable d'écrits originaux publics en persan par les médecins que la Perse a chargés du l'iuitiur à la science moderne.

Ces médecins sont les doct.uirs allemands Polak ctSchlinimer, et le doctsur Tholozan, médecin militaire français, depuis longtemps détaché en Perse, et médecin du Chah.

Un doit à ^L Polak des traités d'anatomie, de chirurgie d'oculistique et un manuel de médecine militaire.

( 1) On peut voir la listo do ces imprimes dans la Bibliothèque orientale de Zenker.

Mi) HISTOIRE DE LK MÊUKOINK ARABE. — UVRti B£PTJEM£.

A M. Tholozaii, un traité de quinologrie» et uu traité d'auscultatiou.

 M. Schlimmer des traités de chimie et des maladies de la peau, et un traité de terminologie française persane. (Nous avons rendu compte de cet ouvrage dans la Gazette hebdomadaire du 20 mars 1875.) La 2* édition lithog:raphiée de cet ouvrage est augmentée de nombreux articles dont quelques-uns étendus, ^ui nous fournissent des renseignements curieux sur Tliistoire naturelle, Thygiène, la pathologie et la médecine en Perse.

Nous avons vu, au début de cette histoire, les médecius concourir à riiarmouie des sectes et des races en Orient. C'est là un moyen d'action dont on a fait souvent un heureux usage en Algérie,

Quand Torient musulman vient de reprendre les saines traditions des Abbassitles, renverse les barrières élevées par le fanatisme et nous tend la maiu sur le terrain neutre de la science, il est triste de voir chez nous des hommes de parti méconnaître les eusaignements de l'histoire et de la religion, relever ces barrières et repousser cette neutralité.

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