NOUR EDDIN MOHAMMED CUIRAZY
Nour eddin Chirazy est Tauteur d'un Traité de matière médicale intitulé Alfadh el adouya, qui existe manuscrit au n^ 3 de Copenhague.
Il en a été donné une édition à Calcutta en 1703, avec traduction par Gladwin sous ce titre :
ÂlCaz ool Udwiyah or matcria médica, in the Arabie» Persian and hindustanee Languages, compiled by Nooreddiu Moohummud UbdooUah Hiragee, Physician to the empereur Shahjuhan, With an English translation bi Francis Gladwin.
Chah Djihan, père de Dara Chekouh et dWurengzeb, vivait dans la première moitié du XYII' siècle.
Il n*y a pas à douter que TAIfodh el Adouia ne soit Tœuvre de Nour eddin Ghirazy. Cependant une difficulté nous avait arrêté. Nous trouvons ce livre cité dans le Thobb Dara Chekouh que nous attribuons au même Nour eddin, et dont nous allons parler.
3f{2 HISTOIRB DB LA MÊDBGIKifi ARABE. — LU'RB 8RPTIKMB.
Nous avons passé outre en voyant Nour eddin dans le Dara Chekouh se citer lui-même : Moiidjerbat Moulef, Observations de l'auteur.
NOUR EDDIN CHIRAZY ET LE THOBB DARA CHEKOUH.
Darali Chekouh^ fils de Chah Djihan> était destiné par son père au trône de l'Inde, mais il fut la victime de l'ambitieux Aurengzeb, son frère, et fut mis à mort en 1659, Passionné pour les lettres et les sciences, il les encourag'ea et les cultiva lui-même. Laugrlès lui attribue le corps complet de médecine qui porte son nom, dont les proportions rappellent celles du Canon d'Avicenne, et du Kliouarezm chah de Djordany, qui n'avaient jamais été égalées.
Avec l'auteur du catalogue persan nous repoussons cette attribution. L'ouvrage lui fut dédié seulement, et il est l'œuvre de Nour eddin Mohammed Abdallah Chirazy.
En raison de son importance, nous croyons devoir entrer dans quelques détails sur ce grand travail, qui ne compte pas moins de 3,422 pages grand in-folio.
Il existe à la Bibliothèque nationale, sous le n® 342 du supplément, en trois volumes d'inégale étendue.
La première feuille du 1^'' volume fait défaut, destinée sans doute à être illustrée. Dès la deuxième, nous trouvons le nom de Nour eddin Mohammed Abdallah Hakim Aïn el Melek Chirazy.
Dans la préface, nous trouvons la citation d'une quarantaine d'auteurs qui ont été consultés, depuis Hippocrate et Galien, jusqu'aux médecins les plus récents.
Au f» 3, nous lisons encore le nom de Nour eddin.
Après la préface viennent les généralités de la médecine.
Au milieu du volume, qui contient environ 300 feuilles, nous sommes en plein dans l'anatomie.
Nous trouvons ensuite les agents naturels, les climats, les habitations, etc., puis les signes des maladies, le pouLs l'urine, les excrétions.
Le 2' volume commence par le régime des exercices et des
aliments. Parallèlement h Texposé des animaux, nous trouvons en margfe de nombreuses fig*ures dont le trait est souvent passable, mais dont les couleurs sont fausses. Viennent ensuite les préparations alimentaires, puis les médicaments simples et composés.
Ce volume contient 617 feuilles.
Le 3^ volume ne compte pas moins de IGOO pagres.
Il traite tout d'abord des bains, de la saig'née et des ventouses.
De erraudes figures donnent le trajet des vaisseaux, les lieux k saig:ner et & ventouser, ainsi qu*à cautériser.
Au folio jO, nous entrons dans la patholo<;ie, qui traite les maladies de la tète aux pieds. \\i fur et à mesure sont données de nombreuses formules, avec rindication de leurs auteurs. Au f* 132, nous trouvons la cataracte, traitée seulement par les médicaments, la chirurgrie ét;int très peu représentée dans ce livre.
I/auteur puise aussi dans son expérience personnelle. Ainsi nous lisons: Min moudjerbat Moulef, Moudjerreb Nour cddin Mohammed.
Après les organes et les régions, nous trouvons au t* 418 les affections articulaires, au 435 les fièvres, et du f* 4G0 à 473 la variole. Ce sonten.suite le phlegmon, le charbon, le cancer et leà maladies de la peau.
Au {^ 521, nous trouvons la syphilis, nar /ranpu^, abla* franq^ atechek^ qui occupe une vingtaine de feuilles. Malheureusement, nous ne trouvons guère que des formules nombreuses, parmi lesquelles entre autres substances, nous voyons entrer la squine et l'arsenic. Imad eddin, dont nous avons parlé précédemment, est rappelé comme signalant cette affection inconnue des anciens.
Après quelques autres affections, nous trouvons les luxa* tions et les fractures traitées du i^ 001 au f* 567.
On passe ensuite aux poisons. L'opium est longuement traité.
Au f^ 631, nous trouvons une sorte de monographie» les maladies des enfants et la génération.
Vers 680, il est question de la préparation des simples, ce qui rappelle le Liber servitoris d*Abulcasis.
Au P 718, on trouve la distillation et autres opérations.
Tel est ce g'rand ouvrage, qui est avec le Khouarezm chah ce que la médecine persane a produit de plus étendu. Sa date récente lui donne un intérêt de plus.
BAKIM EZZEMAN.
Sous le titre de Massih Hakim Ezzeman, la Bibliothèque de Copenhague possède un Traité sur la conservation de la santé, et le catalogue ajoute qu*il s'agit évidemment du célèbre médecin d'Aurengzeb. Nous n'avons jusqu'à présent pu trouver d'autres renseignements.
Nous croyons devoir rapprocher cet ouvrage, dont Tauteur serait peut-être identique, du suivant qui existe au n®330 sous le titre Talifcherifi et qui contient un exposé des médicaments de l'Indostan. L'auteur est appelé Hakim Gherif Khan, et dit au service de Mohammed chah.
ALAOUY KHAN.
Mirza Mohammed Hakim, dit Alaouy khan, naquit en 1070 et passa au service d'Aurengzeb, h l'âge de trente ans, en l'année 1700. Ses talents lui valurent des honneurs et des présents extraordinaires, au point qu'on lui donna son pe* sant d'or et un traitement de 0,000 francs par mois. Nadir chah lui continua les faveurs d'Aurengzeb. Voulant le retenir, alors qu' Alaouy désirait faire le pèlerinage de la Mekke, Alaouy ne craignit pas de répondre : on ne gagne rien et l'on risque beaucoup à retenir un médecin malgré lui.
Ce voyage de la Mekke est celui dont Abd el Kerim a conservé le récit, dont Langlès a donné la traduction.
Avant sa mort, arrivée en 1740, Alaouy légua sa bibliothèque au public.
Parmi un grand nombre d'ouvrages qu'il aurait laissés, Langlès ne cite que le Djema cddjouami, sorte d'encyclopé-^ die médicale très estimée.